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29 novembre 2020 : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (3/3) – Evangile du jeune homme riche – Les différents baptêmes (1/3)

Victor

CHANTS

« Chant sacré – Chant profane, en Russie du XVII au XIX siècles » par le Quatuor Masculin Voronov – Enregistrement de 1983-84 au Château d’Ostankino en URSS – Le Chant du Monde.

Nous recommandons : Le 1er décembre prochain à 18h30 (heure de Paris) aura lieu une grande première :  la rencontre en ligne et en direct avec abba Ephrem, l’higoumène du monastère Vatopedi au Mont Athos. Abba Ephrem fut le fils spirituel du disciple de St Joseph l’Hésychaste. L’homélie et les questions/réponses seront données en grec et traduites simultanément en français et en anglais. Pour vous inscrire, cliquez ici. Cette rencontre par l’application Zoom (pour la télécharger ou la mettre à jour cliquez ici) est organisée par les sites Internet Pemptousia et Orthodoxie.com et le Centre orthodoxe d’étude et de recherche « Dumitru Stăniloae »

INTRODUCTION  de Victor Loupan

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (3/3)

Pour clôturer notre réflexion sur la fameuse phrase du Christ « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », voyons le point de vue de St Jean Chrysostome qui attire l’attention sur l’hypocrisie de ceux qui veulent piéger Jésus. « Quand on veut opposer une digue à un cours d’eau, dit St Jean Bouche d’Or, cette eau, contrariée par l’obstacle, cherche à se frayer un autre lit. Et il en est de même avec la malignité des pharisiens, qui, rejetés d’un côté, reviennent à la charge de l’autre. Ici, ils commencent par cet éloge : « Maître, nous savons que vous êtes vrai, » etc. Ils l’appellent maître en espérant que Jésus, sensible à cette flatterie, leur ouvrira les secrets de son cœur pour se les attacher comme disciples. Mais Jésus ne répond pas avec douceur, à leur question d’apparence si pacifique.  Au contraire, il s’adresse à eux avec sévérité, en leur disant : ‘‘Hypocrites, pourquoi me tendez-vous un piège ?’’ Car Dieu répond à la volonté des hommes plutôt qu’à leurs paroles. Jésus les appelle hypocrites, pour les forcer de reconnaître, en lui, Dieu qui pénètre le secret des cœurs, et pour qu’ils renoncent à leurs noirs projets. Mais remarquez aussi, ajoute St Jean Chrysostome, que les pharisiens ont recours à la flatterie pour essayer de perdre le Sauveur, tandis que Jésus les couvre de confusion… pour les sauver ! Car la sévérité de Dieu nous est plus utile que la bienveillance des hommes. »  Eh oui, Dieu est simple, et nous, nous sommes tortueux. Que le Seigneur nous aide à imiter Sa sainte simplicité !

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Le jeune homme riche (Luc 18, 18-27)

En ce temps-là, un notable interrogea Jésus et lui dit : « Maître bon, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui répondit : « Pourquoi dis-tu que Je suis bon ? Nul n’est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas d’adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère. » L’autre répondit : « Tout cela, je l’ai gardé depuis ma jeunesse ! » À ces mots, Jésus lui dit : « Il te manque encore ceci : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi ! » Quand il entendit ces paroles, l’homme devint très triste, car il était extrêmement riche. Jésus, le voyant attristé, déclara : « Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » Ceux qui écoutaient Jésus lui demandèrent alors : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondit : « Ce qui est impossible pour les humains relève de Dieu. »

