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18 octobre 2020 : La paternité chrétienne (4/4) – Evangile de la résurrection du fils de la veuve de Naïm – Le sacrilège des enfants (2/2)

Victor

CHANTS

« Goûtez la Fontaine de l’Immortalité – Taste the Fountain of Immortality » chanté en anglais par le Choeur des Moines de Valaam, en Russie, sous la direction de Herman Dyabtsev – Valaam Monastery 1996.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La paternité chrétienne (4/4) 

Pour clôturer notre réflexion sur la paternité chrétienne, je voudrais attirer l’attention sur deux derniers écueils. Le premier est de s’adresser à un enfant comme à un adulte. Beaucoup de pères aujourd’hui ont du mal à se positionner par rapport à leurs enfants. Soit, ils les traitent en adultes. Soit, ils se prennent eux-mêmes pour des grands frères. Dans un cas comme dans l’autre, de tels pères effacent alors la distance protectrice de la paternité et l’enfant reçoit les coups de la vie, sans bouclier. Nous connaissons, tous, des exemples de ce type, et les conséquences sont dévastatrices.

Mais il y a l’écueil inverse : la paternité s’exerce aussi sur les adultes. Or on ne traite pas un adulte, comme on traite un enfant. Saint-Paul nous met en garde, en disant ceci : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. Et vous, parents, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les avertissant selon le Seigneur. » L’expérience de l’autorité paternelle est utile aux jeunes adultes, à condition qu’elle ne soit pas exaspérante. Car si elle est exaspérante, elle devient du paternalisme et nous retrouvons alors la figure tyrannique du Pater Familias romain qui est l’antithèse de la paternité chrétienne.

Alors, comment réussir à être un vrai père ? Eh bien, imitons Notre Seigneur qui nous dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. »

Eh oui, comme le disait, avec humour, un ami : « La paternité, c’est un sacerdôôôce. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

La résurrection du fils de la veuve de Naïm (Luc 7, 11-16)

En ce temps-là, (après la guérison du fils du centurion) Jésus se rendit à une ville appelée Naïn ; ses disciples et une grande foule l’accompagnaient. Comme Il approchait de la porte de la ville, voilà qu’on portait en procession un mort : c’était le fils unique de sa mère, qui était veuve. Une foule sortie de la ville se trouvait avec elle. Quand le Seigneur la vit, Il fut ému pour elle dans ses entrailles et lui dit : « Ne pleure pas ! » Et s’avançant Il toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent. Jésus dit : « Jeune homme, Je te le dis, réveille-toi ! » Le cadavre se dressa sur son séant et se mit à parler. Jésus le donna à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous ! » et également : « Dieu a pris en considération son peuple ! »

