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Nouveau blog sur la fin de vie : entretien exclusif avec Mgr d’Ornellas

Mgr d’Ornellas anime le Groupe de travail de la CEF dédié à la fin de vie. Il s’agit pour les évêques de discerner les questions et situations difficiles de fin de vie. L’objectif est d’ouvrir un débat de société et de tendre à l’émergence de la culture palliative.

La loi Leonetti du 22 avril 2005 reste, selon Manuel Valls, « mal connue, mal comprise et mal appliquée« . Pour y remédier, les députés devront remettre avant le 1er décembre une proposition de texte pour modifier la loi. C’est dans ce cadre que les évêques se sont rassemblés autour de Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable d’un Groupe sur la fin de vie, afin de donner la position de l’Église sur les soins palliatifs.

Rechercher ce qui est le plus juste pour accompagner la personne en fin de vie

Le Groupe de travail dédié à la fin de vie a pour but de revisiter les sujets qui sont à l’ordre du jour comme les directives anticipées, ou encore la sédation en phase terminale « et de faire appel à des experts afin qu’ils participent à la réflexion et que nous arrivions à une publication assez compétente pour participer au débat sur les points à améliorer de la loi Léonetti« , explique Mgr d’Ornellas. Les évêques et les professionnels sont donc réunis pour cerner les meilleurs décisions concernant la fin de vie. « L’Église a un beau service à rendre sur l’accompagnement des personnes en fin de vie. Accompagner une personne vulnérable est un acte d’amour magnifique. C’est aussi un acte délicat qui demande du respect et de la compassion, et un regard avisé sur la personne », souligne Monseigneur d’Ornellas. Pour lui, il est très important que l’Église puisse faire entendre sa voix dans les débats sur les soins palliatifs. Le débat sur la fin de vie met profondément en relief le commandement le plus important du christianisme : « Tu aimeras ton prochain comme toi même ». Cet amour voué à l’autre est ancré et essentiel dans l’accompagnement des personnes en fin de vie. Mais selon l’archevêque, l’Église est déjà très impliquée dans ces débats. « Beaucoup de catholiques sont engagés en médecine, sont infirmiers ou infirmières, aides soignants, et sont là pour être présents de façon compétente et professionnelle. Ensemble, nous recherchons ce qui est le plus juste pour accompagner la personne en fin de vie« , ajoute-t-il.

Dialogue et confiance : les deux ingrédients d’une bonne réflexion

« La dynamique de la loi repose sur la confiance entre l’équipe de soins et le patient. Tout modification de cette loi doit aller dans le sens de la confiance. Nous sommes tous faits pour la confiance. Cette loi doit encourager une culture du ‘prendre soin global’ de la personne », affirme l’archevêque. La société manque cruellement de confiance ; selon Pierre d’Ornellas, elle sera grandement soulagée lorsqu’elle comprendra qu’une prise en charge globale du patient sans souffrance est possible. Pour cela, il faut réinstaurer une confiance dans la médecine, et croire en l’alliance de la médecine curative (médecine du soin) avec la médecine palliative (médecine du prendre soin). « La médecine palliative est bien plus riche qu’on ne le pense. L’ignorance est bien souvent une source de peur« , analyse Mgr d’Ornellas. Mais en plus de la confiance, un véritable dialogue est profondément nécessaire. C’est pour cela qu‘un nouveau blog a été ouvert sur l’initiative de ce groupe de travail. Ce blog a pour but de « susciter des dialogues sereins, paisibles et réfléchis pour que nous n’ayons pas des paroles simplistes. C’est un vrai espace où on peut apaiser et s’apaiser, susciter et retrouver la confiance », conclut l’archevêque de Rennes.

 

Vous pourrez retrouver l’intégralité de l’interview de Mgr d’Ornellas le mardi 28 octobre à 9h05 dans l’émission Rencontre, de Marie-Leïla Coussa.