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24 février 2019 : Les publicains et les pécheurs – Evangile du fils prodigue – Noyade de Marie la pécheresse (1/2)

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CHANTS

« Chants sacrés bulgares et russes » par Boris Christoff (la grande basse bulgare) – Enregistrement 1976

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Les publicains et les pécheurs

« Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » reprochaient les pharisiens à Jésus. Ils étaient outrés ! Et nous-mêmes, nous avons aussi du mal à accepter les publicains et les pécheurs d’aujourd’hui. Mais si nous réalisons que nous en faisons partie, alors la perspective devient toute autre. Ecoutons St Ephrem à ce sujet. St Ephrem a vécu au IV siècle, il était diacre en Syrie. Ecoutez bien :

« Notre Seigneur a choisi Matthieu, dit St Ephrem, le collecteur d’impôts, pour encourager ses collègues à venir avec Lui. Il a vu des pécheurs, Il les a appelés et les a fait asseoir auprès de Lui. Quel spectacle admirable ! Les anges sont debout et tremblants, alors que les publicains, assis, se réjouissent. Les anges sont frappés de crainte à cause de la grandeur du Seigneur, et les pécheurs mangent et boivent avec Lui. Les scribes suffoquent de haine et de dépit, et les publicains exultent à cause de sa miséricorde. Les cieux ont vu ce spectacle et ils ont été dans l’admiration ; les enfers l’ont vu et ils sont devenus fous. Satan l’a vu et il s’est enragé.

Il y avait de la joie dans les cieux et de l’allégresse chez les anges, parce que les rebelles avaient été convaincus, parce que les récalcitrants s’étaient assagis, parce que les pécheurs s’étaient amendés. Comme notre Seigneur n’a pas renoncé à l’ignominie de la croix malgré les exhortations de ses amis, il n’a pas renoncé à la compagnie des publicains malgré les moqueries de ses ennemis ; faisant ainsi tout ce qui est le mieux pour les hommes. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche du Fils prodigue – Évangile du Triode (Luc 15, 11-32)

En ce temps-là, Jésus dit la parabole suivante. Un père avait deux fils et le plus jeune lui dit : « Père, donne-moi la part qui me revient de notre fortune. » Et le père partagea les ressources entre eux. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout rassemblé, partit pour un pays lointain et, là, il dissipa sa fortune, menant une vie de perdition. Lorsqu’il eut tout dépensé, une cruelle famine toucha ce pays et il commença à être dans le dénuement. Il alla donc s’engager auprès d’un des habitants de ce pays qui l’envoya garder les porcs dans ses champs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les porcs, et personne ne lui en donnait. Entrant en lui-même, il dit : « Tant de salariés de mon père ont du pain en abondance et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais me lever, j’irai vers mon père et je lui dirai : ‘ Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme un de tes salariés.’ » Il se leva et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut saisi de miséricorde ; il courut se jeter au cou de son fils et l’embrassa tendrement. Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. » Mais le père dit à ses esclaves : « Vite, apportez le vêtement le plus beau, et revêtez-l’en ; mettez-lui un anneau à la main et des chaussures aux pieds ! Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et réjouissons-nous ! Mon fils que voici était mort, et il est vivant ; il était perdu et il est retrouvé !» Et ils se mirent à se réjouir. Son fils aîné était aux champs : comme il approchait de la maison, il entendit jouer des danses ; il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait. Celui-ci lui dit : « Ton frère est là, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a recouvré en bonne santé. » Le fils aîné se mit en colère et ne voulait pas entrer. Mais, son père sortit pour l’en prier. Il répondit à son père : « Voilà tant d’années que je te sers comme un esclave sans jamais transgresser un seul de tes commandements, et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis ; et quand ton fils que voilà revient, après avoir dévoré tes ressources avec des débauchées, tu tues pour lui le veau gras ! » Son père lui dit : « Mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi, mais il fallait se réjouir et rendre grâce, car ton frère que voici était mort et il est vivant ; il était perdu et il est retrouvé ! »

