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24 janvier 2021 : La Révélation aux tout-petits – Evangile de la guérison de l’aveugle – La jeune fille persécutée par les Perses (3/3)

Victor

CHANTS

« Ensemble Kedroff – Chants liturgiques et populaires russes » par l’Ensemble Kedroff, sous la direction du protodiacre Alexandre Kredoff – disque enregistré en 2004, en la cathédrale Ste Madeleine de Vézelay.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La Révélation aux tout-petits 

« Je Te rends grâce, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants, et de l’avoir révélé aux tout-petits » dit Jésus. Et qu’est-ce ce que Dieu a révélé aux tout-petits plutôt qu’aux savants ? C’est la chose la plus complexe, la plus inouïe. C’est ce que nous avons fêté cette semaine, selon le calendrier julien : la Théophanie, c’est-à-dire le baptême du Christ où s’est manifestée la Sainte Trinité, par la voix du Père et la descente du Saint-Esprit sur le Fils, sous la forme d’une colombe. Ces tout-petits, ce sont les humbles pénitents attirés par St Jean le Précurseur. Ils sont là, le cœur plein de remords, et ils voient et entendent la Sainte Trinité se révéler à eux. Ensuite, les savants se sont emparés de ce concept fascinant et n’ont plus cessé de le creuser sans arriver à l’épuiser. Comme dans la vision de St Augustin qui se promenait sur une plage. Il a vu un enfant en train de remplir un trou avec l’eau de la mer puisée à l’aide d’un coquillage. St Augustin demande à l’enfant ce qu’il fait et l’enfant lui répond : « Je veux mettre toute la mer dans ce trou. » St Augustin s’exclame que c’est impossible et l’enfant, qui est en fait un ange, lui répond : « Ça me sera plus facile qu’à toi d’épuiser les profondeurs de la Sainte Trinité, avec les seules ressources de ta raison humaine. » Nous sommes ici au cœur de la Grâce que Dieu nous donne comme Il le veut. Jésus a d’ailleurs ajouté : « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père, et personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils aura bien voulu Le révéler. » Travaillons nos cœurs, chers frères et sœurs en Christ, comme les pénitents du Jourdain, afin de recevoir la grâce de la foi en la Sainte Trinité !

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

La guérison de l’aveugle (Luc 18, 35-43)

En ce temps-là, comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. Il entendit marcher la foule, et demanda ce que cela signifiait. On lui annonça que Jésus de Nazareth passait par là. Alors il poussa des cris et dit : « Jésus, Fils de David, fais-moi miséricorde ! » Ceux qui marchaient en tête le menaçaient pour le faire taire ; mais lui criait de plus belle : « Fils de David, miséricorde ! » Jésus s’arrêta donc et ordonna qu’on le lui conduisît. Quand l’aveugle fut près de lui, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je recouvre la vue ! » Jésus lui dit : « Recouvre la vue ! Ta foi t’a sauvé ! » À l’instant même l’aveugle recouvra la vue, et il suivait Jésus en glorifiant Dieu ; et tout le peuple, vit cela, et célébra les louanges de Dieu.

*          *          *

Homélie : Quand nous écoutons la parole de Dieu, nous cherchons toujours à être sensibles au contexte dans lequel elle résonne. La parole que nous entendons aujourd’hui est à interpréter d’abord dans le contexte liturgique, ce temps de l’initiation à l’identité de Jésus Christ. Depuis son apparition dans la grotte de Bethléem, alors qu’Il était encore relativement caché, se pose la question de l’identité de cette personne fascinante qui attire, comme une bougie les animaux nocturnes, les sages de l’Extrême Orient, et les contemplatifs veillant sur les bêtes innocentes que l’on tond ou que l’on égorge sans qu’elles résistent. Les anges, plus avancés dans l’initiation divine, savent déjà glorifier l’Enfant « au plus haut des cieux » comme Dieu, comme Manifestation de la bienveillance divine parmi les hommes, et comme Artisan principal de la paix qui surpasse toute paix, que seul le Père céleste peut confier à son Fils et à son Esprit pour l’apporter au monde. Hérode lui-même a cru savoir qu’il s’agissait, dans la personne de ce nouveau-né, d’un rival menaçant son pouvoir, mais il n’a pas su qu’Il était Dieu et Seigneur. Le temps que nous vivons liturgiquement depuis l’adoration des Mages est celui où le bébé de la grotte apparait pour qui Il est ; c’est le temps de l’Épiphanie ou de la Théophanie : Jésus se révèle comme Seigneur et comme Dieu. Il s’est manifesté au bord du Jourdain comme l’Agneau qui porte le péché du monde ; Il s’est révélé comme Fils bien-aimé du Père submergé par l’Esprit de ce même Père ; Il a terrassé dans le désert le Diable qui le prenait pour un simple homme. Il a parlé comme Roi, en invitant tous les hommes à entrer dans son Royaume par la conversion de leur cœur ; Il s’est laissé adorer et glorifier comme Dieu par le lépreux reconnaissant. Aujourd’hui, Il se laisse appeler d’un nom qui le désigne comme Messie : « Jésus, Fils de David, miséricorde ! » Son identité de Messie humain et de Fils de Dieu construit une représentation dans la conscience du peuple qui l’entoure. La Théophanie, ou manifestation de la divinité de Jésus, se fait progressivement et commence à prendre une place dans l’Israël de Dieu. Et quand l’aveugle – car seul un aveugle peut y voir si clair ! -, quand l’aveugle répond à sa question, il l’appelle « Seigneur » : Seigneur, fais que je voie ! Certains diront que Seigneur veut simplement dire Monsieur. Mais Seigneur, c’est également Adonaï : « le Seigneur est Dieu et Il nous est apparu ! », chante le grand répons de matines. L’identité du Sauveur devient de plus en plus claire. Et Jésus, en grand mystagogue, laisse découvrir progressivement son identité, alors qu’Il pouvait se déclarer directement comme qui Il est, le Verbe fait chair ! Une théophanie est éclatante, ou bien, souvent, elle est une lumière croissante, éclairant lentement mais surement la conscience de l’homme bien disposé. La parole de ce jour résonne liturgiquement, pédagogiquement, initiatiquement : le Père céleste dévoile par son Esprit que Jésus est son Fils co-éternel, bien plus : atemporel ! Nous avons souvent besoin de répondre, pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent, à la question « qui est Jésus ? » ou « qui es-Tu, Jésus ? » ou encore à celle que Lui-même posait : « qui dites-vous que Je suis ? » La réponse à cette question, et la formation dans notre conscience d’une représentation claire de l’identité du Sauveur constituent la pierre de touche de toute notre vie, de toute notre prière et de tout notre espoir : seul un dieu peut être prié, et seul un dieu peut assumer l’humanité au point où le Sauveur l’assuma, c’est-à-dire en lui faisant franchir les portes de la mort. La Pâque du Sauveur se prépare déjà !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

