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Martin Steffens, prix 2016 de littérature religieuse

Ce 17 mars, au Salon du livre de Paris, Martin Steffens s’est vu remettre le prix 2016 de littérature religieuse pour son livre « Rien que l’amour – repères pour la martyre qui vient ». Il était notre invité le 15 décembre dernier. Portrait.

Martin Steffens

Parce que « l’heure de l’amour a sonné », écrit Martin Steffens, les chrétiens ne sauraient se rétracter sous le diktat de la peur ou du ressentiment au risque de se trahir et peut-être de mourir de mort lâche. C’est donc un appel à l’insurrection de la sainteté que lance l’écrivain dans son essai qui décroche le prix 2016 de la littérature religieuse décerné par le Syndicat des librairies de Littérature religieuse ( SLLR). Un appel au martyre, au sens grec du terme, celui du don de soi dans la confiance.

 « Lève-toi et marche »

C’est sur la terre mosellane qu’est né Martin Steffens en 1977. Entouré de quatre sœurs, il grandit dans une famille où les échanges à table sont animés : « Nous avions de grandes conversations sur tout ». Une parole libre et un étonnement face au monde qui lui ont sans doute, petit à petit, donné le goût de la philosophie. Après deux années de Lettres modernes, il se passionne pour Nietzsche au point de faire sa maîtrise et son DEA sur le philosophe du néant.

« J’ai grandi dans une famille croyante et sur une terre avec une foi forte », raconte Martin Steffens, « mais avec la séparation de mes parents, j’ai fait une croix sur Dieu ». Sa reconversion ? Elle se fait par étapes. Batteur dans un groupe de rock, Martin Steffens prépare son agrégation. « A 24 ans, j’ai enseigné pour la première fois, je n’étais pas prêt, la même année j’ai raté mon CAPES ». Il part alors poursuivre ses études à Strasbourg. « Là-bas, j’ai été retourné, j’ai réalisé que je prenais ma vie à l’envers ». Après avoir cassé toutes les idoles, Martin Steffens se tourne vers Dieu. « C’est le besoin de dire merci qui m’a converti », dit-il, « je voyais toute la beauté et la bonté du monde ». Le bouddhisme, l’Islam ? Martin Steffens s’interroge, avant de se tourner vers le christianisme. « J’ai découvert un Dieu personnel, un Dieu qui donne et qui pardonne… Une reconversion qui s’est faire en compagnie de ma femme qui a demandé le baptême ». Martin Steffens découvre Léon Chestov, Dostoïevski, saint Augustin, saint Thomas d’Aquin et surtout Simone Weil : « Elle m’a rendu meilleur », explique-t-il, « car elle ne refuse pas le tragique de la vie ». Il publie un « Petit traité de la joie » aux éditions Salvator, « Qui nous fera voir le bonheur ? » aux éditions le passeur, « Le nouvel âge des pères » aux éditions du Cerf. Prof de philo en classes préparatoires à Metz, Martin Steffens réalise qu’il n’est pas là pour casser les préjugés de ses élèves mais pour y mettre de l’ordre et du sens. Ce papa de trois enfants le répète : « Dans un monde impossible, en perpétuel mouvement, il faut recueillir toutes les joies et ne pas avoir peur des blessures ». « C’est le lève-toi et marche », lance  Martin Steffens avant de citer le psaume 129 : « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ! » « Si nous nous plaçons au cœur des abîmes de l’humanité », conclut-il, « notre cri n’aura que plus de sens pour Dieu ».

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