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24 janvier 2021 : On peut distinguer différents degrés de gratuité en fonction de la joie qu’elle occasionne – partie II

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Bonjour à tous. On peut distinguer différents degrés de gratuité en fonction de la joie qu’elle occasionne. Poursuivons notre réflexion qui nous a fait découvrir le premier degré de gratuité, un niveau égocentrique où l’on donne pour avoir, pour recevoir en retour une contrepartie [1]. C’est un point de départ qui invite à progresser sur un chemin qui nous conduit vers le second degré de gratuité, celui de donner par devoir. La joie ressentie ici vient de la joie que l’on a donnée parce que l’autre l’avait perdue. La recherche du bien d’autrui est devenue première. On peut parler d’une gratuité tout à fait humaine ici : c’est un niveau résolument altruiste, parfois héroïque et édifiant. Il reste cependant difficile de discerner la source réelle de cette joie parce qu’elle peut être multiple : on peut aimer l’acte lui-même, et même la fonction et le sens du devoir, on peut aimer la personne pour qui on dévoue sa vie, on peut aussi aimer le don de soi en tant que tel à ce niveau. Mais il faut noter qu’à ce degré de gratuité, si on a besoin de l’autre, on n’éprouve pas forcément le besoin de Dieu pour faire le bien. Face aux difficultés, ceux qui en restent à ce second degré d’une gratuité par devoir s’interrogent : comment persévérer à faire le bien lorsque l’on n’en retire plus assez d’intérêt ni aucun plaisir ? La joie peut disparaître en effet, et avec elle, la gratuité peut redescendre à un don pour avoir.

 

Il y a donc nécessairement un troisième degré de gratuité, où la joie que l’on ressent est devenue indépendante du service que l’on pratique, et même de la personne que l’on sert et à qui on se donne gratuitement. C’est le degré du don par amour. La joie comme le don ne dépendent plus du type de bien que l’on réalise : poser un acte gratuit ou un autre à ce niveau donne une joie jusque-là inconnue. C’est une joie permanente très profonde qui dépasse les capacités naturelles. Les religieuses et les prêtres qui donnent leur vie aux pauvres là où justement le monde ne va pas où se retire en sont les témoins : on a forcément besoin de Dieu pour persévérer dans le don de soi lorsque l’on n’en retire non seulement aucun intérêt ni plus aucun plaisir, et que l’on doit plutôt affronter l’adversité sans aucune gloire, bien souvent dans l’indifférence et l’ingratitude la plus générale.

 

Oh alors chers amis, et d’ici à Dimanche prochain, retenons déjà que la gratuité est une échelle à plusieurs degrés, un chemin de vie qui nous invite à faire l’expérience de plusieurs degrés de rencontre : la rencontre avec soi-même au premier degré, la rencontre avec l’autre au second degré, la rencontre avec Dieu au troisième degré. Car là où est la vraie gratuité associée au don de soi désintéressé, même si nous ne le savons pas, Dieu est là.

 

[1] Voyez la chronique de la gratuité du 17 janvier 2021 « On peut distinguer les différents degrés de gratuité en fonction de la joie qu’elle occasionne – Partie I »

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