Lumière de l'Orthodoxie

Podcasts

25 février 2018 : Le Carême, période de joie – Dimanche de l’orthodoxie, évangile de l’appel de Nathanël – Le pape et l’évêque (2/2)

20161102_124322

CHANTS

« Divine Liturgie de Saint Jean Chrysostome » musique de Tchaïkovski, par le Choeur de Saint Petersburg, sous la direction de  Vladislas Tchernouchenko – International Music Laboratory 1997

INTRODUCTION de Victor Loupan

Le Carême est une période de joie. C’est ce que nous disent nos prêtres, suivant l’enseignement des Pères de l’Eglise. Nous aimerions vraiment en être convaincus, mais ce n’est pas évident.  Et nous retrouvons, là, les disciples de Saint Isaac le Syrien qui lui demandaient : « Que faire quand notre corps s’alourdit ? Quand l’ascèse devient pénible ? Quand notre volonté perd sa première force, alors qu’elle est basée sur le désir du bien ? » Ne trouvez-vous pas, chers frères et sœurs en Christ, qu’avec notre petite ascèse de chrétien lambda, nous nous posons souvent ces questions ? Et voici la réponse de St Isaac : « C’est vrai que cela arrive à certains. Ce qui se passe, c’est qu’une moitié d’eux-mêmes est sortie du monde pour suivre le Seigneur. Et l’autre moitié d’eux-mêmes est restée dans le monde. Leur cœur est divisé, et regarde tantôt en avant, tantôt en arrière. Tous ces cœurs déchirés doivent se rappeler la parole de Dieu, dans l’Ecclésiaste : ‘‘Ne va pas sur cette voie avec deux cœurs, mais va, à la fois, comme celui qui sème et comme celui qui moissonne.’’ » Eh oui, c’est l’éternel combat dont parle aussi St Paul : « Au plus profond de moi-même, dit le saint apôtre, je prends plaisir à la Loi de Dieu. Mais, dans mon corps, je découvre une autre loi, qui combat celle que suit ma raison. C’est la loi du péché, présente dans mon corps et qui me rend prisonnier. » Poursuivons donc la lutte, chers frères et sœurs en Christ. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous sommes en bonne compagnie !

EVANGILE ET HOMELIE par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche de l’orthodoxie, évangile de l’appel de Nathanël (Jean 1, 43-51 )

En ce temps-là, le lendemain (du jour où Il avait donné à Simon le nom de Pierre), Jésus voulut se rendre en Galilée : Il trouve Philippe. Il lui dit : « Suis-moi ! » Philippe était de Bethsaïde, de la ville d’André et de Pierre. Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont ont écrit Moïse, dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, celui de Nazareth. Et Nathanaël lui dit : « De Nazareth peut-il être quoi que ce soit de bon ? » Philippe lui dit : « Viens et vois ! » Jésus vit Nathanaël venir vers lui et Il dit de lui : « Voici vraiment un Israélite : en lui il n’est pas de ruse. » Nathanaël lui dit : « D’où me connais-Tu ? » Jésus lui dit en réponse: « Avant que Philippe ne t’appelât, quand tu étais sous le figuier, Je t’ai vu. » Nathanaël lui répondit : « Rabbi, Tu es en vérité le Fils de Dieu, Tu es le roi d’Israël ! » Jésus lui dit en réponse: « Parce que Je t’ai dit que Je t’ai vu sous le figuier, tu as la Foi ? Tu verras bien plus que cela ! » Et Il lui dit : «Amen ! Amen ! Je vous le dis, désormais vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’Homme ! »

