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Le pape François au Mexique : les temps forts

Dénonciation de la corruption et des narcotrafiquants, lutte contre la pauvreté, appel à l’humilité : le pape François place son voyage au Mexique sous le regard de la Vierge Marie. Les temps forts.

Pape ND de Guadalupe
Crédits photo : Osservatore Romano/AFP

Rencontre avec les autorités :  la recherche du bien commun et la promotion de la dignité de la personne

S’adressant après son arrivée à Mexico aux autorités du pays, le pape n’a, une fois encore pas mâché ses mots ! « L’expérience nous montre que chaque fois que nous cherchons la voie du privilège ou du bénéfice de quelques-uns au détriment du bien général, tôt ou tard, la vie en société devient un terrain fertile pour la corruption, le narcotrafic, l’exclusion des cultures différentes, la violence, y compris pour le trafic de personnes, la séquestration et la mort, causant la souffrance et freinant le développement ».

 >> Discours aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique

 

Rencontre avec les évêques : « Soyez des évêques au regard limpide, à l’âme transparente, au visage lumineux »

« Veillez à ce que vos regards ne soient pas obscurcis par les pénombres du brouillard de la mondanité », a lancé le pape François aux évêques rassemblées dans la cathédrale de Mexico, « Ne vous laissez pas corrompre par le matérialisme trivial ni par les illusions séductrices des accords en dessous de table… Ne vous laissez pas entraîner par les rumeurs et les médisances. introduisez vos prêtres dans cette compréhension du ministère sacré ». 

>> Le discours du Saint-Père aux évêques

 

Messe dans la Basilique de Guadalupe : la Vierge Marie, « la femme du oui »

Samedi 13 févier, le pape François s’est rendu au sanctuaire Notre-Dame de Guadalupe comme « missionnaire de miséricorde et de paix », a-t-il dit, avant de revenir lors de son homélie sur la rencontre entre Marie et sa cousine Elisabeth. Marie, « la femme du oui, un oui du don d’elle-même à Dieu, et en même temps, un oui du don à ses frères », a souligne le pontife. « C’est le oui qui l’a poussée à donner le meilleur en se mettant en route vers les autres ».

>> L’homélie du pape François

 

Messe à Ecatepec : que les Mexicains s’engagent pour améliorer leur société et la guérir des maux qui l’affligent

Dans une ville marquée par une forte criminalité, le Saint-Père a appelé à la lutte contre la vanité, l’orgueil et la richesse, rappelant au passage que le Carême était un temps de conversion. « Un temps pour démasquer les grandes formes de tentation », a-t-il ajouté.

>> L’homélie du Saint-Père

 

Visite d’un hôpital pédiatrique : la « thérapie de la tendresse »

Dimanche 14 février, le Saint-Père s’est rendu à l’hôpital pédiatrique Federico Gomez de Mexico pour rencontrer les enfants malades et leur famille. Des enfants pauvres atteintes de graves malformations congénitales ou de cancers. « Franchir cette porte et voir vos yeux, vos sourires, vos visages, a suscité l’envie de dire merci », a déclaré le pape François, « Merci pour la tendresse que vous manifestez en me recevant, merci de voir la tendresse avec laquelle on vous soigne et on vous accompagne. Merci pour l’effort de tous ceux qui font du mieux possible pour que vous puissiez récupérer rapidement ». 

>> Lire le discours du Saint-Père

Messe avec les communautés indigènes du Chiapas

Au cours de la cérémonie, outre l’espagnol, on a pu entendre trois langues indigènes : le tseltal, le ch’ol et le tsotsil. Dans son homélie, François a tenu à rendre leur dignité à ces peuples originels. « Dans le cœur de l’homme, et dans la mémoire de beaucoup de nos peuples, est inscrit le désir d’une terre, d’un temps où le mépris sera vaincu par la fraternité, l’injustice par la solidarité, et où la violence sera réduite au silence par la paix ».

>> Découvrir l’homélie

Rencontre avec les familles

C’est dans le stade de Tuxtia Guterrez que le pontife a retrouvé les familles du Chiapas, Etat du sud du pays. 40 mille personnes ont ainsi écouté, ce mardi 16 février 2016, son plaidoyer en faveur de la famille. « je préfère une famille blessée qui essaie tous les jours de vivre l’amour, à une société malade de l’enfermement et de la facilité de la peur d’aimer », a déclaré le pape François, « Je préfère une famille qui essaie sans cesse de recommencer, à une société narcissique et obnubilée par le luxe et le confort. Je préfère une famille au visage épuisé par le don de soi, aux visages maquillés qui n’ont pas su ce qu’est la tendresse et la compassion ».

