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10 janvier 2021 : Il est urgent de rappeler que l’enjeu de pratiquer la gratuité dans ce monde n’est pas que moral

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Bonjour à tous. Il est urgent de rappeler que l’enjeu de pratiquer la gratuité dans ce monde n’est pas que moral. Prenons un exemple pour comprendre cela : d’après une étude récente[1], plus d’un cinquième de la population mondiale pourrait ne pas avoir accès à un vaccin contre le Covid-19 avant au moins 2022. Pourquoi cela ? Car la moitié des doses potentielles pour 2021 ont été réservée par les pays les plus riches, qui pourtant, ne représentent que 14% de la population. Or, selon le Programme alimentaire mondial, l’insécurité alimentaire va progresser chez les plus pauvres de 82 % depuis 2019 du fait des conséquences de la pandémie.

 

Alors vous me direz, faut – il donner ce vaccin gratuitement aux pauvres parce que leurs gouvernements ne pourront pas payer le prix exigé par les fabricants, puisant dans les impôts ou créant de la dette ? Et puis au fond, n’est-il pas licite de se faire payer au passage quand on fait du bien, surtout quand cela nous coûte cher ? Et le plus grave vous savez, c’est qu’à ces questions, qui ne sont pas toutes impertinentes ou sans fondement, l’Occident ne sait plus répondre car la culture de la charité issue du catholicisme a disparu. Or le Christ demande à l’homme, dans l’Évangile (Lc VI, 6-11)[2] , de vérifier s’il n’a pas la réponse : « Je vous le demande : est-il permis, le sabbat, de faire le bien plutôt que de faire le mal, de sauver une âme plutôt que de la perdre ? »  Or un grand nombre en Occident méprise aujourd’hui l’Eglise Catholique, s’offusquant qu’elle invite à faire l’aumône aux pauvres même si cela n’est pas rentable. Mais vous voyez, au crépuscule de sa vie, le pape Benoît XVI nous a pourtant prévenu lui aussi avec tendresse : «L’oubli de la gratuité est le danger le plus grave de notre temps.» [3]  Car d’une bonne intention de départ, celle du devoir de bien gérer les fonds publics et privés, et de prendre soin de la santé des citoyens, la civilisation occidentale en est venue à s’opposer à Dieu. Refuser de pratiquer la règle d’or de la réciprocité de la gratuité transmise par le Christ, touche à la justice mais aussi au salut de notre âme. IL faut oser redire avec bienveillance et assurance qu’au jour de notre mort, nous serons en effet jugés sur la charité de notre réponse à cet appel du Christ : «Ainsi, tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites le vous-mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes. » [4][5]

 

Oh alors chers amis, et d’ici à Dimanche prochain, ne nous étonnons pas si la gratuité authentique, qui subsiste dans les œuvres de charité de l’Église Catholique, est si combattue par Satan. Rappelons-nous que l’enjeu de pratiquer la gratuité dans ce monde n’est donc pas que légal (est-ce un devoir ou un choix personnel ?) et moral (est-ce un bien ou un mal ?), mais religieux (pratique t’on les œuvres de Dieu ?) et spirituel (sauvons nous nos âmes ou perdons-nous la vraie vie ?)

[1] La revue médicale BMJ a publié en décembre 2020 une étude des chercheurs de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, située à Baltimore, aux Etats-Unis. Ils ont analysé les chiffres de précommande des vaccins annoncés par les différents pays autour du monde avant même les premières autorisations. A la date du 15 novembre 2020, 7,48 milliards de doses ont été réservées auprès de 13 laboratoires fabricants, permettant de vacciner quelque 3,7 milliards de personnes, puisque la plupart des vaccins nécessite deux injections.

[2] Voir les passages parallèles de cette guérison en saint Mathieu XII, 9-14 et saint Marc III, 1-6

[3] Selon l’expression « L’oubli de la gratuité est le danger le plus grave de notre temps « du Cardinal Ratzinger dans Théologie de la Liturgie, Parole et Silence, 2018, p. 593

[4] Cf (Mt VII, 12)

[5] Relisez de façon plus générale sur ce thème le chapitre XXV de l’évangile selin Saint Mathieu et son commentaire par les pères de l’Eglise.

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