*          *          *

Homélie : L’évangile du Fils prodigue est immense. Nous n’en dégageons que de minuscules miettes, tant il est riche. Aujourd’hui, écoutons quel message le Sauveur Jésus Christ nous adresse en ce temps de pré carême. Il nous semble qu’Il nous dit que la promesse du saint et grand Carême est la joie, l’allégresse, l’exultation des pécheurs pardonnés, des justes et des saints. Le Christ en son Église prêche la conversion en vue de la joie ; Il dit Lui-même qu’Il est venu dans le monde pour que les hommes aient part à sa joie et que leur joie soit parfaite (Jean 17). Le temps du Carême est à comprendre comme préparation à la fête. Les signes en sont donnés ici : l’impatience paternelle – « vite ! » – est magnifique ! Dieu qui est si patient avec nous ses enfants, est impatient de nous voir à la place qui nous revient, celle de fils et de filles. Divine impatience ! La joie qui est promise est la joie du Fils et des fils ; elle n’est pas anonyme ou impersonnelle ; elle est celle de ceux dont le Père connaît le nom, qui sont de la maison de Dieu et qui s’y trouvent bien. Vêtements de fête pour celui qui est débraillé, anneau pour celui qui a perdu sa dignité, chaussures aux pieds de celui qui revient de loin, banquet pour celui qui a faim, danses pour réapprendre à marcher, musique pour rééduquer l’oreille au chant des anges : tous ces signes festifs, ces signes finalement liturgiques, sont déjà préparés par le Père en ce début de Carême. Le repentir lui-même, qui est la nausée du péché, et qui nous fait reconnaître devant le Père que nous avons péché contre lui, est orienté vers la joie. La pénitence, la conversion, le repentir n’ont pas de fin en eux-mêmes. Ils existent comme portes de l’allégresse. Et cette allégresse a comme source principale la révélation de la tendresse divine et de la miséricorde du Père. Le repentir ouvre à l’exultation parce qu’il initie à une miséricorde et à une tendresse dont nous n’avons même pas idée. Puissions-nous entendre nous aussi cette parole : « entre dans la joie de ton Seigneur et de ton Père ! »

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Noyade de Marie la pécheresse (1/2)

Et voici un nouveau récit d’Abba Palladios, recueilli par Jean Moschos. Palladios le tenait lui-même d’un capitaine de navire. Ecoutez bien :

« Un jour, je naviguais avec, à bord, des hommes et des femmes. Nous nous dirigeons vers la haute mer. Tous les autres navires filent bien : les uns vers Constantinople, d’autres vers Alexandrie, d’autres ailleurs, tous avec un vent favorable. Mais nous, impossible ! Nous n’avançons pas. Nous restons quinze jours sans avancer, sans bouger du lieu où nous nous trouvons. Nous sommes profondément découragés et embarrassés, nous demandant ce que cela peut bien être. En tant que capitaine, responsable du navire et de ses passagers, je commence à prier Dieu. Et tout à coup une voix d’origine invisible se fait entendre de moi et me dit : ‘‘Jette Marie par-dessus bord, et tu navigueras.’’ Je me demande ce que ça veut dire et qui est cette Marie. Tandis que je ne sais qu’en penser, la voix se manifeste de nouveau à moi : ‘‘Je t’ai dit : jette Marie par-dessus bord, et vous serez sauvés.’’ Je mets alors au point un plan et je crie : ‘‘Marie !’’ Car je ne sais pas qui est cette Marie. Celle-ci, allongée sur sa couche, répond ainsi : ‘‘Que veux-tu, messire ?’’ – ‘‘Je t’en prie, lui dis-je, viens par ici.’’ Elle se lève et vient vers moi. Je la prends à part et lui dis : ‘‘Vois-tu, ma sœur Marie, quels sont mes péchés ! Sais-tu qu’à cause de moi, vous allez tous périr ?’’ Elle se met gémir et me dit : ‘‘En vérité, messire capitaine, c’est moi la pécheresse !’’ – ‘‘Femme, quels sont tes péchés ?’’ – ‘‘Pauvre de moi, dit-elle, il n’est pas de péché que je n’aie commis, et c’est à cause de mes péchés que vous allez tous périr !’’

Alors, poursuit le capitaine, elle me fait à peu près ce récit : ‘‘En vérité, messire capitaine, la malheureuse que je suis avait un mari et deux enfants de lui. Mais mon époux est décédé quand les enfants avaient 9 et 5 ans. Je suis restée veuve. Un soldat habitait près de chez moi et je voulais qu’il m’épouse. J’envoie des gens lui parler. Mais le soldat refuse d’épouser une femme qui a des enfants d’un autre homme.’’ »

Nous verrons la fois prochaine ce que fit alors la femme.

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