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29 septembre 2019 : La parabole des talents et la résurrection – Evangile : Aimer vos ennemis – Saint Macaire le Grand

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CHANTS

« Chants sacrés et traditionnels » par le Choeur Minine – Choeur de Chambre de Moscou, sous la direction de son fondateur Vladimir Minine –  Festival Saint-Riquier 1994 – Auvidis

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La parabole des talents et la résurrection

La parabole des Talents est une des plus connues et appréciées des chrétiens. Et aussi de ceux qui sont encore imprégnés de culture chrétienne, d’ailleurs. St Jean Chrysostome fait, à ce sujet, une réflexion inattendue. « Remarquez, mes frères, dit-il, que Dieu ne revient pas tout de suite demander compte de l’argent qu’il a donné en dépôt, mais qu’Il laisse passer beaucoup de temps. » |fin de citation] Eh oui, Dieu s’en va pour laisser aux hommes la liberté de bien user ou de mésuser de ce qu’Il leur donne. Cela rappelle la pièce de Claudel « L’annonce faite à Marie » dans laquelle le vieux père de famille, Anne Vercors, s’en va en Terre sainte pour laisser sa famille faire face à ses propres contradictions. En son absence, la famille se déchire, mais à son retour elle arrive à la Rédemption.

St Jean Chrysostome poursuit : « Ce qui est remarquable encore que, dans cette parabole des talents, c’est que tous sont des ouvriers ; car le Seigneur ne parle pas ici seulement aux princes des Juifs, ou au peuple, mais à tous. Et considérez, mes frères, que lorsque les serviteurs s’approchent de leur maître pour lui offrir ce qu’ils ont gagné dans leur trafic, ils reconnaissent tous avec une grande franchise, ce qui vient d’eux, et ce qui vient de leur maître. Même le mauvais serviteur qui lui reproche ce qu’il a reçu et dont il n’a rien fait ! Oui, ce grand voyage du maître, poursuit St Jean Chrysostome, nous fait comprendre avec quelle patience Dieu nous supporte. Et c’est une allusion à la résurrection générale. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Aimez vos ennemis (Luc 6, 31-36)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle grâce y a-t-il pour vous? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment ! Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quelle grâce y a-t-il pour vous ? Les pécheurs également font cela ! Et si vous prêtez seulement à ceux dont vous espérez recevoir, quelle grâce y a-t-il pour vous ? Des pécheurs également prêtent à des pécheurs pour recevoir d’eux la même somme ! Au contraire, aimez vos ennemis, faites-leur du bien et prêtez-leur sans rien espérer. Votre salaire sera grand et vous serez les fils du Dieu Très-haut, car Il gratifie les ingrats et les méchants. Devenez compatissants comme votre Père est compatissant. »

