Osons la gratuité

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14 février 2021 : La gratuité est ce qui permet à l’homme de participer sur terre à la vie de Dieu – partie I

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Bonjour à tous. La gratuité est ce qui permet à l’homme de participer sur terre à la vie de Dieu. Nous avons vu Dimanche dernier[1] que l’antique gratuité désintéressée issue du catholicisme a été corrompue et remplacée en Occident par une bienfaisance humaniste qui cherche son intérêt en faisant du bien. En reprenant les mots du discours de Benoît XVI au collège des Bernardins [2], il apparaît clairement que les monastères sont, avec les couvents de religieuses immergés dans les bidonvilles, des espaces où survivent l’antique culture, celle du don de soi désintéressé. Cette culture a-t-elle disparue ? Peut-on en retrouver les traces ?

En observant la prière continue des contemplatifs monter vers Dieu, le don de soi des religieuses dans le service des moribonds abandonnés parce qu’ils ne rapportent rien, nous pouvons nous demander : cette culture de la gratuité exprimée par la prière et le don de soi désintéressé évoque-t-elle pour nous encore quelque chose ou n’y rencontrons-nous qu’un monde désormais révolu ?

Cette question interroge les consciences et peut nous aider à retrouver le chemin de la culture de la gratuité authentique car, comme le notait saint Jean Paul II, « la mémoire est la faculté qui modèle l’identité des êtres humains tant personnel que collectif.» [3] Vous savez, à chaque fois que l’homme contemporain oublie la gratuité de l’amour dont les religieux et religieuses aiment Dieu et servent les pauvres, il oublie l’amour gratuit dont il est lui-même aimé de Dieu et dont il doit aimer son prochain. Ce faisant, l’homme privé de ce précieux patrimoine religieux et culturel est progressivement privé de son identité, et ne peut donc plus trouver le sens de la vie. En ce sens, vous savez, il est urgent de pousser les portes des monastères et des couvents pour permettre à l’homme de retrouver sa propre identité, mais aussi le sens de sa propre vie en tant qu’être fait pour le don.

Comment faire comprendre cela ? Pour retrouver la vérité sur l’homme, les moines pensaient qu’il fallait revenir à la gratuité de l’amour de Dieu pour l’homme, à la notion même de gratuité comme réponse libre à la « vocation de l’homme à vivre en communion avec Dieu.» [4] La vie monastique est une tradition millénaire fondée sur la conception anthropologique chrétienne pour laquelle l’homme est la « seule créature sur terre que Dieu a voulu pour elle-même, » de telle sorte que, comme l’enseigne le catholicisme « il y a une certaine ressemblance entre l’union des personnes divines et celle des fils de Dieu dans la vérité et dans l’amour. Cette ressemblance montre bien que l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même » [5]

Et bien chers amis, d’ici à Dimanche prochain, retenons que la gratuité est ce qui permet à l’homme de participer sur terre à la vie de Dieu. Vivre non pas en se prenant pour Dieu et en tentant de se sauver tout seul, vivre non pas en faisant du bien à son prochain en cherchant à son intérêt au passage, mais espérer au contraire être sauvé par Dieu sans autre raison que celle de l’amour gratuit que Dieu nous porte.

[1] Voyez la chronique ‘Osons la gratuité’ du 7 février 2021 «  En apparence la gratuité est partout dans ce monde, mais la mémoire de la véritable gratuité est en train de disparaître »

[2] Benoît XVI, Discours au monde de la culture, Collège des Bernardins, Paris, vendredi 12 septembre 2008

[3] Cf Jean-Paul II, Mémoire et Identité, Flammarion, 2005, p.173

[4] Cf Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, n° 19, 7 Décembre 1965

[5] Cf Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, n° 24, 7 Décembre 1965

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