*          *          *

Homélie : Nous préparons la glorieuse Nativité historique du Messie et Verbe de Dieu, et son retour plus glorieux encore au terme de l’Histoire. L’Esprit saint, par la bouche de ce même Verbe, nous invite à réévaluer notre vie que nous prétendons chrétienne. Mais oui : nous pensons être chrétiens, bien sûr ! Qui nous dira le contraire ? Nous accomplissons les commandements, nous sommes en règle avec une certaine loi religieuse, avec une certaine religion légaliste et formaliste : tout va bien ! Nous sommes chrétiennement et orthodoxement corrects. Nous sommes riches, non seulement de biens matériels, pour certains d’entre nous, mais encore de bien culturels et religieux. Les Orthodoxes que nous sommes sont riches de leur tradition liturgique, de leur enseignement ascétique, de leur superbe et insurpassable théologie ; riches de leur culture iconographique et hymnologique ; riches également en orgueil national. Nous sommes les riches parmi les chrétiens. Le trésor de l’Orthodoxie, de la tradition des saints Pères égaux aux Apôtres, est magnifique et nous en sommes, à juste titre, fiers. Pour la plupart d’entre nous, c’est « depuis la jeunesse » que nous avons gardé les saintes traditions de nos Pères. Voilà un mot magnifique : « garder » ! Ce mot signifie protéger des ennemis, monter la garde. Il signifie également garder au chaud, ou au frais, selon la circonstance, garder vivants les biens que nous avons hérités de la tradition biblique et patristique. « Garder » définit la Tradition : nous gardons celle-ci sans la laisser altérer, sans y ajouter et sans en retrancher quoi que ce soit, jusqu’au retour glorieux du Fils que nous attendons. « Garder » se complète bien avec « transmettre ». La Mère de Dieu « gardait dans son cœur », est-il dit, tout ce qu’elle entendait de son divin Fils. Elle le transmettait également aux Apôtres qui l’entouraient. Il est donc béni de garder les commandements et l’ensemble de la Tradition, avec un cœur jeune, virginal et pur. Pourtant, comme à celui qui thésaurisait les richesses matérielles, il nous est dit par le Sauveur que ce n’est pas tout. Nos richesses religieuses, comme celles que nous acquérons dans le monde, ne sont pas faites pour être capitalisées ; ne soyons pas des capitalistes religieux ! Le Christ nous le dit aujourd’hui. Il nous initie, non à dilapider les biens matériels ou religieux, à les gâcher, à les brader dans le modernisme ou le relativisme ; Il ne nous encourage pas à la paresse ou à la négligence à l’égard des commandements et du patrimoine religieux que nous avons hérité des saints Pères et de l’ensemble de l’Église. Non : Il nous invite à les distribuer, à les partager avec ceux qui n’en sont pas, ces innombrables personnes qui ne savent rien ni de Dieu, ni de l’Église, ni de l’Orthodoxie. Nous sommes appelés à dépenser ces biens de façon missionnaire. Mais ce n’est pas encore tout ! Quand nous aurons cessé de nous enorgueillir de notre tradition vénérable, quand nous serons donc devenus « pauvres dans l’Esprit », une belle voie s’ouvrira devant nous : « viens ! Suis-moi ! » Plus que les richesses de ce monde et de l’Église elle-même, est infiniment précieuse la relation personnelle, intime, mystique, amicale avec le Sauveur. Tel peut être l’enjeu proposé à cette belle période de l’Avent : accueillir le Christ qui vient ; suivre le Christ présent ; reconnaître le Christ comme Seigneur de ma vie, Ami de ma vie, unique amour de ma vie. Quand le Seigneur Jésus devient mon tout, tout le reste, même ce qui est bon et vénérable, même les vertus, même le respect de la Loi, tout devient petit. Encore est-il clair que le respect de la Tradition conduit au moment où la religion se mue en mystique – Jésus reconnu comme Seigneur de ma vie.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Les différents baptêmes (1/3)

Jean Moschos nous rapporte ici un étrange récit très théologique, qu’il tenait d’un des témoins, André. Ecoutez bien :

« Dans ma jeunesse, raconte André, j’étais très indiscipliné. Lorsque la guerre a éclaté avec un désordre général, j’ai décidé de m’enfuir en Palestine, avec neuf compagnons. Dans notre groupe, il y avait un Hébreu et un philoponos [Un philiponos, chers auditeurs, c’est littéralement ‘celui qui aime la peine’. Les philoponos étaient des laïcs organisés en confrérie. Ils s’astreignaient à des pratiques proches du monachisme, mais sans quitter complètement le monde. On les trouvait surtout près des sanctuaires où ils étaient de corvée pour accueillir les pèlerins et soigner les malades. Reprenons notre récit.] Nous entrons dans le désert, continue André, mais la route est longue jusqu’en Palestine ! Et voilà que l’Hébreu tombe gravement malade. Malade à en mourir. Nous sommes profondément découragés, ne sachant que faire pour lui. Il n’est pas question de le laisser là, et chacun de nous, dans la mesure de ses forces, le porte à tour de rôle. Nous voulons le conduire dans une ville ou une bourgade où il pourra être soigné. Qu’au moins il ne meure pas dans le désert ! Mais nos provisions s’épuisent et bientôt nous n’avons plus rien à manger et surtout plus d’eau ! L’Hébreu est de plus en plus mal, à cause de la fièvre, de la faim, de la soif et d’une immense fatigue.  Il ne supporte plus d’être transporté, il est vraiment près de mourir. Il va falloir le laisser là pour ne pas nous-mêmes mourir de faim et de soif. En pleurs, nous l’installons le mieux possible dans le sable. Au moment où nous allons le quitter, il se met à nous adjurer : ‘‘Par le Dieu qui va juger les vivants et les morts, ne me laissez pas mourir en tant que juif, mais en tant que chrétien. Ayez pitié de moi, et baptisez-moi, pour que, moi aussi, je quitte cette vie en chrétien et que je m’en aille auprès du Seigneur.’’ Nous lui disons que nous ne pouvons pas faire une telle chose, parce que nous sommes des laïcs, que c’est la tâche des prêtres et des évêques, et qu’en plus il n’y a même pas d’eau !  Mais il continue à nous supplier : ‘‘Ne me privez pas d’un tel don, vous qui êtes chrétiens !’’ Nous nous regardons les uns les autres, extrêmement embarrassés. Et tout à coup, notre compagnon philoponos, inspiré par Dieu, s’écrie : ‘‘Levez-le et déshabillez-le !’’ Au prix de grands efforts nous parvenons à le déshabiller et à le mettre debout. »

Nous verrons la fois prochaine, comment le philoponos a répondu à la demande de l’Hébreu.

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