>> Le discours du pape François

 

Messe à Morelia : les prêtres ne doivent pas êtres des « employés de Dieu »

La mission du prêtre est de dire avec sa vie : « Notre Père ». c’est le message que le pape François a adressé aux personnes consacrées, séminaristes et prêtres rassemblés ce mardi 16 février dans le stade Venusiano Carranza de Morelia. Il a ainsi salué la mémoire du premier évêque du Michoacan, Vasco Vasquez de Quiroga. Il fut au XVIème siècle , le témoin des premiers sévices dont ont été victimes les indigènes. « Leur situation a stimulé sa foi, sa vie, sa compassion, elle a incité à réaliser divers projets qui ont donné du souffle face à cette réalité si paralysante et injuste ». 

>> Homélie

Rencontre avec les jeunes : « Richesse, dignité, espérance »

« Osez rêver », appel vibrant lancé ce 16 février 2016 par le pape François aux jeunes du Mexique. Il les a exhortés à ne pas se résigner à vivre sans espérance. « Oui, vous êtes la richesse de cette terre », a ajouté le Saint-Père, « Attention, je n’ai pas dit l’espérance de cette terre, j’ai dit la richesse ». 

 

prison Ciudad Juarez

Visite du centre de réadaptation de Ciudad Juarez : « Devenir prophète dans la société »

Dernière étape de ce voyage pontifical au Mexique : Ciudad Juarez, à la frontière avec les Etats-Unis. Le Saint-Père a ainsi rencontré 700 détenus à l’établissement pénitentiaire Cereso     n°3. Parmi eux, des tueurs, des membres de gangs et de cartels. « Il n’y a pas d’endroit où la miséricorde du Seigneur ne puisse arriver », leur a répété le pape François, « il n’y a pas de milieu ni de gens qu’elle ne puisse toucher ». Une miséricorde qui redit l’importance de la réinsertion. Dans ce sens, le pontife a appelé à la création d’un système de santé sociale. Il a également rappelé que la réinsertion sociale commençait « par l’insertion de tous nos enfants dans les écoles et par un travail digne pour leurs familles, par la création d’espaces publics de loisirs et de divertissement, par l’habilitation des instances de participation citoyenne, des services sanitaires, par l’accès aux services de base ». « Celui qui a affronté la douleur jusqu’au plus haut point et dont nous pourrions dire’il a vécu l’enfer’ peut devenir prophète dans la société’, a souligné François, il peut « travaillez pour que cette société qui utilise et jette ne continue pas à faire des victimes ». François a insisté sur le fait que les détenus ne devaient pas « rester prisonnier du passé », et devaient apprendre « ouvrir la porte de l’avenir ». Il les a exhortés à « pardonner la société pour ne pas avoir su les aider et qui tant de fois les a poussé à commettre des erreurs ». 

Rencontre avec les travailleurs : « Le travail, lieu d’humanisation et d’avenir »

La doctrine sociale de l’Eglise a pour vocation « de veiller à l’intégrité des personnes et des structures sociales », a lancé le pontife aux travailleurs et ouvriers mexicains qu’il a rencontrés ce mercredi 17 février 2016. C’est cette doctrine qui « nous aidera à ne pas nous perdre dans la mer séductrice de l’ambition », a-t-il ajouté, rappelant qu’à chaque fois que « l’intégrité d’une personne était violée, c’était toute la société  qui, d’une certaine manière, commençait à se détériorer ». Et François de conclure : « Nous devons tous lutter pour que le travail soit un lieu d’humanisation et d’avenir, pour qu’il soit un espace pour construire la société et la citoyenneté ».

Messe à Ciudad Juarez : « Le don des larmes, le don de la conversion »

Un lieu symbolique : Ciudad Juarez, à quelques dizaines de mètres du fleuve Rio Grande/Rio Bravo, à la frontière avec les Etats-Unis. Un lieu bétonné et envahi de fils barbelés. C’est là que le pape François a célébré sa dernière messe devant 200 mille fidèles, avant de quitter le Mexique. L’occasion pour le Saint-Père d’évoquer le drame des migrants. « Ce sont des frères et des sœurs qui partent, chassés par la pauvreté et la violence, par le narcotrafic et par le crime organisé ». Demandant « le don des larmes et de la conversion », François a également souligné le travail fait par « de nombreuses organisations de la société civile en faveur des droits des migrants ». Il a également remercié les religieuses, religieux, prêtres et laïcs qui « se dévouent dans l’accompagnement et la défense de la vie ». Et le Saint-Père de conclure : « Ce sont eux les instruments de la miséricorde de Dieu qui s’approche de toute situation pour la transformer de l’intérieur ».

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