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Clôture des JAJ: "apporter la sagesse de la foi dans chaque domaine de la vie sociale"

40.000 jeunes et fidèles asiatiques ont assisté ce dimanche 17 août à la messe de clôture des journées asiatiques de la jeunesse, dans le château de Haemi. Le pape les a exhortés « à bâtir une Église plus sainte, plus missionnaire et humble ».

 

Le pape a célébré la messe de clôture de la VIe Journée de la jeunesse asiatique, au Château de Haemi, au sud-est de Séoul, au quatrième jour de son voyage apostolique en Corée du Sud. Comme toujours, François a évoqué des thèmes qui lui sont chers, invitant la jeunesse à construire « une Eglise qui aime et adore Dieu en cherchant à servir les pauvres, les personnes abandonnées, les faibles et les marginalisés ». Et le Saint-Père de revenir sur la spécificité de ces jeunes d’Asie, « héritiers d’un grand témoignage, un témoignage précieux rendu au Christ ». A vous de « discerner ce qui est incompatible avec la foi catholique », leur a-t-il lancé, ainsi que les « aspects de la culture contemporaine qui sont marqués par le péché, qui sont corrompus et qui conduisent à la mort ». Le pape François les a également mis en garde contre la tentation de « repousser l’étranger, le nécessiteux, le pauvre et les personnes en détresse », faisant ainsi écho à l’Evangile de ce dimanche et au cri de la Cananéenne : « Seigneur, aide-moi ». Un cri qui résonne encore dans « nos villes anonymes, le cri de tant de jeunes de votre âge et le cri de tous ces martyrs qui aujourd’hui encore souffrent la persécution et la mort pour le nom de Jésus ». Rappelant le thème de ces journées asiatiques de la jeunesse, le pontife a appelé une fois encore chacun à se réveiller. Vous avez « le devoir d’être vigilants, de ne pas céder aux pressions, aux tentations et aux péchés, les nôtres ou ceux des autres, qui émoussent notre sensibilité à la beauté de la sainteté, à la joie de l’Evangile ».

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A l’issue de la messe clôture, le Cardinal indien Oswald Gracias, archevêque de Bombay, et les président des conférences épiscopales d’Asie, ont annoncé que les prochaines journées asiatiques de la jeunesse auraient lieu en 2017, en Indonésie, le plus grand pays musulman au monde.

Homélie du pape François lors de la messe de clôture des Journées asiatiques de la jeunesse

