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Mère Teresa : le chemin de la sainteté

De Skopje à Calcutta, Agnès Gonxha Bonjaxhiu, a mené une vie mouvementée. Récit.

Bienheureuse Mère Teresa avec saint Jean-Paul II. DR : catesaintbenoit.free.fr
Bienheureuse Mère Teresa avec saint Jean-Paul II. DR : catesaintbenoit.free.fr

 

« Va auprès des pauvres avec zèle et amour« . Mère Teresa naît le 26 août 1910, à Skopje aujourd’hui en Macédoine, mais alors en Albanie sous domination Ottomane. Elevée dans une famille catholique, des pauvres viennent souvent déjeuner avec la famille, sa mère lui disant :  » Ma fille n’accepte jamais une bouchée qui ne soit partagée avec d’autres « . Son père meurt en 1919, orpheline à neuf ans, la petite Agnès aide sa mère aux travaux domestiques. A 17 ans, elle demande à un prêtre comment discerner sa vocation. La réponse lui sera donnée lors d’un pèlerinage marial au sanctuaire de Letnice.

Elle rejoint à 18 ans la congrégation des sœurs de Notre-Dame de Lorette, au couvent de Rathfarham en Irlande. Envoyée faire son noviciat à Calcutta, la future sainte est choquée par l’extrême pauvreté qui y règne. Le 25 mai 1931, sœur Mary-Teresa prononce ses vœux temporaires. Elle prend ce nom en hommage à la « petite » sainte Thérèse de Lisieux, sainte patronne des missions. Enseignante dans un terrain en plein air à Calcutta de 1931 à 1931, la religieuse est appelée par ses élèves « Ma » qui signifie mère. Elle prononce le 24 mai 1937 ses vœux définitifs.

Le 10 septembre 1946, sœur Mary-Teresa prend le train qui l’emmène à Darjeeling qui se trouve 600 km au nord de Calcutta pour sa retraite annuelle. Alors qu’elle essaie de dormir, la religieuse entend la voie du Seigneur lui enjoignant l’ordre de sortir du couvent et d’aller voir les plus pauvres. Mère Teresa nommera cela : »l’appel dans l’appel » ou encore « le jour de l’inspiration« . Elle écrit à son guide spirituel, le père Van Exem, qui lui recommande ne rien dire. Le jésuite belge écrit à son compatriote et évêque de Calcutta, Monseigneur Ferdinand Périer qui refuse de donner l’exclaustration. Il accepte d’envoyer une demande au Saint-Siège qui répond favorablement le 8 août 1948. Elle quitte son couvent le 16 août 1948, la permission de sortir durant un an, se confectionnant un sari bleu et blanc.

Elle fait une formation d’infirmières pendant quatre mois à Patna, et continue à enseigner en plein air. Logeant ensuite chez les Petites Sœurs des Pauvres, elle distribue des savons dans les bidonvilles en expliquant leur usage. Le 15 mars 1949, une ancienne élève lui demande si elle peut la rejoindre, puis deux autres en août de la même année. L’évêque prolonge son exclaustration, et au printemps 1950 elle écrit une règle en une nuit et nomme sont ordre « les missionnaires de la charité« .

Le 7 octobre 1950, l’ordre est inauguré par Monseigneur Périer, les religieuses adoptent le sari bleu et blanc comme habit. Sœur Mary-Teresa devient Mère Teresa. Voyant un mourant dans la rue, elle décide de l’emmener à l’hôpital qui refuse de l’accepter. Révoltée par cette situation, Mère Teresa, décide de fonder le mouroir de « Nirmal Hriday » à Kaligat, proche d’un temple hindou. Elle achète une maison pour établir la communauté deux ans après sa fondation, la vie de la communauté se partage entre prières le matin et le soir et service des pauvres la journée. Le 24 novembre 1955, la communauté inaugure un orphelinat : le centre Nirmala Sishu Bavan. Les religieuses tentent de créer un centre d’accueil pour lépreux qui sont mis au ban de la société indienne. Cette initiative étant vivement rejeté par la population, elle décide d’envoyer des ambulances directement aux malades.

Mère Teresa mène également un combat contre l’avortement, combat qui sera mené jusqu’à Oslo lors de sa remise du Prix Nobel. Dans son discours, elle s’écrit, virulente : « Et nous ne disons rien. Nous l’admettons pour nous conformer aux vues des pays qui ont légalisé l’avortement. Ces nations sont les plus pauvres. Elles ont peur des petits, elles ont peur de l’enfant à naître et cet enfant doit mourir ; parce qu’elles ne veulent pas nourrir un enfant de plus, élever un enfant de plus, l’enfant doit mourir. » Du haut de ses 1m54, la fondatrice de l’ordre n’entend pas laisser qui que ce soit sur le côté. Elle crée les « coopérateurs souffrants« , des malades qui, à travers le monde, s’unissent par la prière.

En 1959, elle reçoit la permission de développer son ordre hors des limites de son diocèse. « C’est le troisième pas dans ma vie« . La congrégation s’installe alors à New-Dehli, puis à Ranchi, l’année suivante à Jansi, Âga, Asansal et Bombay. Ayant des difficultés financières, elle est reçue à la BBC. De nombreux dons affluent alors, mais la directrice de la congrégation demande également aux donneurs d’aider là où il se trouve et de réciter la prière de Saint François d’Assise. L’hôpital pour lépreux de Calcutta ayant été détruit elle décide de fonder la « cité de la joie », une cité où les lépreux peuvent se faire soigner. En 1965, la congrégation s’implante en Amérique Latine puis à travers le monde, en Haïti, aux Philippines ou encore au Yémen. En 1968, elle fonde une maison à Rome. Découvrant alors le matérialisme occidental, elle exhorte à se concentrer sur l’essentiel, sur la famille.

Le 17 octobre 1979, mère Teresa reçoit le prix Nobel de la paix, elle en recevra plus de dix grandes décorations à travers le monde. Souhaitant que les missionnaires de la charité vivent de la providence, elle refuse les dons trop importants. Le déclin de l’URSS, à partir de 1989 lui permet de commencer à fonder des maisons en Europe de l’Est. En 1989, la sainte des pauvres est victime d’un arrêt cardiaque. Sa santé se dégradant, elle cède la direction de l’ordre après avoir plusieurs fois demandé à ce qu’on la confie à quelqu’un d’autre.

Le 5 Septembre 1997, Mère Teresa rejoint ce Dieu qu’elle a tant aimé et pour qui elle a tout donné. « Nous n’avions besoin ni d’armes, ni de bombes car notre seule arme c’est l’amour« , Agnès Gonxha fut une bombe d’amour, qui rayonne encore aujourd’hui.

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