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L'ancien couvent de Tuam en Irlande : l'Eglise catholique montrée du doigt

L’horreur a fait la Une des journaux la semaine dernière : la découverte d’une fosse commune contenant près de 800 squelettes de bébé, à côté d’un ancien couvent catholique. Entre polémique et fantasme.

Dernière minute : le mea culpa de l’Associated Press. Une commission d’enquête a par ailleurs été créée par Dublin.

 

tuam

« Quelqu’un m’avait mentionné l’existence d’un cimetière pour nouveau-nés, mais ce que j’ai découvert était bien plus que cela ». Les propos de l’historienne Catherine Corless, à l’origine de la découverte macabre – près de 800 squelettes d’enfants retrouvés dans une cuve en béton à proximité du couvent de Tuam, autrefois tenu par les Soeurs du Bon Secours – ont été publiés dans tous les journaux irlandais, provocant aussitôt effroi et terreur au sein de la population et du gouvernement, mais aussi dans toute la presse anglo-saxonne. Ainsi, le ministre de la Justice irlandais a aussitôt demandé l’ouverture d’une enquête. De son côté, l’Eglise, en proie à toutes les accusations, s’est dite prête à participer à toute investigation. L’archevêque de Tuam a tenu à rappeler que l’Eglise catholique irlandaise ne savait rien de ce qui s’était passé dans ce couvent. Cette découverte laisse donc libre-cours à tous les fantasmes et toutes les rumeurs imaginables. Il faut savoir qu’au début du XXème siècle, en Irlande, les jeunes femmes, dont le comportement étaient jugé immoral (notamment les jeunes filles tombées enceintes hors mariage entre 1925 et 1961), étaient enfermées dans des couvents créés par l’Etat et gérés par l’Eglise. Couvents appelés « Magdalene Asylum » dans lesquels ces jeunes filles devaient travailler pour réparer leurs péchés. Que s’est-il réellement passé derrière les portes de ces couvents ? De toute évidence, pour mettre fin aux rumeurs à tout-va, une enquête se révèle nécessaire. Pourtant, le gouvernement irlandais ne semble pas encore prêt à sauter le pas.

Une Église catholique trop stigmatisée ?

En attendant, certains s’insurgent contre une dénonciation abusive de l’Église catholique. C’est le cas de Jean-Marie Le Mené, le président de la Fondation Jérôme Lejeune, qui s’exprimait, le 7 juin dernier, dans une libre tribune sur le site Boulevard Voltaire. Comdamner l’Église catholique oui, mais seulement « s’il était prouvé que les religieuses du couvent du Bon Secours s’étaient rendues coupables de comportements attentatoires à la vie de ces enfants », répond en substance Jean-Marie Le Méné, qui estime que, dans cette affaire, on est « aller un peu vite en besogne ». Et le président de la Fondation Jérôme Lejeune de rappeler que « les religieuses accueillaient des filles mères, les protégeaient et leur permettaient d’accoucher chez elles », alors que la société les condamnait d’avance. De rappeler aussi que les bébés devenaient des « pensionnaires de l’orphelinat » dans une Irlande qui, à l’époque était très pauvre et « où la mortalité infantile faisait des ravages ».

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« Là où l’information déraille », ajoute-t-il, « c’est quand on commence à parler de maltraitance et de charnier, suggérant ainsi que ce sont les religieuses elles-mêmes qui auraient causé la mort des nouveaux-nés ». Et Jean-Marie Le Mené en profite pour montrer du doigt la France qui admet depuis quarante ans « 220 000 avortements par an ». « Il est vrai que depuis cette époque« , dit-il, « il est préférable d’avorter son enfant plutôt que de le confier à l’adoption. Nous avons inventé l’homicide par amour, sa légalisation, voire son remboursement par l’assurance maladie, quand ce n’est pas sa promotion au rang d’une vertu républicaine », conclut-il.

On le voit : il est tant de faire toute la lumière sur le passé, pour faire taire les rumeurs, rendre justice aux victimes, mais aussi pour s’attaquer aux réelles questions du présent.

Sources : Boulevard Voltaire – AFP – Le Monde