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29 mars 2020 : Pourquoi inviter les pauvres, les estropiés, les boiteux, et les aveugles à nos réceptions – partie I

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Bonjour à tous ! L’Occident postchrétien tel que nous l’avons connu s’effondre. Et il a jeté par-dessus bord l’unique remède qui pourrait le sauver. Car en s’agrippant à tout prix au mensonge du matérialisme qui s’oppose à la foi chrétienne en promettant sur terre un bonheur introuvable, à l’hypocrisie de l’humanisme athée qui s’oppose à la charité en faisant du bien à son prochain à condition d’y trouver son intérêt, à l’illusion du relativisme moral qui a détruit l’espérance chrétienne, l’Occident s’est précipité dans la tombe qu’il a creusé lui même. Peut on vraiment parler ainsi ? N’est ce pas exagéré ? Le verdict de l’histoire est pourtant sans appel comme l’a remarquablement documenté le père William J. Slattery « l’Occident s’est tragiquement condamné lui même, et il n’apparaît pas qu’il soit récupérable» [1] car il aura « bientôt achevé de détruire jusqu’à l’esprit chrétien qui seul consolidait ses fondations » [2]

En ouvrant les évangiles, on redécouvre que le Christ a été très clair « Quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes ».[3] Or justement, l’Occident actuel s’effondre car il s’est coupé de la pensée de la vie future avec Dieu telle que nous l’aurons préparée sur terre[4]. Ainsi, on ne veut plus entendre parler de la souffrance subie mais acceptée, d’un enfant non désiré ou diagnostiqué avec un handicap comme un chemin de vie surnaturel, ou d’une fin de vie terrestre que l’on ne choisit pas soi même quand cela nous convient. Mais en lisant la vie des saints, nous le savons bien, une autre voie reste encore possible pour se sauver soi même, et peut être refonder l’Occident : celle de la logique divine de la gratuité et du don de soi désintéressé, transmise par la foi catholique.

Ah vous savez, en pratique, si l’on supprimait définitivement le reste d’institutions religieuses catholiques qui invitent à contre courant les pauvres à leur table gratuitement, soignent leurs plaies répugnantes et infectes sans se faire payer, gardant en vie les enfants lourdement handicapés et accompagnant dignement la fin de vie des personnes, bien souvent dans des conditions sanitaires effroyables et au risque de leur propre vie, sans l’assistance d’un système de santé public ou privé performant,  l’on verrait un grand nombre de pays en voie de développement sombrer tout à fait dans le chaos et la misère la plus totale.

 

 

 

Alors, en pratique, méditons cette semaine cette leçon de vie transmise par Saint Bède qui nous rappelle, pendant que ce monde vacille, que les relations sociales naturellement intéressées mais qui ne font de mal à personne ne sont pas dénoncées comme un crime par le Christ mais « sont de nul prix pour obtenir les récompenses de la vie céleste. »[5] Le temps presse, nous ne savons pas quand nous allons mourir. Et comme Saint Jean Chrysostome l’a enseigné, « si au contraire vous invitez les pauvres, vous aurez pour débiteur Dieu, qui ne vous oubliera jamais » [6]

[1] Cf P. William J. Slattery « Comment les catholiques ont bâti une civilisation » Mame, 2020, p. 347

[2] Cf P. William J. Slattery « Comment les catholiques ont bâti une civilisation » Mame, 2020, p. 347

[3] Cf (Lc XIV, 13-14)

[4] Relisez le chapitre XXV de l’évangile en saint Matthieu sur ce point

[5] Saint Bède, commentaire de (Lc XIV, 13-14) cité par saint Thomas d’Aquin dans Catena Aurea

[6] Saint Jean Chrysostome, commentaire de (Lc XIV, 13-14) cité par saint Thomas d’Aquin dans Catena Aurea

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