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Soeur Marie Blaise, smsm, témoin et icône de la gratuité de l’amour de Dieu – partie I

02.01.22
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Soeur Marie Blaise, smsm, témoin et icône de la gratuité de l’amour de Dieu –...

Osons la gratuité 07h53

Bonjour à tous. La société occidentale est-elle à nouveau christianisable ? Que vaut pour ce monde une vie qui n’est pas consacrée au développement économique, à la science où à la protection de l’environnement ? Comment faire aimer et servir avec l’Eglise ceux que la culture dominante traite comme des déchets parce qu’ils ne rapportent rien ?

Alors que je préparais cette chronique, un message touchant m’interrompe : la supérieure Europe Afrique des sœurs missionnaires de la société de Marie m’annonce depuis Madagascar le rappel à Dieu le 9 Décembre dernier à Sainte Foy les Lyon de sœur Marie Blaise, née Hélène Bodinier, à l’âge de 108 ans. Aussitôt, tous les bénévoles et bienfaiteurs du RES [1] sont informés afin de nous unir par la prière à sa famille et aux sœurs maristes, car nous les soutenons dans leur mission depuis 2005 à Rosso en Mauritanie, puis au Sénégal, à Madagascar et jusqu’en Tanzanie. Avec l’accord de sa congrégation, et en union avec plus de 850 religieuses et prêtres de 45 congrégations dans 10 pays, j’aimerai vous présenter cette missionnaire hors norme, dont les 88 années de vie religieuse livrent à chacun de précieuses réponses aux questions de cette chronique.

Mais comment rendre compte de l’apparente folie pour notre temps de celle qui, en 1930, entra pour trois années de formation au Noviciat de Sainte Foy-lès-Lyon dès l’âge de 17 ans, prononça ses vœux à 20 ans, parti la même année pour les Etats Unis y assurer un service pendant quatre ans auprès de jeunes novices américaines ? Comment décrire le zèle de celle qui fut envoyée sur les mers via l’Australie en Papouasie Nouvelle Guinée pendant 35 ans pour y témoigner de l’amour gratuit du bon Dieu ? Oh, sœur Marie Blaise n’était pas seulement la doyenne des sœurs maristes, mais elle fût, pour tous les malades et les lépreux qu’elle soigna, les sœurs qu’elle servit en France pendant près de 25 ans, pour ceux qui l’ont visité à sainte Foy où elle passa les 25 dernières années de sa vie, dont les trois dernière sans sortir de son lit, quasiment aveugle, un témoin de la Foi. Une icône envoyée à l’aventure par son époux dans les îles du Pacifique, humble mais teintée d’héroïsme. Exfiltrée avec ses sœurs à l’âge de 29 ans pendant la guerre du Pacifique par les commandos de marine américains, confinée dans un de leur sous-marin pendant 4 jours, pourchassé sans cesse par un sous-marin japonais, elle était cette icône de l’amour gratuit du bon Dieu, pour ces soldats d’élite qui, ne sachant comment occuper ces religieuses intrépides, leur faisait visiter la salle des torpilles. À leur arrivée sur la base américaine de Honiara, aux Salomon du Sud, elles furent évacuées à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Là, en sécurité, elles endossèrent cependant le lourd et ingrat statut de réfugiées « Le mot en dit long. Pour ceux qui ont vécu les années de guerre, je n’ai rien à leur apprendre ; aux jeunes, je conseillerais de faire un peu d’histoire, ils devineront peut-être. » [2] La société occidentale est-elle à nouveau christianisable ? Oh chers amis, vous savez, il me semble que ce monde a surtout besoin de témoins de la gratuité de l’amour du bon Dieu, qui, comme sœur Marie Blaise, attachent dans leur mission « un grand prix à ces moments privilégiés comme l’Eucharistie où il nous est donné de grandir dans une union plus intime avec Dieu » aux « contacts entre missionnaires (…) nécessaires pour allumer la lampe de notre zèle (…) pour continuer sur le chemin qui conduit au Christ en servant les pauvres. » Merci chère Sœur Marie Blaise, priez pour nous.

[1] www.entrepreneurs-solidaires.ch

[2] Le 3 mars 2013, les sœurs maristes célébraient le centenaire de sœur Marie Blaise. A cette occasion, son neveu a lu le message que sa tante leur avait dit le jour de son jubilé d’or célébré en famille, le samedi 30 juillet 1983. Cette citation en est extraite.

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