le direct Musique sacrée

Mgr Barbarin : "je n'ai jamais couvert d'actes de pédophilie"

Le cardinal Barbarin a pris la parole, après la conférence de presse à Lourdes, de Mgr Pontier, président de la Conférence des évêques de France (CEF), et de Mgr Lalanne. Il a réaffirmé son innocence dans les scandales de pédophilie qui secouent le diocèse de Lyon. 

L’archevêque de Lyon est revenu sur les scandales qui éclaboussent son diocèse, lors d’une conférence de presse à Lourdes, réaffirmant son innocence : « jamais je n’ai couvert le moindre acte de pédophilie ». Arrivé à la tête du diocèse de Lyon il y a dix-sept ans, Mgr Barbarin indique n’avoir eu connaissance de ces faits qu’à deux reprises « en 2006, puis en 2014 (…) Le dimanche suivant, le prêtre n’avait plus le droit de célébrer la messe ». Il a assuré ne pas avoir redonné de ministère aux deux prêtres mis en cause. 

Quant à l’affaire Preynat, prêtre mis en examen pour agressions sexuelles sur des mineurs dans les années 80-90, le cardinal a assuré avoir rencontré une des victimes en 2014 pour des faits qui dataient de  1990. Il a aussi rappelé que Mgr Decourtray, son prédécesseur, l’avait sanctionné, « quand il l’a su ». « Les victimes savent que c’est d’abord à elles que je pense. Je leur redis régulièrement ma disponibilité et celle de mon diocèse, elles savent aussi que je prie pour eux. J’ai mesuré en les rencontrant à quel point il a été extrêmement difficile pour eux de parler. Plusieurs sont meurtris d’ailleurs de ne pas avoir pu le faire avant la prescription des faits« , a déclaré Mgr Barbarin à qui l’on reproche d’avoir gardé le silence.

 « Il y a beaucoup d’actes de pédophilie dans la société, majoritairement dans les familles, mais finalement, quand c’est fait par un prêtre, c’est encore plus horrible. La révolte est encore plus profonde et sourde. Donc on comprend leur colère, leur désarroi, leur souffrance énorme »Quant aux faits prescrits par la loi, le cardinal s’est interrogé sur la possibilité d’étendre la prescription canonique. Egalement mis en cause dans une nouvelle affaire, après une plainte déposée par un certain Pierre contre le père Billioud, « cela n’a rien à voir avec la pédophilie« , a-t-il martelé avant de rappeler que la plainte avait été classée sans suite par prescription, et de rappeler que les faits concernaient un jeune homme de 16 puis 19 ans. L’homme a déposé plainte pour « mise en danger  de la vie d’autrui et provocation au suicide ». « Qui ai-je incité au suicide ? C’est inimaginable cette affaire-là », a déclaré le cardinal. 

Le Premier ministre, Manuel Valls, a ajouté à la pression, ce mardi, en demandant au cardinal Barbarin de « prendre ses responsabilités ». « Le seul message que je peux faire passer, sans prendre sa place, sans me substituer à l’Église de France, sans prendre la place des juges, car une enquête est aujourd’hui ouverte, c’est de prendre ses responsabilités. C’est à lui de prendre ses responsabilités, de parler, et d’agir« , a-t-il affirmé sur RMC. « Le Premier ministre me demande de prendre mes responsabilités et je lui promets que je les prends », a répondu le cardinal Barbarin, se disant confiant dans le fait que Manuel Valls « connaît mieux que (lui) les lois de la république » et « respecte la présomption d’innocence ». Assis à ses côtés en conférence de presse, le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Georges Pontier, a ironisé : « j’admire la laïcité de notre pays ».

L’intervention du primat des Gaules a, elle, été jugée « pathétique » par un porte-parole de l’association des victimes du père Preynat. « Si le cardinal pense prendre toutes ses responsabilités en se comportant de cette manière et en disant « Dieu soit loué, les faits sont prescrits » (une phrase prononcée par le cardinal sur laquelle il est revenu, NDLR), ce n’est pas du tout quelque chose que les victimes peuvent entendre avec satisfaction« , a souligné Bertrand Virieux, membre du collectif La parole libérée. L’association dément, par ailleurs sur son blog, avoir eu un quelconque « contact avec la victime présumée » du père Billioud, « nous n’avons reçu aucun soutien ou conseil de cette personne contrairement aux 

« Il y a eu un énorme travail fait depuis quinze ans », a réaffirmé à la conférence de presse Mgr Stanislas Lalanne, qui pilote une « cellule de veille » sur la pédophilie. L’évêque de Pontoise a cependant reconnu la nécessité d’« approfondir » le travail pour mieux « accueillir et écouter » les victimes.

>> Le discours de Mgr Georges Pontier, président de la CEF

>> La conférence de presse de Mgr Pontier, Mgr Barbarin et Mgr Lalanne dans son intégralité :