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26 mai 2019 : La confiance au cœur de la foi – Evangile de la Samaritaine – Les divisions orthodoxes – Le fruit de la fidélité conjugale (2/3)

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CHANTS

« La gloire de Byzance » par Divna et le choeur Mélodi et par Lycourgos et le choeur Grec de Byzance.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La confiance au cœur de la foi

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !

Non seulement Il est ressuscité, mais Jésus a accompli tant de miracles durant les trois années de sa vie publique qu’on a l’impression qu’Il voulait nous asséner sa divinité comme une évidence. Il l’a d’ailleurs confirmé aux disciples de Jean-Baptiste qui venaient lui demander s’Il était vraiment le Christ. Il leur a répondu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés. » Les quatre évangiles sont remplis de ces miracles et St Jean conclut le sien en disant : « Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les rapportait en détail, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres qu’il faudrait écrire. »

Deux questions se posent : Jésus voulait-Il nous donner une certitude scientifique de sa divinité ? Dans ce cas, a-t-il échoué, car nous sommes, comme ses disciples, travaillés par le doute ? Tout au long de sa vie terrestre, il a célébré la foi de ceux qui Le suppliaient : Marie-Madeleine bien sûr, mais aussi la Cananéenne, le centurion, Jaïre, et surtout le père du fils possédé qui a eu cette phrase sublime : « Je crois, Seigneur ! Viens au secours de mon manque de foi ! » Non, Jésus n’a pas échoué : Il ne voulait pas nous donner le confort de la certitude. La foi, comme l’amour, est basée sur la confiance. La confiance qui espère contre tout espoir. Demandons au Seigneur d’avoir cette confiance sur laquelle le doute se brise sans force.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche de la Samaritaine (Jean 4, 5-42) 

En ce temps-là, Jésus vint dans une localité de Samarie appelée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. Il y avait là la source de Jacob, et Jésus, fatigué par la route, était assis à côté de la source ; c’était vers la sixième heure. Arrive une femme de Samarie pour puiser de l’eau ; Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » Ses disciples, en effet, étaient partis à la ville pour acheter des vivres. La Samaritaine lui dit alors : « Comment, Toi qui es Juif, me demandes-Tu à boire, à moi qui une femme samaritaine ? » (En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains). Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et Qui est Celui qui te dit : Donne- moi à boire, c’est toi qui l’en aurais prié et Il t’aurait donné de l’eau vivante. » La femme dit à Jésus : « Seigneur, Tu n’as rien pour puiser et le puits est profond ; d’où as-Tu donc cette eau vivante ? Serais-Tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits et y a bu, lui, ses fils et ses troupeaux ? » Jésus reprit et lui dit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif, mais celui qui boira de l’eau que Moi Je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que Je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissante, pour la vie éternelle. » La femme dit à Jésus : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus jamais soif et n’aie plus à venir puiser ici. » Jésus lui dit : « Va appeler ton mari et reviens ici. » La femme répondit et lui dit : « Je n’ai pas de mari. » Jésus lui dit : « Tu as justement répondu : Je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que Tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que c’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer. » Jésus lui dit : « Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem, que vous adorerez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le Salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les véritables adorateurs adoreront le Père en Esprit et en Vérité, car ce sont des gens qui l’adorent ainsi que recherche le Père. Dieu est Esprit et ceux qui l’adorent, c’est en Esprit et en Vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme dit à Jésus : « Je sais que le Messie va venir, celui qu’on appelle Christ ; lorsque Lui viendra, Il nous annoncera toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, Moi qui te parle. » Là-dessus, ses disciples arrivèrent et ils s’étonnèrent de ce que Jésus parlât à une femme ; aucun cependant ne dit : « Que recherches-Tu ou de quoi parles-Tu avec elle ? » La femme laissa alors sa cruche et alla à la ville dire aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’avais fait. Ne serait-ce pas lui, le Christ ? » Les gens sortirent de la ville et vinrent vers Jésus. Pendant ce temps, les disciples le priaient en disant : « Rabbi, mange ! » Mais Jésus leur dit : « Moi, J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se dirent alors entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il donné à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas, vous : Encore quatre mois et la moisson va arriver ? Voici que Je vous dis : Levez les yeux et regardez ; les champs de blé sont proches de la moisson. Maintenant, celui qui moissonne va recevoir un salaire et amasser du fruit pour la Vie éternelle, afin que puissent se réjouir ensemble et le semeur et le moissonneur. Moi, Je vous ai envoyés moissonner ce pour quoi vous n’avez pas peiné ; d’autres ont peiné et c’est à vous que profite leur peine. » De nombreux Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de la parole de la femme qui avait témoigné : « Il m’a dit tout ce que j’avais fait. » Aussi, lorsqu’ils vinrent vers lui, les Samaritains le prièrent de demeurer chez eux, et Jésus demeura là deux jours. Et ils crurent, plus nombreux encore, à cause de sa parole, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; nous avons nous-mêmes entendu, et nous savons qu’Il est vraiment le Sauveur du monde, le Christ. »

