Osons la gratuité

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21 février 2021 : La gratuité est ce qui permet à l’homme de participer sur terre à la vie de Dieu – partie II

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Bonjour à tous. La gratuité est ce qui permet à l’homme de participer sur terre à la vie de Dieu. Poursuivons notre réflexion de Dimanche dernier[1] en notant que l’espérance était l’élan vital des moines comme des premiers saints qui sont venus apporter l’évangile en Occident. L’espérance fut en France la devise des Bourbons mais également celle de tant de personnes inconnues et de modeste condition. Et l’on pourrait dire, qui que nous soyons, que la vertu d’espérance qui imprègne toute la culture Occidentale est appelée à devenir le souffle de notre propre vie dans ce siècle de l’apparente défaite de la gratuité contre la cupidité[2]. Pourquoi ? Parce que comme le rappelait Benoît XVI, « on pourrait dire que l’homme est vivant tant qu’il attend, tant que l’espérance est vivante en son cœur. C’est à ses attentes que l’on reconnaît l’homme : notre « stature » morale et spirituelle peut être mesurée à partir de ce que nous attendons, de ce en quoi nous espérons »[3] . Pratiquer la gratuité là où le monde cherche à se faire payer de tout, c’est donc, en un mot, accepter de changer de culture. C’est plus exactement retrouver le chemin d’une nouvelle culture. Une contre-culture au matérialisme athée actuel et à l’oubli de la gratuité et du don de soi désintéressé, caractérisée par la foi, l’amour et l’espérance qui animaient les premiers disciples de Jésus-Christ il y a deux mille ans. Vous savez, il suffit de lire la vie des saints à des enfants pour transmettre cette contre-culture et avoir le désir de la pratiquer soi-même. Leurs vies, leurs actes, le don d’eux même nous permet de ressaisir la toile de fond plus large de l’action gratuite de Dieu dans le monde à travers les saints. Mais vous me direz, qu’est-ce qu’un saint finalement ? Et bien, c’est un ami de Dieu. Et puisque « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » comme le dit l’évangéliste Saint Jean [4], on peut dire que le saint est celui qui atteint la perfection de l’amour en ressemblant à Dieu par le don de soi gratuit, sans poser de condition, sans chercher son intérêt, dans le quotidien parfois banal de ses devoirs.

Et bien chers amis, d’ici à Dimanche prochain, ne nous étonnons pas alors si la gratuité authentique a été corrompue, jusque dans l’église elle-même parfois, par une bienfaisance humaniste de ceux qui posent leurs conditions et attendent des contreparties pour faire du bien. Osons proposer la vie des saints au sein des réalités parfois toutes simples de nos vies, c’est ainsi que nous retrouverons les braises de la charité issue du catholicisme, et que nous pourrons nous réconcilier avec Dieu. Telle est notre intuition, telle est notre intention dans ces chroniques de la gratuité sur Radio Notre Dame. Et vous savez, les saints nous encouragent à faire plus. Ils nous invitent à offrir l’effort de notre gratuité par amour pour Jésus, pour réparer les outrages, les sacrilèges et l’indifférence dont la gratuité de son amour est elle-même offensée. Oh vous savez, cette gratuité-là a le goût de la vie éternelle, elle sent déjà la bonne odeur de la résurrection.

[1] Voyez la chronique ‘Osons la gratuité’ du 14 février 2021 « La gratuité est ce qui permet à l’homme de participer sur terre à la vie de Dieu – partie I »

[2] Au sens de désir immodéré de gains et de richesse comme le souligne les dictionnaires. Rappelons que le latin classique cupiditas renvoie au désir, à l’envie et à la passion, à l’avidité d’argent, tandis que gratis que l’on traduit par « gratuitement, pour rien » est dérivé du grec δωρεαν , dont le substantif δωρov a donné donum en latin, traduit par don. Or le grec désigne le don par un autre substantif, χαρισμα , qui signifie le don mais aussi le charisme, et qui dérive lui-même de χαρισ, que l’on peut traduire tout à la fois par grâce, don de Dieu, faveur. Ainsi, la langue grecque a gardé la mémoire que parler de la gratuité au plan matériel comme une faveur, c’est parler au plan moral du don, et que parler du don, c’est parler au plan religieux de Dieu et de sa grâce.

[3] Cf Benoît XVI, Angélus du Ier Dimanche de l’Avent, 28 novembre 2010

[4] Cf (1 Jn IV,8)

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