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30 juin 2019 : Le miracle de l’Eucharistie – Evangile de l’appel des premiers apôtres – Le patriarche et le stylite hérétique (2/2)

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CHANTS

« Festival de musique sacrée bulgare – 2007 » par le choeur St Lazarévitch, sous la direction de Predrag Miodrag.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Le miracle de l’Eucharistie

« Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang un breuvage. 
Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. 
»

Comment écouter ces paroles du Christ sans trembler ? Pourtant la plupart des disciples de Jésus L’ont abandonné en entendant cela. Les autres Lui ont fait confiance, sans comprendre, car ni la dernière Cène, ni la Passion, ni la Résurrection n’avaient encore eu lieu. Mais nous, nous connaissons tous les événements de la Rédemption. Et nous avons le choix : ou nous sommes de ceux qui haussent les épaules, traitant le christianisme de fariboles et sombrant ainsi dans l’aveuglement ; ou nous sommes les disciples de Jésus et nous devons trembler devant ce mystère qui se répète, à chaque liturgie, depuis près de 2000 ans.

Comme le dit l’évêque St Gaudence qui a vécu au V siècle : « Le Christ a voulu que ses bienfaits demeurent parmi nous ; il a voulu que les âmes rachetées par son sang précieux soient toujours sanctifiées par l’image de sa propre Passion. C’est pourquoi il donne l’ordre à ses disciples fidèles, qu’il établit les premiers prêtres de son Église, de célébrer sans fin ces mystères de vie éternelle… C’est ainsi que tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la Passion du Christ. Car en Le recevant dans notre bouche et notre cœur, nous gardons le souvenir ineffaçable de notre Rédemption. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

2e dimanche après Pentecôte : Appel des premiers apôtres (Matthieu 4, 18-23)

En ce temps-là, comme Il marchait le long de la mer de Galilée, Jésus vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient leurs filets dans la mer, car ils étaient pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite et Je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Ils abandonnèrent aussitôt leurs filets, et suivirent Jésus. Comme Il continuait à avancer, Jésus vit deux autres frères, Jacques fils de Zébédée et Jean son frère, dans leur barque avec Zébédée leur père, en train d’arranger leurs filets. Il les appela ; laissant aussitôt leur barque et leur père, ils suivirent Jésus. Puis, Jésus parcourait toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, Il proclamait l’Évangile, la bonne Nouvelle du Royaume, et guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

*          *          *

Homélie : En ce deuxième dimanche après la Pentecôte, chaque Église locale, c’est-à-dire l’unique Église du Christ présente en sa totalité et sa catholicité dans chaque lieu suivant le principe de territorialité, rend hommage aux saints qui ont vécu sur son sol depuis les premières communautés réunies autour de l’Évêque. Le territoire peut être une région, un département, une province, un pays tout entier, du moment qu’il a pour norme ecclésiale la communion avec l’Évêque. Là où est l’Évêque, là est l’Église, dit l’adage patristique. Les saints d’un territoire épiscopal ou diocèse ou encore évêché sont reconnus d’abord par leur foi, et la rectitude de leur foi en union avec l’Évêque, gardien avec eux de la vraie foi. Pensons que, à son époque, saint Hilaire de Poitiers défendait la tradition des Apôtres et des Pères devant des conciles entiers composés, comme à Béziers, d’évêques ariens. Les saints sont d’abord ceux qui répondent à l’appel du Christ : « suis-moi ! » Le saint est le chrétien véritable qui croit en Jésus Christ, qui croit Jésus Christ sur parole, et qui croit en lui tel qu’Il est : Seigneur, c’est-à-dire Dieu, Créateur du ciel et de la terre, Sauveur, Dieu véritable et Homme véritable, Fils unique engendré du Père. Le saint, le vrai chrétien, ne suit pas n’importe qui, il ne croit pas le premier venu : Il croit en Dieu et il croit Dieu, en l’occurrence Dieu fait Homme, « marchant le long de la mer de Galilée », comme n’importe quel homme. Apparemment, Jésus est un homme parmi les autres, un rabbin parmi d’autres, un prophète de plus dans la longue série des prophètes d’Israël. Pourtant, comme Il le dit Lui-même, Lui seul est la Porte, et le Pasteur qui fait franchir aux brebis la porte du Royaume. C’est lui, et pas n’importe qui, que suivent les saints, en qui ils croient et qu’ils peuvent croire sur parole. L’identité de Jésus Christ est incontournable pour la foi. C’est bien parce que Jésus est Seigneur que les saints croient dans son pouvoir créateur. Faisant mémoire de tous les saints qui ont vécu sur son sol, chaque Église  locale se rattache ainsi à tous ceux et toutes celles qui, depuis les premières communautés locales, ces communautés urbaines que nous connaissons par les Actes des Apôtres et par les lettres que leur ont adressées les Apôtres comme saint Paul ou les Pères comme saint Ignace ou saint Polycarpe. Tous les saints de toutes les régions de la terre et de tous les temps ont, comme les premiers apôtres et disciples, suivi Jésus Christ et cru en lui. Tout chrétien, comme nous le rappelions dimanche dernier, a répondu à la question pré baptismale « crois-tu en Jésus Christ ? ». Tous les saints ont de la sorte prouvé l’action du saint Esprit dans le monde : c’est par le saint Esprit qu’ils ont entendu l’appel de Jésus et qu’ils y ont répondu. C’est par le saint Esprit également qu’ils ont pu propager le message du Fils de Dieu venu dans le monde. Aujourd’hui nous faisons mémoire à la fois de l’appel des premiers apôtres et de l’appel auquel ont répondu tous les vrais chrétiens de nos pays respectifs. Nous faisons également mémoire de tous ceux qui aujourd’hui entendent la parole de Dieu et qui suivent le Seigneur Jésus, ainsi que de tous ceux, nos enfants, nos proches, nos compatriotes qui répondront au même appel. Tous connaissent Jésus Christ personnellement par le saint Esprit et c’est pourquoi ils croient en lui et le suivent. Tous, évêques, prêtres, diacres, fidèles, s’inscrivent dans la lignée apostolique de l’Église par la même foi dans le Seigneur Jésus Christ et par la foi en lui. Tous ont également la capacité de répandre cette foi autour d’eux et de se montrer ainsi des personnes apostoliques et missionnaires, non seulement par la parole, mais par l’exemple et la contagion de leur amour, de leur foi, de leur joie et de toute leur vie sanctifiée par la grâce du saint Esprit. C’est Lui,  le divin Esprit, qui descend comme un feu, comme une douce colombe, comme une rosée matinale sur ceux qui reconnaissent Jésus comme Seigneur.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le patriarche et le stylite hérétique (2/2)

