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24 mai 2020 : La joie chrétienne – Evangile de la guérison de l’aveugle de naissance – La charité cachée est celle qui plaît à Dieu (2/3)

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CHANTS

« La Sainte Pâques – The Holy Easter » par le choeur de la Laure de la Trinité St Serge (non loin de Moscou), sous la direction de l’archimandrite Matthieu Mornyl.

Nous recommandons cette vidéo qui raconte la vie de St Nicéphore le Lépreux qui est apparu récemment au Mont Athos. Le saint a appelé les fidèles à ne pas avoir peur pendant la pandémie et a promis d’aider tous ceux qui l’invoqueront. Le site orthodoxie.com propose une courte vidéo russe sous-titrée en français (cliquez ici) racontant la vie du saint crétois qui est mort en 1964.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La joie chrétienne

Le Christ est ressuscité ! En Vérité, Il est ressuscité !

« Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. » C’est ce que St Paul ordonne aux Philippiens.  Mais, bien sûr, il nous ordonne d’être joyeux, dans le Seigneur, et non selon le monde. C’est ce que dit aussi St Jacques : « Celui qui veut être ami du monde se pose en ennemi de Dieu. » D’ailleurs le Christ l’a clairement dit : on ne peut pas servir deux maîtres à la fois. Par conséquent, on ne peut pas être joyeux à la fois selon le monde et dans le Seigneur. Mais alors, que répondre à celui qui dit : « Je suis dans le monde ; si je suis joyeux, je suis joyeux là où je suis. » ? Ca me rappelle le match de football France/Algérie en 2001 qui avait tourné à l’émeute. Et la secrétaire du parti communiste et ministre de la Jeunesse et des Sports, qui était présente, les avait exhortés à « respecter la joie ». Ce fut un échec ridicule.

Il serait alors impossible de se réjouir dans le monde ? Non ! Vivant dans le monde, nous pouvons, nous devons même nous réjouir de la Création, mais toujours dans le Seigneur qui est présent partout. St Paul nous rappelle que : « c’est en Lui (le Christ bien sûr) qu’il nous est donné de vivre, de nous mouvoir, d’exister ». Eh oui ! Celui qui est partout, en quel lieu ne serait-Il pas ? Jeudi, nous allons célébrer l’Ascension du Seigneur. Il est monté aux Cieux, et pourtant Il est avec nous jusqu’à la fin des temps. C’est là un grand mystère… Comme dit St Augustin : « Qui donc est à la fois lointain et tout proche, sinon Dieu qui est devenu l’un de nous, par miséricorde ? »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche de l’aveugle de naissance (Jn 9, 1-38) 

En ce temps-là, en passant, Jésus vit, assis, un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent en disant : « Maître, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents, n’ont péché, mais c’est afin qu’en lui se manifestent les œuvres de Dieu. Il nous faut, tant qu’il fait jour, accomplir les œuvres de celui qui m’a envoyé ; vient la nuit où nul ne peut travailler. Pendant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde. » Ayant dit cela, Jésus cracha à terre et fit de la boue avec sa salive, puis Il lui appliqua la boue sur les yeux et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé (ce qui signifie « envoyé »). » L’homme partit donc et se lava, et revint voyant. Alors les voisins et ceux qui l’avaient vu auparavant (c’était un mendiant) dirent : « N’est-ce pas lui qui était assis et mendiait ? » Certains disaient : « C’est lui. » D’autres disaient : « Non, mais il lui ressemble. » Mais, lui, dit : « C’est moi. » Ils lui dirent donc : « Comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Celui-ci répondit : « L’homme appelé Jésus a fait de la boue, m’en a enduit les yeux et Il m’a dit : Va te laver à la piscine de Siloé. J’y suis donc allé, je me suis lavé et suis devenu voyant. » Ils lui dirent : « Où est-il ? » Il dit : « Je ne sais pas. » On conduisit aux Pharisiens celui qui avait été aveugle. Or le jour où Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux, était un sabbat. Les Pharisiens lui demandèrent alors à leur tour comment il avait eu la vue. Il leur dit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. » Certains Pharisiens dirent alors : « Cet homme ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat. » Mais d’autres dirent : « Comment un pécheur peut-il faire de tels signes ? » Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l’aveugle : « Que dis-tu de lui, de ce qu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Avant d’avoir fait appeler les parents de celui qui voyait, les Judéens ne crurent cependant pas qu’aveugle il eût trouvé la vue. Et ils leur demandèrent : « Est-ce là votre fils, dont vous dites, vous, qu’il est né aveugle. Comment alors voit-il maintenant ? » Ses parents répondirent : « Nous savons que c’est notre fils et qu’il est né aveugle. Comment voit-il maintenant, nous ne le savons pas, ou, qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Demandez-lui, il a l’âge de parler de lui-même. » Ses parents disaient cela par crainte des Judéens, parce que ceux-ci avaient décidé entre eux que, si quelqu’un reconnaissait Jésus comme Christ, il serait exclu de l’assemblée. C’est donc pourquoi ils dirent : « Il a l’âge, interrogez-le. » Les Pharisiens appelèrent donc une seconde fois l’homme qui avait été aveugle et lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous, nous savons que cet homme est un pécheur. » Lui, répondit alors : « Si c’est un pécheur, je ne sais pas ; je sais une chose c’est que j’étais aveugle et que, maintenant, je vois. » Ils lui dirent à nouveau : « Que t’a-t-il fait ? Comme t’a-t-il ouvert les yeux ? » Il répondit : « Je vous l’ai déjà dit : n’avez-vous pas écouté, que vous vouliez l’entendre une nouvelle fois ? Ne voudriez-vous pas, vous aussi, devenir ses disciples ? » Alors, ils l’injurièrent et dirent : « C’est toi qui es disciple de celui-là ; nous, c’est de Moïse que nous sommes disciples. Nous, nous savons que Dieu a parlé à Moïse et que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais, celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « C’est pour cela, en effet, que je suis étonné, parce que vous ne savez pas d’où il est, et il m’a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais si quelqu’un est pieux et fait sa volonté, il l’écoute. Jamais, jusqu’à présent on n’a entendu dire qu’on eût ouvert les yeux d’un aveugle de naissance. Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils lui répondirent : « De naissance, tu n’es, toi, que péché, et tu nous enseignerais ? » Et ils le mirent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé et, le rencontrant, Il lui dit : « Toi, crois-tu en le Fils de l’Homme ? » Il répondit : « Et qui est-Il, Seigneur, que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu l’as vu, et celui qui parle avec toi, c’est lui. » Il dit alors : « Je crois, Seigneur » ; et il se prosterna devant Jésus.

