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25 octobre 2020 : Le mystère de la maternité (1/3) – Evangile de la guérison du possédé gadarénien – Le soldat ascète

Victor

CHANTS

« TRONOS Cantari din Postul Mare – Samedi de Lazare » par le choeur de l Cathédrale patriarcale de Bucarest, Roumanie – Radio Trinitas 6 2009.

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INTRODUCTION  de Victor Loupan

Le mystère de la maternité (1/3) 

Bonjour à tous, Victor est absent aujourd’hui et, c’est moi, Cécile Brahy, qui le remplace. Ces dernières semaines, Victor s’est longuement penché sur le sens de la paternité chrétienne. Au moment d’évoquer la maternité, il me passe le micro, c’est en quelque sorte adéquat. On ne peut pas regarder la maternité sous le même angle que la paternité. D’abord parce que la paternité est un acte foi. Le père a beau être certain de la fidélité de sa femme, cette certitude n’est pas celle de la mère qui a porté l’enfant en elle. Et l’analyse de l’ADN ne change pas grand chose à cet acte de confiance. On n’y a d’ailleurs recours que par soupçon de trahison. La confiance, elle, n’a que faire de ce test. Car la confiance est basée sur la foi, et non pas sur la science. Elle dépend donc de la volonté. C’est bien ce que nous avons vu en analysant la paternité chrétienne, ces dernières semaines. Or pour la maternité, l’approche est toute autre. Si la paternité est de l’ordre de la foi, la maternité, elle, est de l’ordre du mystère. La foi et le mystère nous relient toutes deux à Dieu, mais pas de la même manière. Et c’est bien ce que Eve, notre mère à tous, a signifié, quand elle s’est exclamée, après la naissance de Caïn, son premier enfant : « J’ai formé un homme avec l’aide de l’Eternel ! » Tout y est ! A la fois la jubilation, et la collaboration avec Dieu. Nous sommes loin de l’acte de foi renouvelé chaque jour par le père.

Et nous verrons la semaine prochaine quel est le prix de cette participation maternelle au mystère de la Création.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

La guérison du possédé gadarénien (Luc 8, 26-39)

En ce temps-là, Jésus abordait au pays des Gadaréniens qui est en face de la Galilée : comme Il descendait à terre, de la ville vint à sa rencontre un homme qui avait des démons ; depuis longtemps il ne portait pas de vêtements, et demeurait, non pas dans une maison, mais dans les tombeaux. Voyant Jésus, il se mit à vociférer, tomba à ses pieds et dit d’une voix forte : « Que me veux-Tu, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? Je t’en prie, ne me tourmente pas ! » Jésus en effet commandait à l’esprit impur de sortir de cette personne. Car bien des fois il s’était emparé de lui ; et, pour le garder, on le liait avec des chaînes et des entraves, mais il brisait ses liens et le démon l’entraînait vers les déserts. Jésus l’interrogea : « Quel est ton Nom ? » – « Légion », répondit-il, car beaucoup de démons étaient entrés en lui ; et ils suppliaient Jésus de ne pas leur ordonner de s’en aller dans l’abîme. Or il y avait là un troupeau considérable de porcs en train de paître dans la montagne ; les démons supplièrent Jésus de leur permettre d’entrer dans les porcs. Et Jésus le leur permit. Ils sortirent donc de la personne, entrèrent dans les porcs et, du haut de l’escarpement, le troupeau se précipita dans le lac et s’y noya. Voyant ce qui était arrivé, les gardiens prirent la fuite et proclamèrent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Et les gens sortirent voir ce qui s’était passé. Ils s’approchèrent de Jésus et trouvèrent la personne dont étaient sortis les démons, assise aux pieds de Jésus, habillée et dans son bon sens : et ils furent saisis de frayeur. Ceux qui avaient vu comment le possédé avait été sauvé le proclamèrent. Et toute la population du territoire des Gadaréniens demanda à Jésus de s’éloigner d’eux, car une grande frayeur s’était emparée d’eux. Jésus remontait dans la barque et repartait, quand l’homme dont les démons étaient sortis le pria d’être avec lui ; mais Jésus le renvoya en disant : « Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi ». Il s’en alla et publia par la ville entière tout ce que Jésus avait fait pour lui.