Chers jeunes amis,   La gloire des martyrs brille sur vous ! Ces mots – une partie du thème de la Sixième Journée Asiatique de la Jeunesse – nous consolent et nous fortifient tous. Jeunes d’Asie : vous êtes les héritiers d’un grand témoignage, un témoignage précieux rendu au Christ. Il est la lumière du monde ; il est la lumière de nos vies ! Les martyrs de Corée – et d’innombrables autres à travers l’Asie – ont livré leurs corps aux persécuteurs ; à nous, ils ont offert un témoignage impérissable du fait que la lumière de la vérité du Christ dissipe toutes ténèbres et que l’amour du Christ est glorieusement triomphant. Avec la certitude de la victoire sur la mort et notre participation à cette victoire, nous pouvons affronter le défi d’être disciples du Christ aujourd’hui, dans des circonstances qui nous sont propres et en notre temps.   Les mots sur lesquels nous venons de réfléchir constituent une consolation. L’autre partie du thème de ce jour – Jeunesse de l’Asie, lève-toi ! – vous parle d’un devoir, d’une responsabilité. Considérons un moment chacune de ces paroles.   En premier lieu, le mot ‘‘Asiatique’’. Vous êtes réunis ici en Corée venant de toute l’Asie. Chacun d’entre vous a une place unique et une situation dans lesquelles vous êtes appelés à refléter l’amour de Dieu. Le continent asiatique, doté de riches traditions philosophiques et religieuses, reste un vaste domaine pour votre témoignage au Christ, ‘‘le chemin, la vérité et la vie’’ (Jn 14, 6). Comme jeunes non seulement en Asie, mais aussi comme fils et filles de ce grand continent, vous avez le droit et le devoir de prendre part à la vie de vos sociétés. N’ayez pas peur d’apporter la sagesse de la foi dans chaque domaine de la vie sociale !   En tant qu’asiatiques, vous voyez et vous aimez, de l’intérieur, tout ce qui est beau, noble et vrai dans vos cultures et dans vos traditions. En même temps, comme chrétiens, vous savez aussi que l’Évangile a le pouvoir de purifier, d’élever et de perfectionner cet héritage. À travers la présence du Saint-Esprit qui vous a été donné au baptême et scellé en vous à la confirmation, en union avec vos pasteurs, vous pouvez apprécier les nombreuses valeurs positives des diverses cultures asiatiques. Vous êtes également à même de discerner ce qui est incompatible avec votre foi catholique, ce qui est contraire à la vie de grâce greffée en vous par le baptême, et quels aspects de la culture contemporaine sont marqués par le péché, sont corrompus et conduisent à la mort.   Revenant au thème de ce jour, réfléchissons sur le second mot ‘‘Jeunesse’’. Vous et vos amis, vous êtes pleins d’optimisme, d’énergie et de bonne volonté, qui sont caractéristiques de cette période de la vie. Que le Christ transforme votre optimisme naturel en espérance chrétienne, votre énergie en vertu morale, votre bonne volonté en authentique amour désintéressé. Voilà le chemin que vous êtes appelés à emprunter. Voilà le chemin pour vaincre tout ce qui, dans vos vies et dans votre culture, menace l’espérance, la vertu et l’amour. De cette façon, votre jeunesse sera un don à Jésus et au monde.   Comme jeunes chrétiens, que vous soyez travailleurs ou étudiants, que vous ayez déjà commencé une carrière ou que vous ayez répondu à l’appel au mariage, à la vie religieuse ou encore au sacerdoce, vous n’êtes pas seulement une partie de l’avenir de l’Église ; vous êtes aussi une partie nécessaire et aimée du présent de l’Église ! Vous êtes le présent de l’Eglise ! Restez proches les uns des autres, rapprochez-vous toujours plus de Dieu et avec vos Évêques et vos prêtres, passez ces années à bâtir une Église plus sainte, plus missionnaire et humble – une Église qui aime et adore Dieu en cherchant à servir les pauvres, les personnes abandonnées, les faibles et les marginalisés.   Dans vos vies chrétiennes, en bien des occasions vous serez tentés, comme les disciples dans l’Évangile de ce jour, de repousser l’étranger, le nécessiteux, le pauvre et les personnes en détresse. Ce sont ceux-là spécialement qui répètent le cri de la femme de l’Évangile : ‘‘Seigneur, aide-moi !’’. La requête de la femme cananéenne est le cri de toute personne à la recherche d’amour, d’accueil et d’amitié avec le Christ. C’est le cri de tant de personnes dans nos villes anonymes, le cri de tant de jeunes de votre âge et le cri de tous ces martyrs qui aujourd’hui encore souffrent la persécution et la mort pour le nom de Jésus : ‘‘Seigneur, aide-moi !’’. Et c’est souvent un cri qui sort de nos cœurs eux-mêmes : « Seigneur aide-moi ! » Répondons, non pas à la manière de ceux qui repoussent les personnes qui nous sollicitent, comme si servir les nécessiteux entravait notre proximité avec le Seigneur. Non ! Nous devons être comme le Christ, qui répond à chaque demande d’aide avec amour, miséricorde et compassion.   Enfin, la troisième partie du thème de ce jour – ‘‘Réveille-toi !’’ – parle d’une responsabilité que le Seigneur vous donne. C’est le devoir d’être vigilants, de ne pas céder aux pressions, aux tentations et aux péchés, les nôtres ou ceux des autres, qui émoussent notre sensibilité à la beauté de la sainteté, à la joie de l’Évangile. Le psaume responsorial de ce jour nous invite à toujours ‘‘être dans l’allégresse et à chanter de joie’’. En dormant, personne ne peut chanter, danser ni se réjouir. Il n’est pas bon de voir un jeune dire « je vais dormir… Non ! Réveillez-vous ! ». Chers jeunes, ‘‘Dieu, notre Dieu, nous a bénis’’ (Ps 67, 6) ; de lui nous avons ‘‘obtenu miséricorde’’ (Rm 11, 30). Assurés de l’amour de Dieu, allez dans le monde de sorte que ‘‘par suite de la miséricorde que vous avez obtenue’’, ils – vos amis, vos collègues, vos voisins, vos compatriotes, toute personne de ce grand continent – ‘‘puissent maintenant recevoir la miséricorde de Dieu’’ (cf. Rm 11, 31). C’est par sa miséricorde que nous somme sauvés.   Chers jeunes d’Asie, j’ai espoir qu’en union avec le Christ et l’Église, vous emprunterez ce chemin, qui vous apportera surement beaucoup de joie. À présent, au moment de nous approcher de la table de l’Eucharistie, tournons-nous vers notre mère Marie, qui a donné Jésus au monde. Oui, Marie notre mère, nous désirons recevoir Jésus ; dans ta maternelle affection, aide-nous à le porter aux autres, à le servir fidèlement, et à l’honorer en tout temps et en tout lieu, dans ce pays et dans toute l’Asie. Amen.   Jeunesse de l’Asie, réveille-toi !

