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Émission du 2 juillet 2018: Le petit-déjeuner

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Vous voulez nous parler ce matin d’un moment très important dans la journée qui est le petit-déjeuner. Et en cette veille de vacances, on ne saurait trop recommander de redécouvrir se s vertus et ses plaisirs…

Je voudrais vous parler du rituel du petit-déjeuner, de son plaisir, de ce Breakfast, premier repas du matin si important pour les Britanniques et qui l’est tout autant pour les familles françaises, quoi que bien souvent, certains le négligent, à commencer par les enfants qui curieusement ne le jugent pas si important que cela… En fait, je voudrais simplement vous dire ce que je ressens quand par exemple l’on commande un petit-déjeuner lorsqu’on est à l’hôtel et que l’on se réjouit de commander tout ce que l’on ne mange pas d’habitude chez soi car l’on est trop pressé ou trop paresseux ou bien tout simplement car l’on ne peut avoir chez soi tout à disposition. Ainsi, la semaine dernière, au Grand hôtel de St-Jean-de-Luz, alors qu’on venait de m’apporter un plateau vers 8 heurs et que je m’apprêtais à prendre mon petit déjeuner sur la terrasse face à la mer, je m’aperçus que la serveuse avait commis l’erreur fatale. Omission ou simple réflexe ? Elle avait disposé sur le plateau un thermos d’eau chaude mais pas de théière. Vous avouerez que glisser un ou deux sachets de thé dans un thermos au goulot très étroit relève de l’acrobatie. Bref, je compris très vite que la serveuse n’était certainement pas une buveuse de thé, sinon elle aurait compris tout le plaisir qu’on a à laisser infuser son thé dans une théière en porcelaine, que je réclamais aussitôt en appelant le room-service.

Autre petit plaisir du petit-déjeuner : le choix de la viennoiserie, des confitures et du miel.

Certes. Généralement, sur un plateau de petit-déjeuner d’hôtel, digne de ce nom, est disposée une corbeille avec un choix de viennoiseries : croissants, brioches, pain au chocolat et pain au raisin d’une fraîcheur irréprochable. Souvent, ce sont des achats extérieurs et bien trop peu souvent, ce sont des produits cuits sur place, du fait maison, tout comme le pain, baguette, baguette aux céréales ou pain de campagne. Évidemment, des pains bien croustillants, à la mie alvéolée et à la croûte bien cuite, le secret d’un bon pain étant sa cuisson lente…. Malheureusement, côté confitures et miels on est très souvent déçu car l’on vous apporte de petits pots industriels, sans saveurs et vous n’avez jamais le bon fruit. Vous rêvez d’une marmelade d’orange et vous vous retrouvez avec une confiture d’abricot très ordinaire… Vous êtes en Savoie et vous aspirez à découvrir un miel de sapin savoureux et patatras, on vous colle un mauvais miel de bruyère. Mais de temps en temps, ô miracle voici un florilège de deux ou trois miels d’un petit producteur que l’hôtel chouchoute et qui trône sur le buffet dans la grande salle à manger pour le bonheur de tous…

Un livre à recommander dans lequel on parle de petit-déjeuner ?

J’ai retrouvé il y a deux jours un livre délicieux que j’avais commandé l’été dernier sur le net, signé de cet ancien chroniqueur du Figaro, très dandy, James de Coquet, paru en 1978 aux éditions Jean-Claude Simoën : Lettre aux gourmets, aux gourmands, aux gastronomes et aux goinfres sur le comportement à table et dans l’intimité. Il y parle du petit-déjeuner qu’il appelle joliment « ce petit repas fait pour rompre le jeûne du dormeur ». Et voici ce qu’il écrit à propos de la marmelade : « Il y a marmelade et marmelade. Les Anglais n’ont pas tellement d’imagination culinaire. Je ne sais pas qui a dit d’eux : « Ils mettent tout dans leur assiette et font la cuisine dans leur bouche ». En revanche, ils sont les rois de la marmelade d’oranges. Ils dosent son amertume grâce à des fruits de telle ou telle provenance. Ils modifient sa texture par la coupe, par l’abondance ou la rareté de l’écorce. Enfin, ils marient l’orange à des mandarines, à des pamplemousses. Ils font même des ménages à

trois. » Le plus drôle c’est quand Coquet parle du plateau en ces termes : « Les différents éléments de votre petit déjeuner ont été disposés avec la même rigueur que les forces chrétiennes à la bataille de Lépante, ce qui leur a permis de vaincre les Barbaresques. La tasse doit occuper l’angle avant droit. Il est l’échelon avancé, soutenu par la théière placée sur ses arrières. À leur gauche, le beurrier, le confiturier, et tout ce qui est beurrable et confiturable. Sous la tasse à thé, j’aperçois une petite assiette grâce à laquelle vous allez pouvoir beurrer et garnir vos tartines. »

Une autre fois, cher Louis, je vous parlerai des oeufs à la coque et de la salade de fruits….

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