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Clairvaux célèbre ses 900 ans

Fondée en 1115 par Bernard, l’abbaye cistercienne située dans l’Aube ouvre les festivités. Une programmation spéciale pour découvrir son patrimoine exceptionnel et son rayonnement sur l’Occident médiéval.

C’est sans surprise au Collège des Bernardins, le mercredi 28 janvier 2015, que l’événement a été annoncé : une année exceptionnelle consacrée à l’histoire de l’abbaye de Clairvaux. L’objectif est clair : dépasser les 20 mille visites par an actuelles. L’abbaye de Clairvaux a donc en partie fait peau neuve pour ses 900 ans. Les visiteurs pourront découvrir, dès juin prochain le Réfectoire des moines – Chapelle des prisonniers récemment restaurée par l’Etat. Autre temps fort : une exposition à l’Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes sur l’aventure cistercienne, du 5 juin au 15 novembre 2015. Une grande première évoquant la vie monastique, politique, économique, artistique et intellectuelle de Clairvaux du XIIème au XVIIIème siècle, qui permettra notamment de découvrir plus de 150 documents originaux, manuscrits, objets inédits venus de l’Europe entière, et dispersés à la Révolution. Ainsi, les visiteurs pourront voir la crosse de Robert de Molesme, la Grande Bible de Clairvaux, la Croix-reliquaire de la Vraie Croix, un chirographe scellé de Bernard ou encore une portrait du saint. Il existe aujourd’hui 350 monastères cisterciens dans le monde entier.Enfin, ces 900 ans sont aussi l’occasion de mettre en ligne les fonds de l’abbaye conservés aux Archives départementales de l’Aube et à la médiathèque du grand Troyes. Sans oublier les manifestations exceptionnelles, conférences, colloques, animations mais aussi concerts : les 20 et 21 juin sera ainsi jouée une création de Philippe Hersant illustrant la spiritualité monastique de Clairvaux, avec la Maîtrise de Notre-Dame de Paris.

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BD ClairvauxOutre le catalogue de l’exposition, une bande dessinée intitulée « Clairvaux. Le corps et l’âme » sera également éditée. Il s’agit d’une fiction historique des éditons Glénat.

Rappelons que le principe fondateur de l’ordre cistercien et donc de l’abbaye de Clairvaux  est la « Règle de saint Benoît » : un manuel écrit par benoît de Nursie au début du VIème siècle régissant le quotidien des moines dans ses moindres détails, et devant conduire à la recherche de Dieu à travers la prière, la lecture, le travail manuel, la charité, l’austérité et le silence.

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L’abbaye fut la plus grande prison de France entre 1808 et 1970, avec jusqu’à 3 000 détenus. A partir de 1834, Clairvaux commence à accueillir des prisonniers politiques, des révolutionnaires d’abord puis, dès 1971 des Communards, dont Auguste Blanqui. A la fin du XIXème siècle, sont incarcérés les princes Pierre Kropotkine, anarchiste russe et Philippe d’Orléans, fils aîné du prétendant au trône de France. Aujourd’hui encore, elle abrite 154 prisonniers. Plus tard, on retrouvera derrière ces mêmes barreaux, les insoumis de Verdun (1916), les mutins (1917 et 1919), les cagoulards de 1934, les résistants de la Seconde Guerre mondiale comme Guy Mocquet, des miliciens, collaborateurs et ministres de Vichy après la Libération, et enfin les membres du FLN lors de la guerre d’Algérie.

>> Pour en savoir plus

De la fondation du Vieux monastère par saint Bernard en en 1115 à sa renaissance et son ouverture au monde dès 1979, l’histoire de Clairvaux a connu de nombreux rebondissements. Pour en savoir plus sur cette histoire, écoutez Mgr Marc Stenger, évêque du diocèse de Troyes et Dom Oliver Quernadel supérieur de l’abbaye de Cîteaux. Ils sont interviewés par Elodie Dambricourt.

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