*          *          *

Homélie . En écoutant l’évangile de ce jour, évangile que nous avons entendu si souvent, nous l’entendons dans le contexte actuel, celui de la pandémie, celui de la légalisation d’avortements en fin de grossesse, celui de la violence qui sévit dans le monde et dans notre propre pays. Presque chaque semaine, on entend parler de meurtre, d’attentats, de destruction de telle ou telle zone de la planète. Sans faire beaucoup d’efforts, nous pouvons nous reconnaître dans cette veuve dont le seul espoir de dignité sociale et même de survie matérielle est mort. Le Sauveur Jésus Christ déambule sur les chemins de ce monde et Il rencontre la condition humaine telle qu’elle est. Celle-ci est veuve, car elle n’a pas le soutien de l’époux : quel époux ? Pensons bien sûr, au premier degré, à une société dans laquelle la structure naturelle du couple, forme paradisiaque donnée au Paradis à la première humanité, est fréquemment menacée ou détruite. Nous savons quelle séparation hommes et femmes vivent en notre temps. Mais l’état de veuvage de la société n’est pas seulement lié à la défaillance des hommes, à la crise de la paternité dans notre société, ou à la confusion des sexes : il est celui que produit la mort de l’Époux par excellence, le Seigneur donateur de vie. L’Époux de cette humanité est mort parce que, comme le dit le philosophe Nietzsche, « Dieu est mort et nous l’avons tué ». L’humanité est veuve de son Seigneur. Il n’est pas exagéré de dire, selon les informations de chaque jour, que notre société non seulement est veuve de son Seigneur, mais elle enterre ses propres œuvres. Elle tombe dans le trou qu’elle a creusé, comme dit David en son psaume. La veuve de Naïm est une figure de notre temps et le récit historique auquel nous avons à faire prend la forme de la parabole, un conte dans lequel il nous est raconté notre propre histoire. Le Seigneur ne nous enseigne pas avec des idées ; Il nous instruit par des récits ; le saint Évangile dépeint notre actualité, une société privée de celui qui pourrait la rendre féconde et qui porte la mort. On dirait que la mort a gagné. Chaque jour, on tue et on extermine sur la planète. Notre monde porte un « cadavre », comme le dit l’original réaliste de notre évangile. Société morbide, moribonde ; civilisation mortifère ; les grands génocides ne sont pas si loin et d’autres génocides s’apprêtent sous des formes quelquefois sophistiquées, celles qu’inspirent le confort, la mort de l’âme, et l’égoïsme qui consent à l’eugénisme. L’Évangile peint notre temps ! Et il le dépeint avec un optimisme inattendu. Quand tout semble perdu, la vie triomphe ; quand la mort a gagné une première manche, l’amour en Personne gagne la deuxième ; quand les larmes de la veuve détrempent le sol de notre planète, le Verbe consolateur éprouve en son humanité réelle le saisissement des entrailles féminines. Devant la femme veuve et orpheline de son fils, le Seigneur ressent la féminité d’un sein maternel compatissant. Notre Dieu est si féminin ! Notre Père céleste est si maternel ! Si l’on déchiffre notre temps à la loupe de l’évangile de ce jour, tous les espoirs sont permis. « Ne pleure pas ! », dit le Sauveur à notre humanité orpheline et veuve. Et ce n’est pas si facile à dire – « ne pleure pas ! » : Celui qui parle ici à notre temps, est celui qui ressuscitera, et Il parle d’espoir aux désespérés de nos jours. Dieu ose dire « ne pleure pas » aux inconsolables de notre planète éprouvée par le fléau, frustrée par une distance impersonnelle entre nous, défigurée par le masque qui bâillonne, aveugle et rend étranger. « Ne pleure pas ! », maman, épouse, époux, enfant, amant, amoureuse, croyant, incroyant encore, « ne pleure pas, car Je suis la Résurrection ! » ; Je suis venu à ta rencontre pour sécher tes larmes, te proposer l’entrée dans la vraie vie, et pour dire au cadavre que tu conduis : lève-toi ! Debout ! Marche ! Cours sur les sentiers de l’humanité véritable, dont Moi le Verbe, Je suis porteur : « Dieu prend son peuple en considération ! »

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le sacrilège des enfants (2/2)

Nous avons commencé, la semaine dernière, un récit que Jean Moschos, tenait d’un certain Georges, préfet de la province d’Afrique.  Ce récit concernait des enfants qui avaient joué à la liturgie et surtout qui avaient accompli le rite de la consécration, qu’ils connaissaient bien, parce qu’ils étaient toujours devant le saint autel, à l’église. Au moment où ils allaient rompre les pains, la foudre s’était abattue sur les offrandes consacrées, et les avait détruites, ainsi que la pierre plate qui leur servait d’autel. Les enfants stupéfaits avaient été jetés à terre, et ils étaient incapables de bouger ou de parler. Les parents inquiets de leur longue absence étaient allés les chercher et les avaient ramenés au village dans cet état. Voici la suite, écoutez bien :

« ‘‘Les parents sont stupéfaits, poursuit Georges, devant l’état d’égarement des enfants. Tout au long de la journée, ils les interrogent à plusieurs reprises, sans pouvoir obtenir la moindre réponse. Le soir arrive, les parents ne savent toujours rien de leur mésaventure. Le lendemain, les enfants reviennent progressivement à eux et racontent tout à leurs parents : ce qu’ils ont fait et ce qui est arrivé. Les parents décident d’aller voir le lieu de ce prodige. Ils y vont avec les notables du village. Les enfants les mènent là où était la pierre plate et ils leur montrent les traces du feu qui s’est abattu à cet endroit. Les adultes sont convaincus en voyant les faits eux-mêmes, et ils sont très effrayés en comprenant que la foudre divine s’est abattue, en ce lieu, pour empêcher le sacrilège des enfants. Ne pouvant porter une telle responsabilité, ils vont à la ville proche et rapportent toute l’histoire à l’évêque. Etonné par l’importance de ce qu’ils racontent, l’évêque se rend sur place, avec tout son clergé. Il interroge longuement les enfants et les parents, il examine soigneusement les traces du feu céleste et la pierre consumée. Après mûre réflexion et longue prière, il décide d’envoyer les enfants dans un monastère. Puis il fait édifier un monastère sur le lieu même du prodige, et placer le saint autel de l’église au-dessus de la pierre consumée.’’  Ce même maître Georges, conclut Jean Moschos, nous a dit aussi qu’il avait vu un de ces enfants, devenu moine, dans ce monastère érigé sur le lieu du prodige. Et c’est ce miracle divin et angélique que m’a raconté Georges, l’ami du Christ qui se réjouissait de tout ce qui plaît à Dieu. »

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