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19 mai 2019 : La quête de la Vérité – Evangile du paralytique de la piscine de Bethzatha – Le fruit de la fidélité conjugale (1/3)

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CHANTS

« Musique sacrée médiévale arménienne – Armenian Medieval Spiritual Music » interprétée par Lusine Zakarian – OCTA Records 1995 – Invitro Center 2007.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La quête de la Vérité

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !

Nous croyons que nous sommes des êtres raisonnables et que nous obéissons totalement à la raison quand elle s’impose à nous. C’est faux ! Car notre liberté reste entière.  La liberté, c’est pouvoir choisir entre le bien et le mal. Ou plus exactement choisir entre un moindre bien et un plus grand bien. L’exemple classique, c’est le chocolat.  J’aime le chocolat, j’en mange au point de me rendre malade. J’ai préféré le moindre bien qu’est le chocolat au bien supérieur qu’est la santé.  Et cela est vrai de tous nos choix. Même les plus monstrueux : ainsi le pédophile préfère son plaisir au bien de l’enfant. Mais notre liberté s’exerce aussi vis-à-vis de la Vérité. Il faut bien le dire, nous préférons souvent la fausseté à la vérité.  Surtout quand la fausseté est soutenue par la société. Le monde se sert finement de la vérité pour inspirer le mensonge : ainsi nous sommes tous égaux devant la loi, par conséquent nous sommes contraints d’affirmer que l’union d’un homme et d’une femme est équivalente à l’union de deux personnes du même sexe. Ou encore le monde utilise la vertu pour autoriser le péché : ainsi la pseudo-compassion sert à justifier l’euthanasie. Et il en ainsi de toutes les idées chrétiennes devenues folles, comme le dit Chesterton. La Vérité est une quête qui peut nous obliger à changer notre vie. Ce n’est pas facile. Le confort de dire comme tout le monde peut être plus fort que notre amour de la raison. Pour vaincre notre paresse, n’oublions pas que le Christ est la Vérité. Et la Vérité nous rendra libres. Il nous l’a dit.  Car la liberté, c’est adhérer à ce pour quoi nous avons été créés. Et c’est ce que nous révèle la quête de la Vérité.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche du Paralytique de la piscine de Bethzatha (Jean 5, 1-15)

En ce temps-là, après la guérison du fils de l’officier, il y avait une fête des Juifs et Jésus monta à Jérusalem. Or il y a à Jérusalem près de la Porte des brebis une piscine, appelée en hébreu Bethzatha, et qui possède cinq portiques. Sous ceux-ci une foule de malades étaient étendus, aveugles, boiteux, sourds, paralytiques, qui attendaient le bouillonnement de l’eau. Car l’ange du Seigneur descendait parfois dans la piscine et l’eau s’agitait ; le premier qui y entrait après le bouillonnement avait alors la santé, quel que fût son mal. Il était là quelqu’un de malade depuis trente-huit ans. Jésus le voyant étendu, et sachant qu’il y avait déjà longtemps, lui dit : « Veux-tu avoir la santé ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine lorsque l’eau s’agite et quand moi j’y vais, un autre y descend avant moi et reçoit la guérison et moi je m’en vais malade. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton grabat et marche ! » Sur-le-champ cette personne eut la santé : il prit son grabat et il marchait. Ce jour-là était un jour de sabbat. Les Judéens dirent donc à celui qui avait été soigné : « C’est sabbat et il ne t’es pas possible de porter ton grabat. » Mais, il leur répondit : « Celui qui m’a donné la santé, c’est Lui qui m’a dit : Prends ton grabat et marche. » Ils lui demandèrent donc : « Qui est la personne qui t’a dit : Prends et marche ? » Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était ; Jésus, en effet, avait disparu, car il y avait foule à cet endroit. Après cela, Jésus le trouve dans le Temple et lui dit : « Vois, tu es devenu en bonne santé; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’advienne pire. » Cette personne partit et dit aux Judéens que c’était Jésus qui lui avait donné la santé.

