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1 mars 2020 : Vices et vertus dans la pratique de nos bonnes œuvres dans la Tradition Catholique

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Bonjour à tous. Comment comprendre cet avertissement solennel du Christ : «Prenez garde à ne pas à ne pas faire vos œuvres de justice devant les hommes afin d’être vus d’eux, autrement vous n’aurez point de récompense de votre Père qui est dans les Cieux »[1] ? Pourquoi la façon de faire nos bonnes œuvres est elle si importante pour Dieu ? Dans le texte en latin, il s’agit d’une mise en garde de la plus grande gravité : attendite est un impératif qui excite à une grande vigilance dans la conduite face à de graves dangers. Le premier enseignement à retenir ici est que le Christ interdit de faire nos bonnes œuvres en ayant pour finalité d’attirer le regard des hommes, par esprit de vaine gloire, en vue de son propre intérêt. Ce qui reste toujours permis dans ce principe général de la vie chrétienne, c’est qu’à contrario, chacun peut faire ses bonnes oeuvres avec simplicité et sans scrupule, toujours pour la plus grande gloire de Dieu, même s’il n’est pas possible de dérober aux regards des hommes le bien que nous faisons.[2] Saint Jean Chrysostome [3] nous rappelle en effet que l’aumône ne consiste pas à donner une petite partie des grandes richesses que l’on possède, mais à imiter cette veuve[4] de l’évangile qui s’est dépouillée de tout ce qu’elle possédait. Le second enseignement est que, pour Saint Jean Chrysostome, nous n’avons aucune espérance de recevoir quelque chose de Dieu si nous ne donnons rien à Dieu pendant que nous pratiquons nos œuvres de justice : « Que pourrez-vous recevoir de Dieu, vous qui n’avez rien donné à Dieu ? Ce que l’on fait pour Dieu, c’est à Dieu qu’on l’offre, et Dieu le reçoit; ce que l’on fait pour les hommes s’évanouit dans les airs »[5] Il nous faut faire un pas de plus avec Benoît XVI pour identifier finalement l’ennemi spirituel le plus sournois de nos bonnes œuvres : « Mettre de l’ordre dans le monde par soi-même, sans Dieu, ne compter que sur soi, n’admettre comme réelles que les réalités politiques et matérielles en écartant Dieu comme illusion, telle est la tentation, qui nous menace sous de multiples aspects. « [6]

Alors en pratique, retenons cette semaine ces principes de la Tradition Catholique qui s’appliquent à nos bonnes œuvres, que nous les pratiquions seul, dans une entreprise, en famille ou dans une ONG, pour un État ou des agences onusiennes[7].  Pour  les chrétiens, l’imitation du Christ reste au fond la seule voie sûre de développer les vertus et d’éviter les vices de nos œuvres de justice. Comme le résumait Raïssa Maritain : « nous n’avons pas d’autre guide vers la vie éternelle, la vie divine, la béatitude que la vie du Christ, l’enseignement du Christ, la passion du Christ, la prière du Christ»[8]

[1] cf (Mt VI, 1)

[2] Cf saint Jean Chrysostome, dans saint Thomas d’Aquin, Catena Aurea sur (Mt VI, 1)

[3] Cf homélie 28

[4] Cf (Lc XXI, 1-4)

[5] saint Jean Chrysostome, dans saint Thomas d’Aquin, Catena Aurea sur (Mt VI, 1)

[6] cf Benoît XVI Joseph Ratzinger, Jésus de Nazareth, tome I, Flammarron, 2007, p. 48

[7] Voyez sur ce point Saint Jean Paul II, Sollicitudo rei socialis, n°35-37

[8] Cf Raïssa Maritain, Notes sur le Pater, DDB, Paris, p.325-326

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