La jeune fille persécutée par les Perses (3/3)

Voici la conclusion de ce récit de Jean Moschos que nous avons commencé il y a quinze jours. Cela se passe à Jérusalem quand elle a été envahie, au début du VII siècle, par les Perses, qui étaient à l’époque zoroastriens. Cette terrible occupation, qui durera 15 ans, commence par un massacre épouvantable des habitants majoritairement chrétiens. Mais les Perses épargnent les jeunes filles qui étaient au service de l’Eglise, pour les réserver à leur propre usage. Les jeunes filles acceptent plus ou moins leur sort, sauf une que Jean Moschos appelle l’‘Agnelle du Seigneur’, et qui commence une véritable grève de la faim. Comme cette jeune fille est la plus belle du groupe de celles qui n’ont pas été massacrées, le Perse, son maître, qui est un homme raffiné, la laisse tranquille, à cause de sa beauté dont il espère de grandes délices. Mais, un soir où il a beaucoup bu, le Perse la fait venir de force et la place à côté de lui, au banquet. Elle ne touche à aucun plat. Echauffé par la quantité de vin et par le désir de luxure, le maître abandonne ses convives et veut l’emmener passer la nuit avec lui. Elle s’y oppose, il devient enragé et la roue de coups. Etrangement, le Perse s’obstine à obtenir son consentement. Mais plus il insiste, plus elle refuse. Alors il la saisit et l’emmène en haut d’une des tours du rempart de la Ville sainte. Voici la suite, écoutez bien :

« Le Perse fait grimper l’Agnelle du Seigneur sur le parapet de la tour et lui demande encore une fois d’accéder à son désir. La jeune fille le repousse avec dégoût. Enragé, le Perse dégaine son épée et se met à la torturer. A chaque coup d’épée, il l’encourage à se livrer à la luxure. Mais elle persévère courageusement dans son refus. Sa robe se couvre de son sang. Finalement, il lui demande solennellement de se donner à lui, il reçoit encore une fois la même réponse, conforme à la pieuse confession de foi de la jeune fille. Il appelle alors ses serviteurs et leur ordonne de la précipiter en bas de la tour. Ce qu’ils font aussitôt.

Après avoir combattu avec courage, conclut Jean Moschos, l’Agnelle du Seigneur rendit son âme à Dieu, recevant en échange la couronne du martyr donnée par le Christ Seigneur. »

Ainsi se termine cette dramatique histoire. Elle semble nous plonger dans un passé lointain. Mais régulièrement des faits divers nous rappellent que cela arrive encore et toujours.

Le podcast de cette émission n'a pas encore été mis en ligne.

Commentaires

  1. Chère RND, nous somme le 28 janvier et le podcast n’a pas encore été mis en ligne. Pouvez-vous y remédier ? Merci.
    C. L.

  2. Oui, je relaie la demande précédente et remercie RND pour ses belles émissions.
    Les podcasts sont une aide précieuce à l’assimilation de paroles fortes dont le profit passe par la réécoute à volonté.
    Merci encore à Victor Loupan pour la réalisation de cette émission ‘Lumière de l’orthodoxie’,
    et à Bertrand Vergely pour ses chroniques si pertinentes et vivifiantes.

  3. Oui, je relaie le message précédent et remercie RND pour ses belles émissions.
    Les podcasts sont une aide précieuse à l’ assimilation et au profit des paroles fortes par la réécoute à volonté.
    Merci encore à Victor Loupan pour la réalisation de cette belle émission et à Bertrand Vergely pour ses chroniques si pertinentes et vivifiantes.

  4. Bonjour,

    je me rallie à ce chant unanime. Quand pourrons-nous avoir le plaisir de réécouter cette superbe émission ?
    A très vite de vos nouvelles.

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