*          *          *

Homélie : Aujourd’hui, le Fils de Dieu livre son message fondamental, le but avoué de sa venue parmi les hommes : faire l’expérience du saint Esprit. Celui-ci est un breuvage et une nourriture. Et Jésus est en Personne l’icône de l’Esprit. Rempli de l’Esprit du Père, Il envoie cet Esprit sur ceux qui s’approchent de Lui et jouissent, non d’une connaissance abstraite, mais d’un savoir : « nous savons », disent les gens. La foi est le savoir, et le savoir savoureux que donne l’Esprit invoqué sur nous par le Fils. L’horizon de notre foi est maintenant le culte dans l’Esprit et dans la Vérité…

CHRONIQUE de Victor Loupan

Les divisions orthodoxes

Les divisions ont toujours été une réalité au sein de l’orthodoxie. L’autocéphalie de nos Eglises et l’idée de territoires canoniques ont créé des zones de friction aux périphéries des grands ensembles. Ainsi, avec la création des empires, puis des nations, le Patriarcat de Constantinople, héritier de la grande tradition byzantine a, progressivement perdu le contrôle des structures ecclésiales situées dans l’Est de l’Europe, dans les Balkans et dans les parties orientales de l’ancien Empire byzantin.

Le cas de l’Ukraine actuelle est, en ce sens, un exemple particulièrement frappant. Lorsque le grand territoire appelé aujourd’hui Ukraine a été rattaché à la Russie, il y a plus de trois siècles, la Métropole de Kiev dont est partie la christianisation de la Russie, à la fin du X siècle, était rattachée au Patriarcat de Constantinople. Ce dernier étant déjà à ce moment-là, et ce depuis deux siècles soumis au joug ottoman. Il faut se souvenir que l’Empire ottoman englobe alors la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, la Serbie, l’Albanie, bref la quasi-totalité des pays orthodoxes connus aujourd’hui. L’Empire russe, lui, qui devient progressivement une force dominante de la région, fait de la libération des peuple orthodoxes, tout comme de la libération de Constantinople d’ailleurs, la doctrine dominante de sa politique étrangère.

Ayant rattaché l’immense territoire appelé aujourd’hui Ukraine, l’Eglise russe qui était officiellement autocéphale depuis 1589, mais de facto depuis 1448, et dont le centre était à Kiev, a obtenu du patriarche de Constantinople le rattachement de la Métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou. C’était en 1688. Et c’est ce décret que le patriarche de Constantinople Bartholomée 1er a annulé en 2018. Ce qui a mené de facto à une forme de schisme, puisque les orthodoxes russes n’ont plus le droit de communier dans les églises rattachées à Constantinople et le clergé n’a plus le droit de concélébrer. La rupture est donc radicale. Evidemment, les orthodoxes de base, dont votre serviteur, vivent cela comme une tragédie et prient plus que jamais pour l’unité de l’Eglise.

Ce conflit que l’on pourrait considérer comme étant d’un autre âge a des répercussions mondiales qui vont du Mont Athos à Paris. Oui, à Paris, car pour nombre de parisiens l’orthodoxie est avant tout russe et représentée par la belle cathédrale de la rue Daru. Même si, aujourd’hui, le spectaculaire et si visible centre orthodoxe russe du quai Branly lui vole la vedette.

