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13 juin 2018 : Changement de paradigmes

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La chronique de Victor Loupan, journaliste

Vous voulez nous parler aujourd’hui d’un changement de paradigmes. De quoi s’agit-il ?

Eh bien, Louis, il s’agit de trois événements historiques qui changent le cours des choses. Et qui se sont tous produit en une semaine. Je pense, en premier lieu, à la conclusion de la réunion du G7. Puis, à la rencontre entre Trump et Kim-Jong un. Et, troisièmement, au refus par l’Italie de laisser accoster un bateau rempli de migrants. Ces trois événements représentent un changement de paradigme. Autrement dit, un basculement radical.

Commençons par le G7. En quoi est-ce un changement de paradigme ?

Parce qu’il sonne le glas du concept même « d’Occident ». Concept issu de la guerre froide et qui avait un sens tant que la menace soviétique existait. Les Etats-Unis avaient alors besoin de l’Europe, dans le cadre global de la guerre froide. C’est pourquoi, ils finançaient la défense européenne.

Cela fait bien longtemps que les stratèges américains pensent que cela suffit. Trump concrétise donc une option stratégique. N’ayant plus besoin d’alliés issus de la guerre froide, les Etats-Unis veulent les obliger à servir les intérêts américains. Au nom du rapport des forces, tout simplement. Les Etats-Unis signifient à l’Union européenne, au Japon et au Canada qu’ils sont leurs concurrents. Et leurs débiteurs ! C’est un moment de vérité. D’où le désarroi des pays de G7 qui pensaient naïvement pouvoir discuter d’égal à égal avec une puissance hégémonique telle que les Etats-Unis.

Et la rencontre Trump – Kim-Jong un ?

Cette rencontre est plus spectaculaire encore, dans le contexte de l’échec du G7. Pays pauvre et infréquentable, la Corée du Nord sort de son isolement. Grâce à son ennemi juré, les Etats-Unis,.

Etats-Unis qui s’affirment, par la même occasion, comme un acteur incontournable en Asie et dans la zone pacifique. D’où la Chine et la Russie veulent les évincer. Or, la Corée du Nord est un allié historique de la Chine et de la Russie. D’où le caractère absolument spectaculaire de cette rencontre.

En dynamitant le G7 et en légitimant la Corée du Nord, les Etats-Unis s’affirment, une fois de plus, comme une puissance qui soumet tout à ses intérêts nationaux.

Elle privilégie désormais l’Asie à l’Europe et le Pacifique à l’Atlantique.

Pour nous autres, Européens, le réveil est brutal.

Dans ce contexte, l’affaire du bateau de migrants paraît anecdotique.

En apparence seulement ! Car le refus du gouvernement italien montre que ce qu’on appelle pudiquement « crise migratoire » n’est pas une fatalité. Il qu’il suffit d’un peu de volonté politique, pour que le trafic d’êtres humains à grande échelle s’en trouve perturbé.

Les bateaux accostaient en Italie, parce qu’ils pouvaient le faire. Là, apparemment, « L’Aquarius » va se diriger vers un port espagnol, à 1300 kilomètres des côtes italiennes. Les mafias qui gèrent le trafic vont devoir augmenter leurs prix. Les choses se compliquent, donc. Or, dans le système capitaliste, tout ce qui n’est pas pratique et immédiatement rentable, cesse d’exister.

Plus aucun pays d’Europe ne veut accueillir ces migrants qui dépensent des sommes folles pour venir chez nous. Jusqu’ici, les gouvernements européens se déclaraient impuissants. Comme s’il s’agissait d’une sorte de tsunami, que nul ne pouvait arrêter. Or, nous voyons que ce n’est pas vrai.

Le refus du gouvernement italien de se laisser faire est bien un changement de paradigme. L’idéologie de l’impuissance est battue en brèche par la volonté populaire. D’élection en élection, les peuples se révoltent en votant pour ceux, de droite ou de gauche, qui refusent le système.

Les événements italiens vont encore accentuer cette tendance.

Voilà ce que je voulais vous dire aujourd’hui.

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