Un Jour, une Idée

Podcasts

14 février 2018 : Le scandale de l’Oxfam

un jour une idée

La chronique de Victor Loupan, journaliste.

Le scandale autour des agissements de l’ONG mondiale Oxfam est à la une des journaux du monde. Pour vous, il s’agit d’autre chose que d’un scandale sexuel.

Une petite explication d’abord. Oxfam est la plus grosse association caritative au monde. Chaque fois qu’il y a une catastrophe naturelle ou une famine dans un pays pauvre, Oxfam est au premier rang pour apporter son aide aux populations souffrantes. Or, le journal Times, fleurons de la presse britannique, accuse la célèbre ONG de pratiques intolérables. En 2010-2011, en Haïti où Oxfam était présente suite au terrible tremblement de terre qui a frappé l’île, ses membres s’adonnaient dans des villas de luxe à des orgies avec des jeunes femmes haïtiennes, souvent mineures. Dire qu’il s’agissait de prostituées serait injuste. D’ailleurs la prostitution est interdite en Haïti. Il s’agissait plutôt de pauvres jeunes femmes qui se sacrifiaient pour subvenir aux besoins de leurs familles. Dans le monde de l’action humanitaire, le scandale est énorme, car il ne s’agit pas de la faute de quelques individus isolés.

De quoi s’agit-il alors ?

Un autre grand journal britannique, The Independent, enfonce le clou en disant que les révélations du Times ne sont que « que la partie immergée de l’iceberg ». Je cite : « Oxfam est loin d’être seule dans les accusations de harcèlement, de viols et de viols d’enfants. » Fin de citation. Aussi, nous découvrons un rapport du Service national de renseignements criminels du Royaume-Uni, rapport datant de 1999, qui dit, je cite toujours, que « l’ampleur du problème des pédophiles dans le monde de l’aide humanitaire est comparable à celle du tourisme sexuel. » Fin de citation. C’est énorme !

Par-delà l’aspect, disons, criminel du scandale, ce qui frappe ici, c’est le rapport marchand au corps de l’autre. L’autre étant toujours l’enfant pauvre et la femme pauvre. Les humanitaires, comme nous le voyons, achètent les corps des pauvres en détresse qu’ils sont sensés aider, pour satisfaire leur perversité sexuelle. Ils le font sans égard pour l’âme des être humains qu’ils consomment et jettent ensuite. Hélas, cette attitude ne se limite pas au sexe ou au viol.

Vous voulez dire que le problème est bien plus vaste ?

Absolument. Car que font les couples d’hommes quand ils paient une femme inséminée artificiellement, comme si elle était un animal de ferme, destiné à mettre bas ? Qui s’occupe de ce qui se passe dans le cœur de cette pauvre femme qui vit dans la misère dans un pays lointain, quand on lui enlève un enfant qu’elle a porté en elle pendant neuf mois ? Personne. Ces hommes riches savent que leur sexualité est stérile, mais ils placent leur caprice au-dessus de toute autre considération.

Les pères de l’Eglise déjà disaient que le sexe sans amour est fruit de l’orgueil. En ce sens, les humanitaires consommateurs de chair fraiche et les hommes qui s’adonnent à la GPA procèdent de la même logique : ils consomment leur prochain. Ils se servent du pouvoir de l’argent pour résoudre leurs petits problèmes psycho-affectifs, en déshumanisant les dominés. Surtout ceux des pays lointains.

Certains affirment, Louis, qu’il s’agit là d’une forme post-moderne de colonialisme. Je ne le crois pas. Car le colonialisme était porteur d’un discours progressiste et civilisateur, qu’on peut certes critiquer, mais qui est un fait. Alors qu’ici nous sommes face à une noirceur qui dit bien plus sur l’état réel de nos âmes que tous les discours lénifiants sur les progrès de l’humanité.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *