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Le Dimanche de Pâques à 11h55 5 podcasts

Message Urbi et Orbi du pape François pour Pâques : « Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de Lui, au terme d’un Carême qui semble ne pas vouloir finir »

17.04.22
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Message Urbi et Orbi du pape François pour Pâques : « Aujourd’hui plus que jamais nous...

Bénédiction Urbi et Orbi 11h55

 

« Chers frères et sœurs, joyeuses Pâques !

Jésus, le Crucifié, est ressuscité ! Il vient au milieu de ceux qui le pleurent, enfermés dans une maison, remplis de peur et d’angoisse. Il vient au milieu d’eux et dit : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19). Il montre les plaies de ses mains et de ses pieds, la blessure de son côté : ce n’est pas un fantôme, c’est précisément Lui, le même Jésus qui est mort sur la croix et qui a été déposé dans le tombeau. Devant les regards incrédules des disciples, il répète : « La paix soit avec vous ! » (v. 21).

Nos regards sont aussi incrédules, en cette Pâques de guerre. Nous avons vu trop de sang, trop de violence. Nos cœurs se sont remplis aussi de peur et d’angoisse, tandis qu’un grand nombre de nos frères et sœurs ont dû s’enfermer pour se défendre contre les bombes. Nous avons du mal à croire que Jésus soit vraiment ressuscité, qu’il ait vraiment vaincu la mort. Serait-ce peut-être une illusion ? Un fruit de notre imagination ?

Non, ce n’est pas une illusion ! Aujourd’hui plus que jamais retentit l’annonce pascale si chère à l’Orient chrétien : « Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! » Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de Lui, au terme d’un Carême qui semble ne pas vouloir finir. Nous avons derrière nous deux ans de pandémie, qui ont laissé des traces profondes. Il était temps de sortir ensemble du tunnel, main dans la main, en rassemblant nos forces et nos ressources… Et au lieu de cela, nous démontrons qu’en nous il n’y a pas encore l’esprit de Jésus, il y a encore l’esprit de Caïn, qui regarde Abel non pas comme un frère, mais comme un rival, et pense à la façon de l’éliminer. Nous avons besoin du Crucifié Ressuscité pour croire en la victoire de l’amour, pour espérer en la réconciliation. Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de Lui, qu’il vienne parmi nous et nous dise encore : « La paix soit avec vous !».

Lui seul peut le faire. Lui seul a le droit de nous annoncer la paix aujourd’hui. Jésus seul, parce qu’il porte les plaies, nos plaies. Ses plaies sont deux fois les nôtres : les nôtres parce qu’elles Lui ont été faites par nous, par nos péchés, par notre dureté de cœur, par notre haine      fratricide ; et les nôtres parce qu’il les porte pour nous, il ne les a pas effacées de son Corps glorieux, il a voulu les garder en lui pour toujours. Elles sont un sceau ineffaçable de son amour pour nous, une intercession perpétuelle pour que le Père céleste les voie et qu’il ait pitié de nous et du monde entier. Les plaies dans le Corps de Jésus ressuscité sont le signe de la lutte qu’il a menée et vaincue pour nous, avec les armes de l’amour, afin que nous puissions avoir la paix, être en paix, vivre en paix.

En regardant ces plaies glorieuses, nos yeux incrédules s’ouvrent, nos cœurs endurcis s’ouvrent et laissent entrer l’annonce pascale : « La paix soit avec vous ! ».

Frères et sœurs, laissons la paix du Christ entrer dans nos vies, dans nos maisons, dans nos pays !

Qu’il y ait la paix pour l’Ukraine martyrisée, si durement éprouvée par la violence et par la destruction de la guerre cruelle et insensée dans laquelle elle a été entraînée. Qu’une nouvelle aube d’espérance se lève bientôt sur cette terrible nuit de souffrance et de mort ! Que l’on choisisse la paix. Que l’on arrête de montrer les muscles pendant que les gens souffrent. S’il vous plaît, s’il vous plaît : ne nous habituons pas à la guerre, engageons-nous tous à demander la paix, depuis les balcons et dans les rues ! Paix ! Que ceux qui ont la responsabilité des Nations entendent le cri de paix des gens. Qu’ils entendent cette question inquiétante posée par les scientifiques, il y a presque soixante-dix ans : « Allons-nous mettre fin à la race humaine, ou l’humanité saura-t-elle renoncer à la guerre ? » (Manifeste Russell-Einstein, 9 juillet 1955).

