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Le cardinal Vingt-Trois aux politiques : « le courage de la vérité » au-delà du buzz médiatique

Politiques et électeurs : le cardinal André Vingt-Trois n’a épargné personne lors de la messe annuelle des responsables parlementaires. Et si les élections étaient un moment de vérité ? Retour sur une homélie saisissante.

Comment être vigilants « sur ce qui habite nos coeurs et qui exprime notre vérité personnelle » dans le brouhaha médiatique et la profusion législative ? Ce n’est pas anodin, si l’archevêque de Paris a choisi le dialogue entre Jésus et le pharisien pour débuter son homélie adressée ce mardi 11 otobre aux politiques et aux parlemenatires en la basilique Sainte-Clotilde.

Dans une ère où une information en remplace aussitôt une autre, « notre culture nous conduit à privilégier ce qui se voit au mépris de ce qui ne se voit pas », a expliqué Mgr Vingt-Trois. Et bien sûr, la campagne électorale n’échappe pas à la règle du buzz, dénonce-t-il, et se voit ainsi réduite à « un combat des chefs où les facteurs personnels priment sur la présentation des programmes ».

De la pédagogie avant tout

Les électeurs ne doivent donc pas « se contenter de l’effervescence médiatique ». Quant aux candidats, ils doivent se montrer pédagogues. En posant des questions et en interpellant les politiques, Mgr André Vingt-Trois donnent déjà quelques pistes de réflexion : il leur faut « exprimer une vision du bien commun qui mobilise les énergies… Avoir le courage de dire les choses telles qu’elles sont et non pas telles qu’on les rêve », sortir du cynisme et du scepticisme ambiants et échapper à la démagogie. « Il me semble que ce courage de la vérité qui seule peut rendre l’espérance demande une lucidité et un désintéressement particuliers ».

Les électeurs ne sont pas dupes

S’adresser à la raison de chacun donc et non à l’émotion. D’autant que, Mgr André Vingt-Trois le rappelle, les électeurs ne sont pas dupes. » Ce serait mépriser la raison des électeurs que croire qu’ils se déterminent principalement sur des critères de publicité médiatique ou en fonction de leurs intérêts particuliers ». Le cardinal le répète : une élection peut être l’occasion de faire émerger chez beaucoup « le sens du bien commun et de l’intérêt général ».

Faire son autocritique, sa réforme

Evoquant la crise économique et la menace d’attentats, l’archevêque de Paris invite enfin les politiques et les Français à un examen de conscience. « Croire que la cause du mal vient toujours d’ailleurs est aussi une façon de reculer devant les questions que nous devons collectivement nous poser sur l’équilibre de notre société ». Et le cardinal ajoute : « On peut compter sur la solidarité européenne, mais elle ne nous épargnera pas les sacrifices écojmiques que nous devons consentir. Nous pouvons espérer vaincre militairement daesh, mais cela ne nous évitera pas de nous poser des questions sur la dérive de jeunes qui sont nés chez nous et y ont été éduqués ». « La situation du monde ne devient meilleure qui si l’homme lui-même devient meilleur », conclut Mgr André Vingt-Trois .

>> Retrouver l’intégralité de l’homélie du cardinal André Vingt-Trois