Achevons le récit commencé la semaine dernière. C’est un des hauts faits du patriarche d’Antioche, Ephrem, qui manifestait beaucoup de zèle pour la foi orthodoxe. C’est bien sûr notre cher Jean Moschos qui l’a rapporté. Vous vous souvenez, Ephrem était allé voir un stylite hérétique pour le convaincre de revenir à la vraie foi. Pour se débarrasser de lui, le stylite lui avait dit d’allumer un feu dans lequel ils entreraient tous les deux, et celui que le feu n’atteindrait pas serait le véritable orthodoxe. Mais Ephrem, sans se démonter, avait fait allumer un feu et dit au stylite de descendre. Le stylite était stupéfait de voir la détermination du patriarche. Et, comme il n’avait aucunement l’intention d’entrer dans le feu, il refusait de descendre de sa colonne. Voici la suite, écoutez bien :

« Ephrem lui dit : ‘‘N’est-ce pas toi qui as proposé cette épreuve ? Et pourquoi, maintenant, ne veux-tu pas la subir ?’’Mais le stylite reste sur sa colonne, ne sachant que faire ni que dire. Le patriarche enlève alors l’étole qu’il porte et s’approche du feu. Il se met à prier en ces termes : ‘‘Seigneur Jésus Christ notre Dieu, toi qui, pour nous, a jugé digne d’être effectivement le Fils incarné de notre Dame la sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie, montre-nous la Vérité.’’ Sa prière terminée, il jette son étole au milieu du feu. Tous regardent avec un respectueux effroi l’étole au milieu des flammes. Nul ne dit le moindre mot. Et pendant trois heures, ils contemplent l’étole qui ne se consume pas ! Finalement le feu s’éteint, faute de combustible. Et l’on retire du milieu des cendres, l’étole intacte !  Elle est entière, sans dommage. Il n’y a même pas la moindre trace de feu. Alors, voyant un tel miracle, le stylite est pleinement convaincu. Il rejette Sévère et prononce l’anathème sur son hérésie. Il adhère à la sainte Eglise. Il reçoit la sainte Communion des mains du patriarche Ephrem et rend gloire à Dieu. »

Ce miracle est incroyable, mais il l’est pourtant beaucoup moins que celui de l’Eucharistie dont nous avons parlé en début d’émission, ou même que la confession de la foi !  Comme le dit la sagesse orthodoxe, la confession de la foi relève déjà du miracle. Le premier des miracles est de croire en Jésus tel qu’Il est et tel qu’Il se présente à nous dans le saint Évangile.

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