Je porte dans mon cœur toutes les nombreuses victimes ukrainiennes, les millions de réfugiés et de déplacés internes, les familles divisées, les personnes âgées restées seules, les vies brisées et les villes rasées. J’ai dans les yeux le regard des enfants devenus orphelins et fuyant la guerre. En les regardant, nous ne pouvons pas ne pas entendre leur cri de douleur, avec celui des nombreux autres enfants qui souffrent dans le monde entier : ceux qui meurent de faim ou par manque de soins, ceux qui sont victimes d’abus et de violences et ceux qui ont été privés du droit de naître.

Dans la douleur de la guerre, des signes encourageants ne manquent également pas, comme les portes ouvertes de nombreuses familles et communautés qui accueillent des migrants et des réfugiés dans toute l’Europe. Que ces nombreux actes de charité deviennent une bénédiction pour nos sociétés, parfois dégradées par tant d’égoïsme et d’individualisme, et qu’ils contribuent à les rendre accueillantes pour tous.

Que le conflit en Europe nous rende également plus attentifs face à d’autres situations de tension, de souffrance et de douleur, qui affectent trop de régions du monde et que nous ne pouvons, ni ne voulons oublier.

Qu’il y ait la paix pour le Moyen-Orient, déchiré par des années de divisions et de conflits. En ce jour glorieux, demandons la paix pour Jérusalem et la paix pour ceux qui l’aiment (cf. Ps 121 [122]), chrétiens, juifs et musulmans. Puissent Israéliens, Palestiniens et tous les habitants de la Ville Sainte, avec les pèlerins, faire l’expérience de la beauté de la paix, vivre en fraternité et accéder avec liberté aux Lieux Saints dans le respect réciproque des droits de chacun.

Qu’il y ait la paix et la réconciliation pour les peuples du Liban, de la Syrie et de l’Irak, et en particulier pour toutes les communautés chrétiennes qui vivent au Moyen-Orient.

Qu’il y ait la paix aussi pour la Libye, afin qu’elle trouve la stabilité après des années de tensions, et pour le Yémen, qui souffre d’un conflit oublié par tous, avec sans cesse de nouvelles victimes : que la trêve signée ces derniers jours puisse redonner espoir à la population.

Demandons au Seigneur ressuscité le don de la réconciliation pour le Myanmar, où perdure un scénario dramatique de haine et de violence, et pour l’Afghanistan, où les dangereuses tensions sociales ne s’apaisent pas et, où une crise humanitaire dramatique est en train de martyriser la population.

Qu’il y ait la paix pour tout le continent africain, afin que cessent l’exploitation dont elle est victime et l’hémorragie causée par les attaques terroristes – en particulier dans la zone du Sahel – et qu’elle rencontre un soutien concret dans la fraternité des peuples. Que l’Éthiopie, frappée par une grave crise humanitaire, retrouve la voie du dialogue et de la réconciliation, et que cessent les violences en République démocratique du Congo. Que la prière et la solidarité de manquent pas pour les populations d’Afrique du Sud orientale, touchées par des inondations dévastatrices.

Que le Christ ressuscité accompagne et assiste les populations d’Amérique latine, qui dans certains cas ont vu empirer, en ces temps difficiles de pandémie, leurs conditions sociales, exacerbées également par des cas de criminalité, de violence, de corruption et de trafic de drogue.

Demandons au Seigneur ressuscité d’accompagner le chemin de réconciliation que l’Église catholique du Canada réalise avec les Peuples autochtones. Que l’Esprit du Christ ressuscité guérisse les blessures du passé et dispose les cœurs à la recherche de la vérité et de la fraternité.

Chers frères et sœurs, chaque guerre porte en elle des séquelles qui impliquent toute l’humanité : des deuils au drame des réfugiés, à la crise économique et alimentaire dont on voit déjà les signes avant-coureurs. Face aux signes persistants de la guerre, comme aux nombreuses et douloureuses défaites de la vie, le Christ, vainqueur du péché, de la peur et de la mort, exhorte à ne pas s’abandonner au mal et à la violence. Frères et sœurs, laissons-nous vaincre par la paix du Christ ! La paix est possible, la paix est un devoir, la paix est la responsabilité première de tous ! »

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