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18 octobre 2020 : La gratuité issue du catholicisme s’est diluée dans les mensonges et les fausses promesses de l’humanisme athée

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Bonjour à tous. Nous avons vu que le désintéressement  des premiers évangélisateurs de la Gaule constituait comme un abrégé vivant de l’évangile[1]. Mais malheureusement, le message de la gratuité, issu du catholicisme, s’est progressivement dilué dans les mensonges et les fausses promesses du monde occidental actuel, un royaume éphémère, dominé par un matérialisme sans éthique qui méprise les pauvres et les malades qui ne rapportent pas assez, et abandonne désormais ceux qui ne rapportent rien.

De fait, l’émerveillement des débuts pour le désintéressément des évangélisateurs fut progressivement mêlé à de nombreuses hostilités envers le christianisme, souvent là où d’ailleurs il n’avait pas été à la hauteur de sa mission. Mais vous savez, comme le notait déjà Saint Augustin, à la veille de la chute de l’Empire romain d’Occident, deux formes d’amour s’enchevêtraient déjà dans l’humanité en devenir : « Deux amours ont fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste»[2].  Puis au Moyen âge, les Seigneurs, catholiques pour la plupart, avaient embrassés l’idéal de la chevalerie, mais un grand nombre ne traitait plus les populations placées sous leur protection avec l’amour qui authentifie la foi catholique. Après le XIIIè siècle, une opposition croissante et frontale se développa dans les milieux intellectuels, économiques et politiques contre la gratuité, qui est le cœur de l’évangile, car elle contredisait les principes de l’humanisme athée issu de la Renaissance. On a oublié que la réforme menée par Martin Luther puis la Révolution Française ont conduit en pratique à un affaissement considérable de la pratique de la charité. Le relativisme moral et religieux a depuis  remplacé l’appel à la sainteté des évangélisateurs de l’Europe. À des siècles de distance de la charité des apôtres, la conception occidentale et postmoderne d’une fraternité humaine onusienne débarrassée de la foi en Jésus Christ et non fondée sur une réponse d’amour pour le don de sa vie sur la Croix pour l’humanité est absolument contraire à l’évangile. Face à l’oubli très actuel de la gratuité, et s’il ne s’agit pas de nier les contributions essentielles des cultures juives, grecques et romaines, germaines et arabes à la culture occidentale, il est urgent de rappeler la contribution décisive des grands évangélisateurs issus du catholicisme. Ils ont en effet bâti et transmis la culture du don de soi désintéressé issue de la foi : comment la civilisation occidentale a-t-elle pu oublier à ce point ce qu’elle doit à l’Église Catholique ?

Alors chers amis, en pratique et d’ici à Dimanche prochain, ne renonçons pas à chercher la vérité sur le rôle fondateur que la gratuité issue du catholicisme a eu sur la formation de la civilisation occidentale, car comme le note le père William J. Slattery « à tel point que l’on peut conclure ceci : que l’Église catholique en fut l’architecte, la bâtisseuse, et qu’elle lui fit incarner la vision et les valeurs chrétiennes au travers des institutions originales qu’elle créa en Europe » [3]

[1] Voyez la chronique du 4 octobre 2020 « La gratuité des premiers évangélisateurs de la Gaule a entraîné les premières conversions»

[2] Cf Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV, XXVIII

[3] Cf P. William J. Slattery « Comment les catholiques ont bâti une civilisation » Mame, 2020, p. 23

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