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Théorie du genre : le gouvernement nie, les parents se mobilisent

« Lutter contre les stéréotypes, mais sans introduire je ne sais quelle idéologie ». Voici comment  Jean-Marc Ayrault justifie l’introduction de la théorie du genre, à l’école.

Un fantasme pour Jean-Marc Ayrault. « Il n’est pas question d’un temps d’enseignement sur la théorie du genre, pas plus dans les programmes scolaires que dans la formation des enseignants » a notamment insisté le chef du gouvernement, dans une interview concédée au quotidien La Croix, fin septembre.

 

Le gender à l’école, une réalité

Réalité, répondent les opposants au mariage gay, qui ont fait du gender leur nouveau cheval de bataille, après l’adoption de la loi Taubira. Cette théorie viserait, selon eux, à effacer toute différence, biologique et sociale, entre hommes et femmes. Pour eux, il est clair qu’elle serait actuellement, insidieusement, introduite à l’école dans les manuels de biologie, à travers certains ouvrages à disposition des enseignants comme « Papa porte une robe » ou « Jean a deux mamans », mais également en maternelle à travers un nouveau programme, « l’ABCD de l’égalité ».

Ce à quoi les partisans de l’égalité des sexes leur répondent qu’ils interprètent très mal les « gender studies » réalisées par les anglo-saxons. Pour eux, il faut parler d’études de genre, et non de théorie du genre. Des études qui sont réalisées depuis une quarantaine d’années dans le monde universitaire anglo-saxon, notamment grâce au travail de Judith Butler, la « papesse » du gender.

 

Les opposants à la théorie du genre se mobilisent

Selon ces partisans, le gender viserait à comprendre les mécanismes sociaux qui conduisent aux inégalités, notamment au travail, entre les hommes et les femmes. Cela ne nierait en rien la différence des sexes. Un mensonge pour les opposants à la loi Taubira, et notamment pour Antoine Renard, le président des AFC, invité ce matin sur la matinale de Radio Notre Dame, dans l’émission La Voix est Libre. Pour lui, il s’agit très clairement « d’un viol des consciences et des cœurs ».

« Une idéologie, pas une théorie ». Pour Bertrand de Dieuleveult, président de l’association Familles 94, le combat est aussi sémantique. « Il n’y a rien de scientifique là-dedans » a-t-il notamment déclaré. Pour Sophie Bernard, une mère de famille invitée également sur l’émission d’Alexandre Meyer, « il faut que l’Etat arrête de se substituer aux parents ».

A ce sujet, les AFC lancent une grande campagne d’alerte pour les parents. En détaillant cet « ABCD de l’égalité », les associations familiales catholiques entendent démontrer qu’en passant d’une théorie à une idéologie, les partisans du gender refusent toute confrontation au réel.

Des pays l’ayant expérimenté font d’ailleurs aujourd’hui marchent arrière, notamment en Suède, où l’on se rend compte, de manière quelque peu caricaturale, que les écoles de sages-femmes attirent toujours autant de filles, et les écoles de BTP, toujours autant de garçons. En France, pourtant, cette théorie ne date pas d’hier puisque c’est en 2011 que Luc Chatel introduisit dans les programmes de biologie une différence entre « identité » et « orientation » sexuelle.

Pour veiller à la diffusion de cette théorie, un Observatoire de la théorie du genre a été lancé. Pour son président, Olivier Vial, il n’est pas question d’accepter cette « vue de l’esprit visant à perturber l’ordre établi ». En attendant, et malgré les négations du gouvernement, à commencer par le ministre de l’Education, Vincent Peillon, les différents mouvements s’organisent.

La Manif Pour Tous en tête de file, lancera mercredi son « Grenelle de la Famille ». Au menu, des conférences et des débats thématiques dans de nombreuses  villes de France, dont la synthèse sera rendue publique à la mi-janvier.

 

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