*          *          *

Homélie : L’évangile de ce jour, lu au sein du temps de Pentecôte, annonce la vie dans l’Esprit. Combien d’hommes, de femmes, de croyants et d’incroyants, attendent, sur le bord de la vie, en marge de leur propre existence, qu’il advienne un bouleversement. Le Christ est précisément Celui qui vient à notre rencontre pour opérer la révolution attendue. Sortir du cauchemar ! Le Sisyphe du mythe et des philosophes vit le cauchemar quotidien du rocher que tu hisses sur la hauteur et qui retombe sans cesse – cauchemar du recommencement indéfini, de la répétition quotidienne. Le paralytique de Bethesda est un autre Sisyphe, figure de l’humanité prisonnière, écureuil en cage, esclave attaché à la roue de sa propre vie, l’homme ne peut rien pour lui-même. Il se traîne vers la vraie vie : un autre, et cela depuis des années, arrivera avant lui – au cauchemar ! Et le Christ Sauveur est Celui qui intervient dans la vie des hommes, dans la vie du monde, dans la civilisation, comme le montrent de nombreux exemples évangéliques. Le saint Évangile nous montre Dieu intervenant, Dieu s’interposant pour la femme, Dieu prenant le parti de l’homme devant l’homme, Dieu dénonçant la mort, la souffrance, l’injustice, bref : l’inhumanité. Mais, ce que dit l’évangile de ce jour, c’est que le Seigneur conteste la mort par la vie et, de façon plus précise encore, Il réfute la mort, l’esclavage sous toutes ses formes, la déshumanisation sous toutes ses formes, en nous communiquant la grâce du saint Esprit. Aujourd’hui, un paralysé reçoit du Verbe incarné la force de l’Esprit qui le fait mouvoir, qui lui rend la vie et l’être : la mobilité et l’autonomie. L’Esprit qu’envoie le Fils de la part du Père est Celui qui autonomise au maximum : « Prends ton grabat et marche ! » Notre foi fait bouger, marcher, courir, sauter et danser, parce que l’Esprit du Père que donne le Fils se manifeste comme énergie, cette fameuse énergie incréée qu’annonçait au début du Carême la voix de saint Grégoire de Thessalonique. Le Fils de Dieu et Fils de l’Homme est Celui qui apporte la religion de l’Esprit, l’Église de l’Esprit, la foi dans l’Esprit, la vie, le mouvement et l’être dans l’Esprit. Il ressuscite,  oui, Il se ressuscite par la puissance de ce même Esprit, et Il communique l’énergie de la Résurrection. Se lever, prendre sa vie dans ses mains, marcher vers un horizon nouveau, sont des symptômes résurrectionnels. Et l’on voit bien les conséquences de la Résurrection dans la vie. Cherchons avec ferveur à dépister quels peuvent bien être pour chacun d’entre nous les fruits attendus de la Résurrection, et comment le Ressuscité donne à notre vie sans vie le dynamisme de son propre Esprit – comment Il souffle sur nous, Il insuffle sur nous et en nous l’énergie du Seigneur et du Vivifiant ! Tout l’enjeu du temps de Pentecôte est dans ce message…

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le fruit de la fidélité conjugale (1/3)

Voici un récit de fidélité conjugale, rapporté par Jean Moschos. Ecoutez bien :

« Un négociant de la ville d’Ascalon rapportait sur son navire le fruit d’un négoce important dans lequel il avait engagé non seulement toute sa fortune, mais aussi l’argent que lui avaient confié plusieurs notables de la ville. Et voilà que son navire fait naufrage avec tous ses biens et qu’il est le seul rescapé. A peine est-il rentré en ville, que ses créanciers mettent la main sur lui et le font jeter en prison, ne leur laissant, à sa femme et à lui, que les vêtements qu’ils ont sur eux. Sa femme, très découragée, n’ayant plus rien, se met à mendier pour se nourrir et apporter au moins du pain à son mari. Un jour où elle était en train de manger avec son époux dans la prison, surgit un personnage important venu réconforter les détenus. Dès qu’il voit la femme assise avec son mari, il s’en éprend, car elle est fort charmante. Il lui fait passer un message par le gardien. La femme accourt avec joie, s’attendant à un geste charitable de sa part. Il l’emmène à l’écart et lui demande : ‘‘Qu’as-tu fait ? Pourquoi es-tu là ?’’ et elle lui raconte tout ce qui leur est arrivé. ‘‘Si je règle ta dette, lui demande alors cet homme, passeras-tu la nuit avec moi ?’’ Mais elle, aussi sage que belle, lui répond : ‘‘Maître, j’ai appris de l’Apôtre Paul que la femme n’a pas de pouvoir sur son corps, mais c’est son époux.  Laissez-moi interroger mon mari et j’agirai selon sa volonté.’’ [La citation complète, chers auditeurs, est « La femme n’a pas puissance sur son propre corps, mais le mari ; pareillement le mari n’a pas puissance sur son propre corps, mais la femme.’’ Elle se trouve dans la 1ère épitre aux Corinthiens.] Je reprends. La femme s’en va tout raconter à son mari. Intelligent et aimant son épouse, il ne se laisse pas séduire par l’idée de sortir de prison. Après un profond gémissement et avec des larmes, il dit à sa femme : ‘‘Va, mon épouse, ma sœur, et refuse-toi à cet homme. Nous espérons en Dieu : Il ne nous abandonnera pas à la fin.’’ Elle se lève et va congédier l’important personnage en disant : ‘‘J’en ai parlé à mon mari, il ne veut pas.’’ »

Nous verrons, la fois prochaine, la suite de cette histoire édifiante.

Le Christ est ressuscité, en vérité Il est ressuscité !

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