Or l’Archevêché des église orthodoxes russes en Europe occidentale de la rue Daru, c’est son nom officiel, est rattaché depuis les années 1930 au Patriarcat de Constantinople. Ce rattachement se voulait à l’origine provisoire, tant que l’Eglise russe se trouvait sous le joug de l’antéchrist. La chute du communisme aurait dû résoudre l’équation, mais les choses se sont au contraire compliquées. A tel point qu’aujourd’hui l’archevêché historique de la diaspora russe qui a tant fait pour le rayonnement de l’orthodoxie dans le monde est au bord de l’implosion.

Dans une lettre publique, diffusée cette semaine, le protodiacre Alexandre Kedroff, chef des chœurs et pilier de la cathédrale de la rue Daru, interpelle le clergé entré apparemment en rébellion contre l’archevêque Jean et aussi contre la majorité des croyants. (Pour lire cette lettre, cliquez ici.) Cette lettre  évoque mieux que tout ce que je pourrais dire, les ravages de la désunion et des conflits sectaires à l’intérieur de l’Eglise. Car ces conflits ne sont pas que géopolitiques. Ils sont si profonds et si intrinsèques qu’ils finissent par toucher au cœur les croyants de base, horrifiés de voir la guerre à l’intérieur de leur Eglise, une guerre qui divise paroissiens et clergé. Et qui peut amener certains à perdre la foi.

Prions donc tous pour la paix reviennent dans l’Eglise orthodoxe, et pour que les passions humaines ne prennent pas le dessus sur l’amour infini du Christ.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le fruit de la fidélité conjugale (2/3)

Nous avons commencé, la fois dernière fois, un beau récit de fidélité conjugale, rapporté par Jean Moschos. Souvenez-vous, un négociant avait perdu dans un naufrage toute sa fortune, ainsi que l’argent qu’on lui avait confié pour cet important négoce. Ses créanciers l’avaient fait mettre en prison, réduisant sa femme à la mendicité. Un jour qu’elle visitait son mari dans la prison, un personnage important était arrivé, s’était épris d’elle et lui avait proposé de payer sa dette contre une nuit passée avec lui. Se référant à saint Paul, elle lui avait répondu qu’elle devait d’abord demander à son mari.  Celui-ci, malgré la perspective de sortir de prison le lendemain, lui dit de rejeter la proposition de cet homme, car Dieu ne les oublierait pas. Voici la suite, écoutez bien :

« A cette époque, poursuit Jean Moschos, un bandit de grand chemin était, lui aussi, incarcéré dans cette prison. Il avait entendu ce que le mari et son épouse avaient dit de la proposition du puissant visiteur.  Le bandit s’était alors mis à gémir : ‘‘Voilà dans quelle situation ils sont ! Et ils n’ont pas trahi leur honneur ! Ni elle pour recevoir de l’argent, ni lui pour être libéré ! Ils ont fait plus de cas de la chasteté que de toute richesse ! Ils ont méprisé tout ce qu’il y a dans cette vie. Et moi, que vais-je faire, pauvre misérable que je suis ? Moi qui n’ai jamais eu à l’esprit, ne fût-ce que l’existence de Dieu ? Voilà pourquoi je suis coupable de nombreux meurtres…’’ Le bandit appela alors les époux à travers la fenêtre de sa cellule et leur dit : ‘‘Je suis un brigand. J’ai commis de nombreux méfaits, et même des meurtres. Je sais que, quand viendra le gouverneur et que je sortirai d’ici, ce sera pour mourir comme meurtrier. Quand j’ai vu votre chasteté, j’ai été saisi de componction pour vous ! Allez à tel endroit des murailles de la ville. Creusez et prenez l’argent que vous y trouverez. Vous pourrez rembourser vos dettes, et ce sera une grande bénédiction. Et priez pour moi afin<<< que j’obtienne miséricorde.’’ »

Nous verrons la semaine prochaine comment se termina cet édifiant récit.

Le Christ est ressuscité, en vérité Il est ressuscité !

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