*         *          *

Homélie. L’évangile de ce jour rapporte un évènement véridique et géographiquement localisé. Le fait raconté est qu’un homme possédé du démon a été libéré par le Sauveur. Il aurait voulu rester près de Jésus, mais Celui-ci l’envoya témoigner. Un élément frappant de cette histoire est que les habitants du village, loin de se réjouir de la présence du Seigneur parmi eux, le prient de s’en aller, notamment parce que, à cause de lui, ils viennent de perdre de l’argent, le troupeau de porcs s’étant noyé dans le lac. Il y a un message pour nous. Nous savons ce que c’est qu’un pays d’où l’on a demandé au Christ de s’en aller. Nous avons trois siècles de déchristianisation active. Un esprit anti chrétien est entretenu systématiquement dans notre pays. Des rues ou des places portant le nom d’un saint sont débaptisées. Quand on n’agit pas directement contre le Christ et l’Évangile, même sur le plan européen, on œuvre par omission. Dieu est chassé de notre culture par le silence dont on entoure son nom. Certainement, les chrétiens que nous pensons être portent une part importante de responsabilité dans le rejet de Dieu. Souvent, par notre contre témoignage, nous avons rendu odieux la mention même de la religion ou de la foi. Pourtant, de nombreux chrétiens ont, dans notre histoire, agi comme le Christ, soignant, guérissant et instruisant les hommes. Pensons à l’admirable Vincent de Paul, à Mère Theresa, à l’abbé Pierre ; pensons à toute l’œuvre sociale et éducative des moines et des laïcs au long des siècles, à celle de saint Basile au quatrième siècle, par exemple. Les chrétiens ne sont pas si détestables que cela tout de même ! On leur doit les hôpitaux, les hospices et les écoles dans toutes les parties du monde depuis la Pentecôte. Pourtant le rejet du Christ à travers ses membres est manifeste à notre époque de persécution massive succédant à d’autres siècles de génocide des chrétiens, que tout le monde doit connaître. L’évangile de ce jour nous invite à une tout autre attitude. Nous savons combien notre temps troublé a besoin de l’action salvifique du Seigneur. Plusieurs mois de pandémie nous l’ont enseigné si nous ne le savions pas. Notre prière, au contraire de l’attitude des Gadaréniens, est celle des pèlerins d’Emmaüs : « reste avec nous, Seigneur ! » ; ne pars pas ! Ne te retire pas de nous ! Ne nous abandonne pas ! Non seulement nous prions ainsi le Fils de Dieu, mais nous implorons l’Esprit saint : « viens et demeure en nous ! » ; « viens, Lumière sans crépuscule ! Viens, Esprit saint, qui veut sauver tous ! Viens, Haleine et Vie mienne ! Consolateur de mon pauvre cœur ! » Par une constante épiclèse, appelons le Verbe et l’Esprit à ne pas quitter nos villes et nos pays respectifs : « Viens, Seigneur, viens ! »

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le soldat ascète

Jean Moschos nous parle ici d’un miracle accompli par un soldat tout à fait remarquable. Écoutez bien :

« C’était un ami du Christ qui s’appelait Christophoros. Il était garde du palais, dans le détachement dit des Protecteurs. Il accomplissait son service la journée au palais, sans rien manger jusqu’au coucher du soleil. Puis il rentrait chez lui et ne mangeait que du pain sec et des fèves bouillies. Et il ne buvait que de l’eau. Jamais de vin ni de plats épicés. Il avait aussi pour sous-vêtement une chemise de crin, mais par-dessus il portait des vêtements précieux pour ne pas se faire remarquer de la foule. A la fin de son service, il renvoyait ses serviteurs, et se rendait chez un changeur qui était son partenaire en affaires. Là, il se faisait remettre trois bourses de pièces d’or. Puis il parcourait, seul, les rues et les prisons de la capitale et distribuait ses pièces aux indigents. Et voilà qu’une nuit, il entre dans la cabane d’un frère ermite pour lui faire l’aumône. Il le presse de se lever et d’accepter son offrande. Mais le frère ne bouge pas. Pensant qu’il est sourd, il crie. Mais le frère reste immobile. Christophoros comprend alors qu’il est mort. Il va dans une boutique proche acheter une lampe et un vase rempli d’eau. Et il revient laver le frère. Après cela, il va dans un atelier textile acheter tout ce qu’il faut pour l’ensevelissement, en payant largement. Il revient auprès du frère mort avec le linceul, de quoi l’habiller et le chausser, ainsi que des cierges. Le boutiquier l’accompagne. Christophoros allume les cierges, habille le mort, l’enveloppe dans le linceul et dépose une pièce d’or pour ceux qui l’enterreront. Ayant fini, il dit alors au mort : ‘‘Lève-toi, frère, et donne-moi une marque d’amour en Christ.’’ À ce moment, le frère défunt se redresse, embrasse Christophoros, puis retombe et se réendort dans la mort. A ce spectacle, le boutiquier se met à trembler et s’en va. Il resta longtemps prostré comme mort de peur. Et c’est lui qui a raconté ce prodige étonnant. Mais ce n’est pas le seul miracle concernant ce vénérable Christophoros. Il sortait aussi la nuit pour prier dans les oratoires. Il se rendait souvent à la Porte de Bronze du Palais, et de là au Phlétrô du Sauveur. Quand il venait seul pour prier, les portes du sanctuaire s’ouvraient d’elles-mêmes devant lui. Il entrait, s’inclinait, brûlait de l’encens et repartait. Et les portes restaient ouvertes, ce qui étonnait fort les gardiens et le clergé qui les trouvaient ainsi le matin. Les hommes du sanctuaire décident alors de passer plusieurs nuits dans la salle des catéchumènes pour voir sans être vu et comprendre ce qui se passe. Finalement ils se rendent compte que les portes ne s’ouvrent que pour cet homme mystérieux. Ils vont rapporter le phénomène au patriarche qui doute de la chose et vient en personne passer la nuit pour constater cela par lui-même. Quand il vit les portes s’ouvrir et l’homme entrer pour brûler l’encens, le patriarche glorifia Dieu. Et que personne, conclut Jean Moschos, ne rejette ce récit sous prétexte qu’il dépasse l’entendement, mais qu’on se souvienne de ce qu’a dit David : ‘‘Il fera la volonté de ceux qui Le craignent, écoutera leur prière et les sauvera.’’ »

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