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Coupe du monde de foot au Brésil : le sport pour glorifier Dieu

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Pour le pape François, Dieu et le sport font bon ménage. Mieux : le sport est « un instrument missionnaire très efficace ». Alors que démarre la Coupe du monde de foot, regards croisés sur le sport et la foi.

Ils étaient tous trois les invités de Pierre Moracchini dans l’émission Matière à Penser ce mercredi 11 juin 2014. Emilie Pourbaix, rédactrice en chef de L1visible qui publie une édition spéciale autour de la foi et du sport. Rémi de Maindreville sj, rédacteur en chef de la revue Christus. Et Charles Henri D’Andigné, responsable des pages culture de Famille Chrétienne, auteur du dossier « Le sport, école d’excellence ».

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Quand on leur demande quel rapport ils entretiennent avec le sport, tous trois sont d’accord pour parler de moments de communion. « J’aime participer à la liesse populaire », explique Emilie Pourbaix, « il y a quelque chose de très bon enfant. En 98, on a tous vibré autour d’un rêve, une possibilité de vivre ensemble« . Même son de cloche du côté de Charles Henri D’Andigné : « Je regarde un match de foot tous les quatre ans, ce sont des moments assez éphémères et extraordinaires, des moments de ferveur qu’ils faut prendre tels qu’ils sont ». Quant au jésuite Rémi de Maindreville, il évoque sa jeunesse : « En 1958, j’avais 11 ans, j’habitais Reims, il y avait sept joueurs du stade de Reims dans l’équipe de France… En 1998, lorsque la France a gagné la Coupe du monde, j’étais dans une session de notre communauté », raconte-t-il, « pour la finale, nous sommes tous allés communier devant le poste de télé. L’image black-blanc-beur de l’équipe de 98 a profondément marqué. On s’est dit, c’est peut-être possible de vivre ensemble ». Communion, ferveur, transcendance, don de soi. Il y a beaucoup de vocabulaire religieux dans le sport et en particulier dans le foot, notent les trois invités. De même, souligne Rémi de Maindreville, « il y a dans la Bible beaucoup de métaphore sportives, surtout la course, la course solidaire ».

Dieu se réjouit de la beauté du geste

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Charles Henri D’Andigné le souligne : il y a quelque chose de très spirituel et de très beau dans le geste sportif , « le geste pour le geste, pas le geste pour le gain matériel ». « Dieu se réjouit de la création du sport », rappelle Rémi de Maindreville, « l’intérêt du sport est là, c’est la beauté du geste qui suppose une intelligence ». « C’est une forme d’art« , ajoute Charles Henri D’Andigné, « on le voit avec certaines passes de Zidane, par exemple, avec la manière, parfois, dont il touche la balle ». Et Emilie pourbaix de conclure : « Avec le sport, ont est totalement dans la parabole des talents, c’est une manière de glorifier Dieu… Le pape François a d’ailleurs exhorté les jeunes à être de vrais athlètes du Christ, la lien est flagrant avec la recherche de Dieu ». Alors, le sport serait-il un outil d’évangélisation efficace comme le dit le pape François ? En tout cas, il transmet des vertus fondamentales, telles que le sens du dépassement, le don de soi, l’apprentissage de la vie en société, mais aussi l’apprentissage de la victoire ou de la défaite. On a en d’ailleurs l’exemple avec l’action du Père Jean-Marie Petitclerc et son association Le Valdocco à Argenteuil et sur le Grand Lyon : « Il apprend aux jeunes délinquants qu’il accueille le respect des règles permettant une bonne entente », explique Charles Henri D’Andigné, « le sport est donc un outil, ce sont les valeurs que l’on met dedans qui comptent, c’est l’esprit que l’on met dedans qui est important, ce n’est pas tant les valeurs techniques qui comptent mais les valeurs morales« . Emilie Pourbaix souligne à sont tour qu’il y a chez nombre de sportifs, et de footballeurs, « un désir de droiture ». Et de citer Kaka ou encore Gomis. Quant à Rémi de Maindreville, il note qu’il y a bien souvent dans le sport « une forme d’ascèse ».

 L’histoire du foot

Petit rappel concernant l’histoire du football. « C’est une invention des Anglais au XIXème siècle, pour canaliser la violence des élèves », explique Charles Henri D’Andigné, « elle a ensuite été reprise par les prêtres via les patronages ». Rappelons également que Jules Rimet, le fondateur de la Coupe du monde, était très lié au catholicisme social. Une tradition dans laquelle le pape François s’inscrit donc totalement. Et Rémi de Maindreville de souligner quelques exemples : « L’AJ Auxerre est un club de patronage qui joue sur le stade de l’Abbé Deschamps,… Le club de basket de Limoges, champion de France, est issu d’une paroisse ».

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