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Père Xavier : "le rosaire, c’est regarder Jésus avec les yeux de Marie"

L’Île Bouchard, en Indre et Loire, a été marquée par la Vierge Marie et le rosaire. C’est là qu’elle est apparue à quatre jeunes filles en 1947 et leur a appris à prier. Le rosaire, une contemplation des mystères de la vie du Christ à travers les yeux de sa mère. Questions-réponses avec le père Xavier Malle, curé de l’Île Bouchard.

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Il s’agit de différencier le rosaire et le chapelet. Le rosaire c’est la totalité des quatre mystères (joyeux,  lumineux, douloureux, glorieux) que l’on médite alors que le chapelet est la méditation d’un seul mystère. Retrouvez ici, l’intégralité de ces mystères. 

C’est quoi le rosaire ?

Père Xavier Malle : Le rosaire, c’est une prière que j’appellerais litanique c’est-à-dire qu’on récite des « Je vous salue Marie » et en même temps on contemple les différents mystères de la vie du Christ, c’est une prière litanique de contemplation avec Marie. Avant il y avait 150 Je vous salue Marie qui correspondaient aux 150 psaumes, maintenant il y en a un peu plus depuis que Saint Jean Paul II nous a offert les mystères lumineux. Les moines qui sont à l’origine du chapelet, récitaient les 150 psaumes dans la semaine et pour les moines qui étaient analphabètes, à la place, ils disaient un « Je vous salue Marie ».

 A l’Île Bouchard, ce rosaire est un peu particulier ?

C’est Marie qui a appris aux enfants à prier petit à petit. Elle leur a demandé de prier le « Je vous salue Marie » d’abord et puis après, une dizaine de chapelet jusqu’au chapelet en entier, donc petit à petit elle a éduqué les filles à la prière avec au début de tout chapelet le signe de croix. Ceux qui connaissent le message de Jacqueline Aubry à l’Île Bouchard, connaissent le majestueux, très beaux et très lent signe de croix que Jacqueline faisait à la fin de son témoignage et qui est le même signe de croix que la Sainte Vierge faisait. Donc Marie a fait à l’Île Bouchard une véritable école de prière, elle a appris aux enfants à prier le chapelet. C’est important pour nous, parce que justement c’est Marie qui l’a demandé.

Cette invitation à réciter le chapelet, cela signifie tourner son cœur vers le mystère de Jésus ?

Le pape Jean-Paul II le dit dans sa lettre sur le rosaire : « c’est  regarder Jésus avec les yeux de Marie », c’est comme si vous mettiez les lunettes de Marie (dans le rosaire) Avec  Marie, vous regardez le  berceau de Jésus puis avec Marie qui est au pied de la croix, vous regardez son fils. C’est vraiment regarder Jésus, les mystères de la vie de  Jésus, les mystères joyeux, puis les mystères lumineux, les mystères douloureux puis les mystères glorieux, donc les quatre grandes étapes de la vie de Jésus avec les yeux de Marie, parce qu’elle était toujours présente dans les différentes étapes de la vie de son fils.

Pourquoi est-ce qu’on doit prier le rosaire quotidiennement ?

Alors ce n’est pas « on doit », je dis toujours que si c’est une fatigue pour vous de prier le rosaire, et bien ne priez pas le rosaire. Une petite précision sémantique : le rosaire, c’est de prier les quatre séries de mystères. Chaque chapelet dure vingt minutes, donc si vous priez les quatre, ça vous prend quand même plus d’une heure. Ce qui est proposé à ceux qui le peuvent c’est d’arriver à prier un chapelet par jour mais parfois c’est très difficile d’y arriver. Je donne deux techniques : essayer déjà de faire une dizaine par jour de votre chapelet et choisissez quelle dizaine vous voulez. Le rosaire est quelque chose qui s’adapte à chaque personne. Il y a certes un programme, qui est normalisé, mais on peut l’adapter comme on veut et puis je dis aussi qu’on peut répartir les dizaines dans la journée. Vous dites une dizaine le matin, une dizaine l’après midi, une dizaine le soir, c’est déjà pas mal, si vous arrivez à monter aux cinq dizaines, c’est bien. Mais il ne faut pas forcément vouloir dire le rosaire d’un coup parce qu’on y arrive pas. Je dis aux gens, si c’est une fatigue pour vous de réciter le rosaire, c’est que vous n’êtes pas rentrés dans cette prière. Le rosaire, c’est vraiment un repos. Quand je peux, je vais marcher. Ce matin, j’ai fait mon chapelet en marchant, en contemplant la nature, c’est un vrai repos, c’est un vrai bonheur. Le rosaire ça doit être un repos, pas une fatigue, pas une obligation.

On peut réciter le rosaire dans n’importe quelle situation ?

Dans les moyens de transports, à Paris, on peut aussi. Quand je faisais mes études, je récitais mon chapelet dans le métro.

Le rosaire est quand même très répétitif…

J’ai tendance à dire qu’on peut faire plusieurs choses en même temps, je suis capable de conduire ma voiture et d’écouter la radio par exemple. Donc je suis capable de prier les « Je vous salue Marie » et de contempler en filigrane ou par-dessus ou à travers les « Je vous salue Marie », la naissance de Jésus dans la grotte. Les « Je vous salue Marie » sont comme une litanie pour occuper notre esprit, parce que notre esprit est tellement fertile qu’il part en distraction. Le meilleur moyen de lutter contre ces distractions est de les prévoir, les « Je vous salue Marie » sont comme un arrière fond qui concentre notre esprit dans la scène qui contemple le mystère. C’est basé sur une double capacité. Notre capacité à être distrait dans la prière et en même temps de pouvoir faire deux choses en même temps. Les moines qui ont inventé le rosaire avait une grande habitude de la prière et donc de la distraction dans la prière. Ils se sont servis de leur expérience pour monter ce chapelet.

Quelles recommandations peut-on faire pour ceux qui n’ont pas l’habitude de le prier ?

Déjà d’avoir un petit livret qui les aident à prier au début, il y en a plusieurs : prier le chapelet avec mère Teresa, prier le chapelet avec Saint Jean-Paul II, nous à l’Île Bouchard on prie le chapelet avec Notre Dame de la prière. Ces livrets donnent une petite méditation sur le mystère et ça les aident à se concentrer sur ce mystère.  On peut aussi offrir une dizaine à une intention qui est en lien avec le mystère.

On peut rajouter des intentions ?

Oui, par exemple pour lundi, c’est le mystère joyeux, c’est la naissance du Christ, donc on peut prier pour quelqu’un qui attend un enfant ou pour un couple qui est en espérance d’enfant. Le vendredi, quand c’est le couronnement d’épine, vous pouvez prier pour quelqu’un qui est en grande souffrance psychologique. On peut tout à fait offrir une dizaine ou tout son chapelet pour une intention particulière mais tout en contemplant toujours le mystère. Alors il y a une autre technique que certains aiment beaucoup et qui est plus compliquée. On peut rajouter dans chaque « Je vous salue Marie » un petit bout de phrase « Je vous salue Marie, qui a dit oui à l’ange » par exemple. On appelle ça des clausules. Mais j’aime bien le coté répétitif, ça me permet de plonger dans la contemplation.

Réécouter Réécouter Ecclesia Magazine  sur le sens du rosaire aujour’hui avec le frère Louis-Marie, auteur de « Rosaire un jour, rosaire toujours » (éditions du Cerf)