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Homélie :  Deux miracles ont lieu : la vue corporelle accordée à celui qui n’a jamais vu ; la vue charismatique accordée par le Verbe qui veut être connu de l’homme. Le Verbe coopère avec le saint Esprit qui descendra à la Pentecôte pour que nous puissions reconnaître en Jésus le Fils de l’Homme et le Fils de Dieu : admirable est cette réciprocité continuelle des « deux mains du Père » pour le Salut des hommes. L’épisode de ce jour enseigne ce qui est le but de l’immersion dans l’eau baptismale : voir le Verbe incarné, par la puissance et la chrismation du saint Esprit !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

La charité cachée est celle qui plaît à Dieu (2/3)

La semaine dernière, nous avons commencé le récit de Jean Moschos sur la sainteté cachée du patriarche d’Alexandrie, Apollinaire, qui veillait sur le fils d’un notable décédé. Le jeune homme avait hérité d’une grande fortune navale. Mais plusieurs naufrages l’avaient complètement ruiné. Apollinaire voulait l’aider, sans qu’il le sache. Il avait donc fait établir une reconnaissance de dette de cinquante livres d’or, émanant de la très sainte Eglise et en faveur de Macarios, le père de ce jeune homme. Puis il avait fait vieillir le document, parce que Macarios était mort depuis plus de dix ans. Voici la suite, écoutez bien :

« Le patriarche Apollinaire dit alors au notaire qui a rédigé et vieilli la reconnaissance de dette : ‘‘Va voir le jeune homme, dis-lui que tu as un document qui l’intéressera sûrement, et demande ce qu’il est prêt à te donner pour l’avoir. Mais, messire notaire, n’accepte pas plus de trois pièces d’or.’’ Le notaire répond : ‘‘En vérité, mon Maître, si tu me l’ordonnes, je n’accepterai même pas ces trois pièces.’’ – ‘‘Si, si, reprend le patriarche, je veux absolument que tu acceptes trois pièces d’or.’’ Le notaire se rend chez le jeune homme et lui dit : ‘‘Que me donneras-tu pour que je te remette quelque chose qui t’apportera la plus grande aide ?’’ Le jeune homme, désespéré, accepte de lui donner tout ce qu’il veut. Le notaire réfléchit, puis il dit : ‘‘Il y a quelques jours, en cherchant des documents chez moi, j’ai trouvé cette reconnaissance de dette de cinquante livres d’or que ton père m’avait laissée, il y a longtemps. Puis son décès a fait que cette lettre est restée chez moi jusqu’à présent et je l’avais oubliée.’’ Le jeune homme lui demande : ‘‘Que veux-tu que je te donne ?’’ – ‘‘Trois pièces d’or’’ répond le notaire. ‘‘Sais-tu si ce débiteur est riche ?’’ demande le jeune homme. ‘‘Oh oui, répond le notaire. Il est à la fois riche et de bonne volonté. Tu peux réclamer ton dû sans difficulté.’’ Le jeune homme, reprenant espoir, lui dit : ‘‘Dieu sait que je n’ai rien, mais si on me rembourse cette dette, je t’offrirai autre chose encore, si tu veux, en plus des trois pièces d’or.’’ Le notaire refuse la proposition et lui remet le document. Le jeune homme voit que le débiteur est la Sainte Eglise. Il se rend chez le patriarche, se prosterne devant lui et lui remet le document. Apollinaire prend la reconnaissance de dette dont il est lui-même l’auteur, et fait mine d’être embarrassé.

Nous verrons, la fois prochaine, la suite de cette belle action.

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