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En attendant le rapport de la commission Sauvé, la Corref poursuit son travail de lutte contre les abus

Nicolas

La commission Sauvé a annoncé le 17 juin dernier, qu’elle ne rendrait pas son rapport sur les abus sexuels dans l’Eglise qu’à l’automne 2021. Un rapport très attendu pour ces préconisations notamment par la Conférence des religieuses et religieux en France.

Le confinement a interrompu l’enquête de la CIASE auprès des archives de diocèses et de congrégations religieuses. La commission a prolongé son appel à témoignages jusqu’au 31 octobre prochain. Ce rapport de la commission Sauvé est très attendu par l’Eglise de France et notamment par la Corref. La Conférence des religieuses et religieux en France travaille déjà sur les abus sexuels depuis quelques années mais attend beaucoup des préconisations de la Commission Sauvé.

Si des documents édités par la conférence des évêques de France, servent de base de travail, la Corref organise tous les trimestres une journée d’échanges et de réflexions autour de la question des abus avec les supérieurs majeurs et des victimes. « On n’a pas d’écrit plus particulier (que ceux de la CEF, ndlr) explique Sœur Anne-Marie Grapton, secrétaire générale de la Corref,  mais on a régulièrement des rencontres avec les responsables d’Instituts, les formateurs autour des abus. Abus sexuels mais aussi abus de confiance, abus spirituel, chaque trimestre, on a une journée avec des intervenants au niveau juridique, au niveau psychologique parce que notre objectif c’est que les Instituts ensemble, se conscientisent et prennent acte de ce qui s’est vécu avec toujours au cœur de nos rencontres la présence de personnes victimes. Ça a été une évolution depuis que l’on travaille. »

Les victimes d’abus sont, dans un premier temps, des témoins de ces rencontres,  « de plus en plus elles sont parties prenantes de nos travaux parce que c’est un chemin de conscientisation pour les Instituts, qui est très important. Quand on rencontre des personnes, quand on entend leur souffrance, il y a quelque chose qui se passe. C’est un travail qui nous fait avancer avec les personnes victimes. » constate Sr Anne-Marie Grapton.

La Corref a mis à disposition un document relativement substantiel, sur les aspects juridiques et canoniques. Le but ? Éclairer les supérieurs majeurs dans les démarches, les conduites à tenir face à des abus sexuels dont ils ont été saisis. D’une quinzaine de pages, il est régulièrement mis à jour, notamment avec les motus proprio du pape François.

Il y a toujours une question qui revient toujours, après chaque affaire, « comment éviter cela ? » s’interroge le père Mestre, secrétaire adjoint de la Corref. Dans la lutte contre ces abus sexuels, il en va aussi  de la question du discernement. L’affaire Preynat, Jean Vanier, les scandales récents ont montré des personnalités clivées : prêcheurs reconnus le jour, abuseurs la nuit. « Vraiment le discernement c’est quelque chose que l’on a à creuser » explique le père Achille Mestre, « je vous donne des réflexions qui sont les miennes, je n’engage pas particulièrement la Corref mais avec mon expérience et maintenant mon âge, je dirais que maintenant, c’est un sujet très important, très délicat et difficile parce qu’il n’y a pas de bonnes solutions qui s’imposent. Certains vont vous dire, on va demander des casiers judiciaires, ça c’est le minimum je dirais, on ne le fait pas partout. Mais on demande les casiers judiciaires, ça suppose qu’on ait été condamné, ça suppose que la condamnation soit sur le casier, donc c’est une garantie mais très relative. Après on vous dit « on peut aller voir un psychologue ». C’est une idée de faire un test psychologique, dans le passé, certains instituts religieux l’ont fait. Mais qu’est ce que ça donne ? c’est une question que nous entendons des psychologues eux-mêmes, qu’est-ce que ça donne face à des personnalités clivées ?  Ça c’est un problème, je ne suis pas psychologue mais certains ont des personnalités clivées, ils ont défrayé la chronique dans l’Eglise. Ils ont une vie du jour et une vie de la nuit, le jour ils sont parfaits, ils sont auprès du pape, des évêques et de tout le monde et puis la nuit, c’est du n’importe quoi. ». 

Si aujourd’hui il n’y a pas de « bonnes solutions« , la réflexion est donc lancée et sera à l’ordre de la prochaine rencontre. La Corref prépare d’ores et déjà, les Instituts, à accueillir ce rapport, sans doute lourd et douloureux, de la Commission Sauvé. Un rapport qui sera rendu à l’automne 2021 à la Conférence des évêques de France.

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