Aux évêques d’Asie : un « dialogue fraternel » avec le Saint-Siège

Un peu plus tôt dans la journée, au sanctuaire des martyrs de Haemi, dans la province de Chungcheongnam-do, le Saint-Père rencontrait quelque 70 évêques de toute l’Asie. François s’est dit heureux d’être présent en un « lieu saint, où de nombreux chrétiens ont donné leur vie par fidélité au Christ ». Le sanctuaire de Haemi est le lieu du martyre de 132 chrétiens tués au XIXe siècle. Le pape a appelé les pays d’Asie avec lesquels le Saint-Siège n’avait pas encore de pleines relations diplomatiques « à promouvoir un dialogue au bénéfice de tous »,  un dialogue « fraternel, de cœur à cœur ». Aucun pays n’a été cité, mais le pape a évidemment pensé à la Chine, le Vietnam, la Corée du Nord, le Laos, le Bouthan, la Birmanie et le Brunei. Les chrétiens ne sont pas « des conquérants » qui souhaiteraient « enlever l’identité » des autres, a rappelé le pontife. Le dialogue, a-t-il expliqué aux évêques, « exige un authentique esprit ‘‘contemplatif’’ d’accueil de l’autre », une « ouverture de l’esprit et du cœur pour accepter les personnes et les cultures ». Il s’agit, tels des « frères et sœurs », de « parcourir ensemble le chemin d’une plus profonde connaissance, amitié et solidarité ».

Mise en garde contre le relativisme

Comme Benoît XVI auparavant, le pape François a mis en garde contre les tentations de « l’esprit du monde, qui menacent la solidité de l’identité chrétienne » : le « relativisme », non seulement comme « système de pensée », mais aussi comme « relativisme pratique, quotidien », qui « obscurcit la splendeur de la vérité et affaiblit toute identité »« La superficialité », « la tendance à jouer avec les choses à la mode, les gadgets et les distractions, plutôt que de se consacrer aux choses qui comptent réellement ». Enfin, « la sécurité apparente qui se cache derrière des réponses faciles, des phrases toutes faites, des lois et des règlements ». Au contraire, a rappelé le pape, « la foi, par sa propre nature, n’est pas centrée sur elle-même, la foi tend à ‘‘aller au-dehors’’. Elle cherche à se faire comprendre ».

Sources : Radio Vatican, Zenit