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Une bonne pratique des soins palliatifs contre les dérives euthanasiques

Avec la démission de Christiane Taubira, l’adoption de la nouvelle loi sur la fin de vie est passée inaperçue. Elle a été votée ce mercredi par les députés. Les évêques appellent à poursuivre la réflexion concertée pour renforcer la « culture palliative » et ses bonnes pratiques.

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« Cette nouvelle loi n’est pas q’une étape ! », lancent les évêques dans un communiqué rendu public ce jeudi 28 janvier 2016. L’actualité politique en chassant une autre bien plus essentielle, l’adoption par les députés de la loi Claeys-Leonetti ce mercredi 27 janvier, a été éclipsée par le départ de l’ancienne Garde des Sceaux du gouvernement. La Conférence des Evêques de France, elle, a tenu a rappelé tous les enjeux qu’elle impliquait. Un texte rédigé par Mgr Pierre d’Ornellas et les membres du groupe de travail sur la fin de vie.

Premier constat : les parlementaires ont rappelé le droit de chacun de vivre et de mourir dans la dignité. L’« obstination déraisonnable » demeure interdite, « prendre soin de la personne est plus essentiel que la seule poursuite de thérapies devenues disproportionnées ! », soulignent les évêques.

Deuxième constat : la nécessité de développer la formation et l’accès aux soins palliatifs a été entendue. « Le gouvernement a mis en oeuvre un plan triennal et une évaluation annuelle de la politique des soins palliatifs ».

Troisième constat : la loi confère des droits aux patients, l’idée étant de respecter leur autonomie. Les évêques soulignent alors l’importance primordiale de la relation existant entre le patient, ses proches et l’équipe médicale. Tout repose donc sur ce que les évêques nomment « l’art médical » : il « est nourri par un vrai dialogue entre professionnels de santé, patients et proches » afin de « s’ajuster aux situations les plus délicates, dans le respect de la déontologie médicale ». Cet art médical permet, selon les évêques, de discerner « quand l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles correspond au meilleur soin à donner » (cas Vincent Lambert), et de « qualifier avec justesse l’obstination déraisonnable afin de la refuser, notamment pour des patients incapables d’exprimer leur volonté ».

Concernant le « droit à la sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience jusqu’au décès », il est encadré par la loi. « Ces cas sont rares », soulignent les évêques, « quoiqu’il en soit, la loi ne peut se substituer à l’appréciation médicale en imposant des systématisations qui nieraient la singularité de chaque cas ». La vigilance reste donc de mise face à des dérives euthanasiques ou euthanasies cachées.

Tout repose donc sur la bonne pratique des soins palliatifs. A ce titre, la CEF appelle à poursuivre « une réflexion concertée et continue pour la rédaction et la mise en oeuvre de recommandations » en la matière.