*          *          *

Homélie : Le premier dimanche du saint et grand Carême, nous fêtons le mystère de l’Icône. Le témoignage de la Foi, surtout en Occident, dépend généralement de la parole et du comportement, ce qui est agréable à Dieu, certes ! Mais, l’expérience chrétienne n’est pas seulement liée à l’expression verbale, écrite ou agie, de la Parole du Père. Depuis toujours, l’image, ou « icône », sous une forme ou sous une autre – icône, fresque, mosaïque, émail, vitrail – équivaut à la parole. Le Verbe parle par son visage, par sa présence physique, son corps transfiguré. L’expression corporelle de la Divinité dans le monde découle de ce que le Fils s’est fait chair et s’est fait homme. Le tropaire de ce jour le chante : « Devant ton icône très pure nous nous prosternons, ô Dieu de bonté, en demandant le pardon de nos péchés, ô Christ notre Dieu! Tu as daigné monter librement dans ta chair sur la Croix pour délivrer de la servitude de l’Ennemi ceux que Tu as créés. C’est pourquoi nous te rendons grâce en nous écriant : Tu as tout rempli de joie, ô notre Sauveur, t’étant rendu présent à ton monde pour le sauver ! » L’icône atteste la présence en chair et en os du Créateur de l’univers : cette vérité a été confessée au prix de leur vie par de nombreux martyrs. Elle est également l’emblème, non seulement de la foi, mais de la méthode chrétienne de connaissance et d’expression. La parole ne suffit pas à persuader ; le raisonnement ne suffit pas à convaincre. Il nous faut des preuves. Il nous faut voir et toucher. Le Verbe se donne à toucher, à voir et à entendre. Il parle et a très peu parlé. Il a montré et montre la vérité qu’Il est en personne. Qui le voit, voit le Père. Il se montre et se prouve par l’icône, ainsi que par toutes les formes d’expression corporelle des membres de son Corps : le sacrement du frère, le martyr, le gestuel liturgique articulent le langage du corps qu’a choisi le Seigneur de gloire. Sur la Croix, de façon suprême, Il parle par son corps personnel. Revenu d’entre les morts, c’est toujours par son corps qu’Il atteste l’amour du Père et la puissance de l’Esprit. Son corps personnel et son Corps ecclésial constituent la Révélation en actes. C’est pourquoi, pendant le Carême, il est donné, avec la glorification des icônes, le jeûne, les prosternations, l’aumône, la veille. Mais ce corps du Verbe est d’abord un visage, dont les grands yeux ouverts de vivant et de ressuscité nous regardent : « Je t’ai vu ! », dit le Fils de Dieu à l’homme Nathanaël. L’icône est la face de Dieu tournée vers nous : nous apprenons à oser nous laisser regarder par Dieu, et à vivre sous son regard. L’icône est la fenêtre par laquelle le Sauveur nous voit et nous contemple avec tendresse. Elle est cette fenêtre par laquelle le père voit revenir le fils égaré qu’il attend. Et elle est également la fenêtre par laquelle nous regardons chez Dieu : « Vous verrez le ciel ouvert ! » Le Seigneur nous voit et Il prophétise que nous le verrons ; Il nous rappelle que le but de notre vie est de voir Dieu ! L’Icône placée en tête du Carême annonce l’enjeu principal de tout ce temps et de notre existence entière. Tels sont les saints qui nous devancent sur la route : ils voient Dieu en tout et en tous ; ils le voient dans son omniprésence ; ils regardent chaque personne humaine comme une icône du Verbe ; chaque créature est vue par eux comme preuve de la sagesse, de la vérité et de la bonté du Créateur. Leurs yeux transfigurés par la grâce du saint Esprit sont devenus aptes à la vue et à la vision de Dieu. Voilà donc ce qui nous est promis, à nous aussi, et à tous ceux qui croiront au Fils de l’Homme !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le pape et l’évêque (2/2)

Vous vous souvenez, nous avons laissé le pape Saint Agapet devant un dilemme. Il avait emprisonné l’évêque de Romilla dont on lui avait dit qu’il mangeait dans une patène consacrée. Or la nuit du dimanche suivant, il avait eu par trois fois une vision dans son sommeil, lui disant que personne d’autre que l’évêque emprisonné ne pouvait célébrer la sainte offrande à Rome, ce dimanche-là. Le pape décida alors d’obéir au triple songe. Voici la suite, écoutez bien :

« L’évêque de Romilla célèbre donc la divine liturgie, le pape à ses côtés, et les diacres autour de l’autel. L’évêque commence à dire la sainte anaphore, puis, au lieu de passer à la consécration, il recommence la prière de la sainte anaphore une deuxième fois, puis une troisième fois, une quatrième ! Tous s’étonnent d’une telle lenteur et le pape lui demande : ‘‘Que se passe-t-il ? Tu recommences quatre fois la sainte prière sans la terminer…’’ Alors l’évêque répond : ‘‘Pardonne-moi, saint pape, c’est parce que je n’ai pas vu, contrairement à d’habitude, descendre le Saint-Esprit. C’est pour cette raison que je n’ai pas terminé. Mais ce diacre qui tient le petit éventail, écarte-le du saint autel, car je n’ose pas le lui dire.’’ Agapet ordonne au diacre de se retirer. A peine s’est-il éloigné que le pape et l’évêque voient le Saint-Esprit descendre sur les saints dons. Et tout à coup, le voile placé au-dessus de l’autel commence à se lever tout seul et recouvre le pape, l’évêque et tous les diacres autour d’eux, et cela, trois heures durant !

Alors Agapet comprit que l’évêque était un saint homme calomnié. Attristé à la pensée de l’avoir mal traité, il posa le principe de prendre les décisions, non plus de façon expéditive, mais après une longue réflexion et avec une grande patience. »

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *