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Émission du 21 février 2018: Le rapport Taché et l’intégration des immigrés

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Le député Aurélien Taché a rendu ce lundi un rapport destiné à favoriser l’intégration des immigrés. Malgré les très mauvaises statistiques, le sujet n’était plus vraiment abordé par la classe politique.

Ce rapport m’a intéressé en tant qu’immigré, mais surtout en tant que Français. Les immigrés sont-ils bien intégrés en France ? Selon un récent sondage de l’IFOP, sept Français sur dix pensent que les immigrés ne s’intègrent pas. A droite comme à gauche, le consensus sur ce sujet est général. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.

Vous voulez dire que l’intégration des immigrés se passait mieux avant ?

Absolument. Je voudrais citer à ce propos Christophe Dumont, responsable de la Cellule immigration à l’OCDE. Il dit que « parmi les personnes arrivées en France entre 2009 et 2014, un tiers seulement a pu trouver un emploi. » Cela veut dire que deux tiers d’entre eux vivent des aides de l’Etat. C’est extrêmement gênant. Car s’il n’y a pas de travail pour eux, et il n’y en a pas, pourquoi viennent-ils ? En plus, « ceux qui sont sans emploi en sont très éloignés », je cite encore Christophe Dumont. Autrement dit, ils ne sont pas prêts d’en trouver. M. Dumont parle d’une période récente, 2009-2014, mais la situation est en réalité endémique. Avant, les immigrés s’intégraient mieux, parce qu’ils venaient pour travailler. Aussi, leurs enfants s’en sortaient mieux, grâce à l’école, qui atténuait encore les inégalités sociales. Alors qu’aujourd’hui l’école accroit les inégalités sociales.

Vous voulez dire que le problème d’intégration vient de l’école ?

Pas pour les parents. Pour les parents, c’est l’absence de travail, mais pour les enfants, oui, c’est l’école. Il faut savoir que 24% d’enfants d’immigrés sortent sans le moindre diplôme du système éducatif. Et dans les populations d’origine africaine le taux d’échec oscille entre 30% chez les filles et 39% chez les garçons. C’est absolument énorme ! En plus, ces jeunes habitent dans leur majorité dans ce qu’on appelle souvent « zones de non droit ». Dans ces conditions, leurs chances d’intégration sont minimes.

Oui, mais vous savez très bien que ces jeunes se disent discriminés.

Cette mise en avant de la discrimination date de 1998. C’est Martine Aubry qui a jugé que la lutte contre la discrimination était plus importante que la lutte pour l’intégration. En 2015, devant les problèmes indéniables posés par les lois Aubry, Jean-Marc Ayrault a noyé la question de l’intégration dans le débat sur la laïcité. Ces postulats démagogiques, et biens d’autres encore, ont mené au désastre dans lequel nous sommes.

Depuis des années, on nous bassine avec la lutte contre les discriminations, avec l’égalité des chances, avec la promotion de la diversité, mais plus personne ne parle d’intégration. Vous savez pourquoi ? Parce que l’intégration est une exigence et un effort.

Il fut une époque, où la France savait le faire. Un Français sur cinq, il faut le savoir, est immigré ou enfant d’immigrés. Les Italiens, les Espagnols, les Polonais ou les Portugais commençaient par vivre dans l’insalubrité, puis s’intégraient rapidement par le travail. Aujourd’hui, non seulement il n’y a pas de travail, mais la pression migratoire n’a jamais été aussi forte.

Il s’agit donc d’un cercle vicieux dont il faudra un jour sortir. Mais personne ne sait encore, comment ?

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