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31 janvier 2021 : On peut monter ou descendre sur l’échelle de la gratuité selon le but que nous fixons à notre vie

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Bonjour à tous. On peut monter ou descendre sur l’échelle de la gratuité selon le but que nous fixons à notre vie. Sommes-nous prêts à donner notre vie ? C’est là la question fondamentale.

Car soit on considère en effet que la vie est notre propriété, et dans ce cas, comme le note l’abbé Grosjean : « on en fait ce que l’on veut, jugeant que l’on n’a de compte à rendre à personne (…) en étant son propre dieu ! (…) pour ne rien lui devoir et surtout n’avoir rien à recevoir de lui.»[1] La  gratuité est réduite alors à un simple moyen d’accomplir ses aspirations personnelles, en pensant que l’on n’a de compte à rendre à personne, en n’ayant rien à recevoir de Dieu lui-même. Dans ce cas, comme le note l’abbé Grosjean, « L’homme se prend pour Dieu et se comporte comme un propriétaire »[2]. Soit on considère comme le note l’abbé Grosjean, « que la vie est un don, et si on est croyant, un don de Dieu (…) nous nous découvrons intendants et non propriétaires. L’intendant sait qu’il prend soin de quelque chose qui ne lui appartient pas et qui lui a été confié. Le Maître compte sur lui et lui fait confiance pour que cette parcelle de vigne porte du fruit (…) » [3] Alors la gratuité vous voyez dans ce cas est un moyen de rendre grâce, surtout si on croit que la gratuité est un don de Dieu pour participer à la vie de Dieu.

Saint Thomas d’Aquin[4]  proposait de centrer ces questions sur la notion de béatitude future [5] :  alors soit l’homme satisfait son attrait pour la volupté, et voit la gratuité comme un marché qui lui permet de s’enrichir ou de se faire plaisir, sans se confier à Dieu. Soit l’homme satisfait son attrait pour la contemplation de l’action charitable de Dieu, et alors il se donne lui-même gratuitement en s’appuyant sur la Providence Divine. Quoi qu’il en soit de nos propres choix, dans cet occident post chrétien qui méprise les pauvres qui ne rapportent rien, nous retrouvons nécessairement en bas de cette échelle les ennemis de Dieu qui combattent l’Évangile de la gratuité. Un peu plus haut, se trouvent les chercheurs de Dieu, qui sans connaître Dieu, sont attirés par la miséricorde pour leur prochain et se donnent eux même. Et plus haut, se retrouvent nécessairement les amis de Dieu, qui donnent par amour cette vie qu’ils ont reçue par amour, témoins courageux du Christ qui ne pensent pas à ce qu’ils gagnent eux, mais à ce que gagne le Seigneur.

 

Et bien chers amis, et d’ici à Dimanche prochain, demandons-nous si nous sommes-nous prêts à donner notre vie. C’est une question bien difficile ! Alors voulons nous participer au moins au renouvellement de cette terre ? Car à chaque fois que descend la gratuité sur cette terre, à travers nos actes, à travers nos paroles, c’est-à-dire l’Esprit Saint lui-même qui agit en Dieu et par nous, nous pouvons voir les ennemis de Dieu monter sur cette échelle et devenir des chercheurs de Dieu, et les chercheurs de Dieu gravissent des échelons supérieurs et deviennent des amis de Dieu, et les amis de Dieu atteignent le sommet tant désiré de la perfection de la sainteté, c’est-à-dire de la gratuité du don de soi.

 

[1] GROSJEAN Pierre-Hervé, Donner sa vie, Artège, 2018, p.17-19

[2] Pierre-Hervé Grosjean, Donner sa vie, Artège, 2018, p. 19

[3] GROSJEAN Pierre-Hervé, Donner sa vie, Artège, 2018, p.21

[4] Dans le traité des actes humains de la somme théologique

[5]« Les uns ont mis la béatitude dans la vie voluptueuse, d’autres l’ont placée dans la vie active, d’autres dans la vie contemplative» Ia-IIae Q69 art3, conclusion

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