*          *          *

Homélie : Dimanche dernier, nous nous sommes émerveillés de la munificence et de la générosité de notre Dieu. Nous avons admiré la puissance créatrice de son amour qui, comme une grande lumière, attire toutes les créatures du non-être à l’être et les rassemble pour qu’elles entendent sa parole. Aujourd’hui, le même Seigneur nous invite à devenir les imitateurs ressemblants de la bonté du Père céleste. Comme Il le faisait lors de la pêche miraculeuse, Il construit pour nous une belle image de la Divinité. Le Verbe incarné est Celui qui nous offre de celle-ci la construction mentale et cordiale parfaite : Communion de Personnes dans un amour ineffable ; Communion dans le même amour avec l’humanité par les personnes humaines ; Rayonnement de la gloire divine d’un amour généreux, inconditionné, inconditionnel et inconditionnant ; Communion des uns et des autres dans un même et unique Esprit divin ; Miséricorde inépuisable d’un Dieu d’amour que rien ni personne ne peut offenser, humilier ou tuer définitivement – un amour que rien ni personne ne peut empêcher d’être amour. Le Seigneur Jésus, le Fils, nous invite à imiter son Père qui est notre Père. Le but de la vie est de ressembler à Dieu. L’image magnifique que le Sauveur nous offre de la Divinité est également le projet magnifique d’une humanité déifiée par la ressemblance avec son Créateur. Aimer ses ennemis ; répondre au mal par le bien ; aimer du même amour les bons et les méchants – telle sera notre ressemblance avec le Fils, image parfaite du Père. Saint Maxime, dans ses Centuries sur l’amour développe ce message évangélique. « On ne saurait posséder [l’amour parfait], écrit-il, tant qu’on n’aime pas également tous les hommes, à l’exemple de Dieu… » (I, 61). Et encore : l’amour parfait « aime également tous les hommes, les bons à titre d’amis, les méchants à titre d’ennemis, pour leur faire du bien, les supporter, endurer patiemment tout ce qu’on reçoit de leur part, refusant obstinément d’y voir la malice, allant jusqu’à souffrir pour eux si l’occasion s’en présente » (I, 71). Or, c’est parce qu’il aime le Seigneur, que le disciple reçoit la grâce d’aimer tous les hommes sans distinction. Comment en effet ne pas aimer celui que le Sauveur aime et pour lequel Il a donné sa vie ? Comment, si on aime Dieu, ne pas aspirer de tout son être à le suivre, à l’imiter et à lui ressembler dans l’amour miséricordieux qu’Il a pour tous ? Tant que nous n’aimons pas comme Il aime, nous sommes encore séparés de lui, ce qui est insupportable si nous l’aimons. « Un tel, tu le détestes ; cet autre, tu ne l’aimes, ni le détestes ; celui-ci, tu l’aimes, mais très modérément ; celui-là, tu l’aimes intensément…. À ces différences, reconnais que tu es loin de l’amour parfait qui se propose d’aimer également tous les hommes » (II, 10). Le but de notre vie c’est d’aimer comme le Christ aime. Celui à qui il est donné de connaître cette ouverture universelle du cœur, et d’éprouver de la compassion non seulement pour ses propres ennemis, mais pour les ennemis du Christ, aura atteint la stature des saints. La Mère de Dieu, en tout premier, éprouva de la compassion pour les bourreaux de son Fils et son Seigneur qui se privaient eux-mêmes de la béatitude des élus. La compassion est la douleur que tu ressens en voyant ton frère se priver lui-même librement du Paradis et du Royaume. Le mal en effet est la privation d’un bien (III, 29) et l’enfer la libre frustration du banquet préparé pour les saints et les amis de Dieu. Nous sommes appelés à être « les fils du Très-Haut » ; le saint Esprit veut nous faire connaître l’amour du Christ et nous affilier ainsi au Père céleste. Pensons à tout cela ; faisons-en le principe de notre vie et nous pourrons, dès maintenant, connaître le bonheur auquel notre cœur légitimement aspire. Aimant ses ennemis et intercédant pour leur salut,  le Sauveur rayonnait d’amour et de la joie de la résurrection.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Saint Macaire le Grand

La semaine dernière, je vous ai rapporté un récit fort édifiant sur l’humilité d’un moine qui vivait dans le monastère St Macaire de Scété. Je voudrais aujourd’hui vous raconter la vie de St Macaire le Grand, fondateur de ce monastère et disciple de St Antoine. Comme je vous le disais, ce monastère existe toujours en Egypte à Oudri Natrum, avec ses 130 moines et ses 500 hectares d’exploitation agricole en plein désert !

Macaire de Scété, dit St Macaire le Grand, est né vers l’an 300, dans le delta du Nil. Il est d’abord chamelier, mais il entend l’appel de Dieu et se retire seul dans une cellule de son village, Jijbêr. Il y mène une vie ascétique consacrée à la prière. Voici un épisode de sa vie qui donne une idée de son détachement des biens de ce monde : un jour, un voleur entre dans sa cellule pour lui dérober le peu d’objets qu’il possède. Macaire arrive, le surprend… et l’aide à les charger sur son chameau ! St Macaire ne disait pas de longues prières, mais il répétait sans cesse : « Seigneur, comme Tu le veux et Tu le sais, miséricorde ! » Un jour, un homme vient lui demander comment progresser dans la voie du Salut. St Macaire l’envoie au cimetière d’abord injurier les morts, puis leur adresser des éloges. L’homme y va et, à son retour, St Macaire lui dit : « Tu vois, les cadavres nont rien répondu. De même, toi aussi, si tu veux être sauvé, deviens comme mort, comptant pour rien le mépris des hommes aussi bien que leurs louanges. » Sa renommée gagne bientôt toute l’Égypte et les visiteurs affluent au désert de Scété : il les accueille avec joie et simplicité, sans juger personne, prodiguant paroles édifiantes et prières. On l’appelait un « dieu terrestre », car, comme Dieu protège le monde par sa providence, St Macaire cachait les fautes qu’il voyait comme ne les voyant pas et couvrait tous les hommes de son amour. Ensuite il rencontre saint Antoine le Grand et devient son disciple et un de ses héritiers spirituels. St Antoine avait d’ailleurs trois disciples Macaire : Macaire de Scété, Macaire d’Alexandrie et Macaire de Pispir ! St Macaire le Grand a écrit des homélies spirituelles où il évoque dans un très beau style les effets de la grâce incréée de Dieu, en nous. « Adhérons au Seigneur par la foi, dit-il, et consacrons-nous à Lui en renonçant à nous-mêmes. Voyant notre bonne volonté, le Christ nous donnera la force daccomplir sa volonté, ou plutôt Il laccomplira Lui-même, en nous, par l’énergie du Saint-Esprit. » Saint Macaire, priez pour nous !

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