le direct Musique sacrée

Un homme placé en détention provisoire dans… un monastère

Accusé du meurtre du braqueur qui s’était introduit chez lui, l’homme a obtenu de la cour d’appel de Rennes l’autorisation d’être placé sous contrôlé judiciaire dans un monastère. Il devra cependant porter un bracelet électronique, comme le révèle Presse Océan.

Menacé en détention par des membres de la communauté des gens du voyage, le sexagénaire était jusqu’alors placé à l’isolement pour assurer sa sécurité. S’il n’a pas été « menacé directement », selon son avocate, il vivait sa détention dans un « climat lourd ». L’homme a été mis en examen pour le meurtre par arme à feu d’un jeune homme de 19 ans, issu de la communauté des gens du voyage, qu’il avait surpris dans la cour de sa maison, à Joué-sur-Erdre (Loire-Atlantique), dans la nuit du 9 août 2014.

En attendant son procès, prévu début 2017 à Nantes, l’homme de 61 ans avait demandé à être placé sous contrôle judiciaire dans ce monastère. Catholique pratiquant, il avait indiqué qu’il souhaitait y prier et y travailler. « Le travail me manque », avait-il déclaré lors de l’audience. « J’ai besoin d’être dans un endroit paisible ».

Quinze jours auparavant, la cour d’appel de Rennes avait demandé une enquête de faisabilité sur cette demande pour le moins banale. Il s’agissait principalement de vérifier qu’il y ait assez de réseau pour capter les ondes du bracelet électronique. « Il reste enfermé et il est placé sous surveillance électronique à l’aide d’un bracelet », assure l’avocate de l’accusé, Me Cécile de Oliveira. « C’est à la fois rassurant pour les parties civiles et acceptable pour la société. C’est une décision tout à fait conforme à la loi, qui prévoit que la détention provisoire doit rester quelque chose d’exceptionnel, même si c’est toujours compliqué de faire sortir de détention quelqu’un accusé de meurtre. Ce n’est absolument pas une remise en cause de la gravité de son acte, ni du drame qu’il constitue pour les proches de la victime. Là, il reste sous main de justice. Son périmètre, c’est l’abbaye. C’est un enfermement intelligent. Il n’intègre pas une secte intégriste. Il va être au contact de moines qui sont sensibilisés aux questions des fautes pénales et de l’insertion. Il pourra parler avec eux de ce qui s’est passé ».

Selon son avocate, l’homme détient même le record de la durée de placement à l’isolement à la maison d’arrêt de Nantes. « Il y est depuis août 2014 », avait-elle indiqué à l’audience. « Ce sont des conditions inhumaines sur une telle durée…. Il ne sort même pas en promenade. Ces conditions de détention aggravent sa condition psychique. »

Le sexagénaire effectuera ainsi des travaux de jardinage, dans ce monastère déjà habilité à recevoir des détenus et où une trentaine de moines résident.