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15 décembre 2019 : Lire l’Ecriture Sainte – Evangile de la parabole du grand dîner dédaigné – St Léon et les hérésies

Victor

CHANTS

« Les voix de l’Unité » par les futurs prêtres du séminaire orthodoxe Ste Geneviève à Epinay-sous-Sénart et ceux du séminaire catholique St Sulpice à Issy-les-Moulineaux qui ont uni leurs voix et leurs traditions liturgiques et musicales – Jade 2018.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Lire l’Ecriture Sainte

Est-ce que nous lisons l’Ecriture Sainte ? Bien sûr, nous en écoutons deux brefs passages chaque dimanche. Mais c’est un peu court. Et les Pères de l’Eglise attendent de nous plus que ça ! Comme, par exemple, St Césaire d’Arles qui fut un moine évêque en proie aux hérésies, contemporain de Clovis. Voici ce qu’il en dit, écoutez bien : « Que le Christ vous aide, très chers frères, à toujours accueillir la lecture de la parole de Dieu avec un cœur avide et assoiffé ; ainsi votre obéissance très fidèle vous remplira de joie spirituelle. Mais si vous voulez que les saintes Écritures aient pour vous de la douceur, et que les préceptes divins vous profitent autant qu’il le faut, soustrayez-vous pendant quelques heures à vos préoccupations matérielles. Relisez dans vos maisons les paroles de Dieu, et consacrez-vous entièrement à sa miséricorde. Ainsi vous serez l’homme bienheureux décrit dans les psaumes : ‘‘Il méditera jour et nuit la loi du Seigneur’’. Vous qui cherchez des bénéfices spirituels, ne vous contentez pas seulement d’entendre les textes sacrés à l’église. Lisez-les aussi à la maison ; quand les jours sont courts, profitez des longues soirées. Et ainsi vous pourrez amasser un froment spirituel dans le grenier de votre cœur et ranger dans le trésor de vos âmes les perles précieuses des Écritures. » [fin de citation] Eh oui, chers frères et sœurs en Christ, ouvrons notre Bible et profitons de ce temps propice pour mieux comprendre la révélation de notre Salut.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Parabole du grand dîner dédaigné (Luc 14, 16-24)

En ce temps-là, le Seigneur dit cette parabole. Quelqu’un donnait un grand dîner, et il invita beaucoup de gens. À l’heure du dîner, il envoya son esclave dire aux invités : « Venez, car déjà tout est prêt ». Et tous unanimement se mirent à s’excuser. Le premier dit : « J’ai acheté une terre, et je dois aller la voir ; je t’en prie, excuse-moi ! » Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi ! » Un autre dit : « Je viens de me marier et pour cette  raison je ne peux pas venir ». À son retour, l’esclave rapporta cela à son maître. Mécontent, le maître de maison dit à son esclave : « Va vite sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. – Maître, dit l’esclave, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place ! » Le maître dit alors à son esclave : « Va sur les chemins et les long des clôtures, et insiste pour faire entrer les gens, pour que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun des hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner ! » En effet, conclut Jésus, il y a beaucoup d’invités, mais peu d’élus.

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Homélie : La parabole que nous venons d’entendre décrit le mystère de l’Église du Dieu trois-fois Saint. Celle-ci se définit par la fête, par la joie, par l’amour. Le Fils de Dieu est venu dans le monde pour que les hommes puissent participer au banquet de son amour. L’enjeu de l’Incarnation, cette humanisation de Dieu qui demeure Dieu, est que tous les hommes aient accès à la vie divine, à la familiarité du Père. L’Église apparaît comme possibilité du Salut pour tous. C’est pourquoi le maître de maison s’ingénie ici à battre les buissons et à inviter tous les hommes que ses serviteurs pourront rencontrer, sans aucune distinction. Le Salut pour tous : voilà le programme du Père, du Fils et du saint Esprit. La joie divine pour tous ! L’invitation du Christ est universelle parce que l’amour qui est le cœur de cette fête est un amour sans limite. L’amour se limite lui-même quelquefois par respect pour les personnes ; mais il est foncièrement inclusif, hospitalier, accueillant. Il lui arrive d’être insistant, comme nous le voyons. L’amour ne force pas ;  mais il chercher à persuader : « si, viens, je t’assure, tu verras comme ce sera bon ! » L’amour n’invite pas du bout des lèvres, il n’invite pas par politesse : il invite par amour, par envie que tous se réjouissent et pour dilater son propre être. L’amour multiplie. L’amour magnifie. L’amour ne compte pas, il ne dénombre pas. La quantité ne l’intéresse pas. Ce qui l’intéresse, c’est la plénitude. La plénitude ne fait pas nombre. La sainte Trinité, amour suprême et source de tout, est la plénitude, et elle ne fait pas nombre.  Il n’y a pas trois dieux, une certaine quantité de dieux. Nous ne sommes pas polythéistes. Le chiffre de la triple unité exprime la plénitude : Saint ! Saint ! Saint ! Cette plénitude, le Seigneur en fait le banquet de son Église. En ce temps de préparation à Noël, le Seigneur nous invite, et le mot « église » veut dire invitation, convocation, appel universel à venir s’enivrer de la liesse de l’amour divin. Et s’il y a « peu d’élus », ce n’est pas la faute à l’Invitant ! Innombrables sont les invités ; peu, c’est-à-dire justement quantifiables, sont ceux qui répondent. La liberté est dans la réponse. L’Église, pour être la fête en plénitude, la fête de la plénitude, ou la plénitude festive vers laquelle nous tendons, demande la synergie. Dieu est l’hôte et l’invitant. L’homme est celui qui répond, ou ne répond pas, ou répond mollement, ou répond plus tard. Dans de nombreuses pages, le saint Évangile nous indique cette réalité : le dialogue ; une proposition, suivie ou non d’une réponse. Tel est le mystère du Christ, le Dieu-Homme : coïncidence de la volonté divine et de la volonté humaine ; rencontre nuptiale de deux libertés ; Celui qui est conçu en Marie le 25 mars et qui vient au monde le 25 décembre est Dieu et Homme ; Il porte en sa personne divine les deux natures, les deux volontés, les deux libertés, les deux énergies. L’évangile de ce jour annonce Noël, non seulement comme invitation à nous réjouir avec notre maître, mais parce qu’il désigne cette rencontre du divin Invitant et de l’Invité humain. Cet évangile est trinitaire parce qu’il signale la communion eucharistique des personnes ; il est christologique parce qu’il montre en l’union des deux volontés le chemin du Salut et de l’épanouissement pour tous ceux qui le veulent, ou qui se laissent persuader et convaincre par la persuasion de l’Esprit. Mettons cela en pratique ! Usons de cette persuasion aimante pour attirer vers la joie du Père tous ceux qui nous entourent, croyants ou non encore croyants : Venez, réjouissons-nous ensemble avec le Seigneur !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

St Léon et les hérésies

Jean Moschos rapporte plusieurs récits qui concernent St Grégoire le Grand, le pape de Rome qui était son contemporain et qui donc a vécu, comme lui, au VI siècle. Voici ce que lui a raconté Théodore, évêque de Darna en Libye. Ecoutez bien :

« J’étais syncelle du vénérable patriarche d’Alexandrie Eulogios, raconte Théodore. [Le syncelle, chers auditeurs, était un officier placé auprès des patriarches et des évêques,  pour inspecter leur conduite ! Syncelle signifie d’ailleurs ‘‘qui vit dans la même cellule’’. C’était une surveillance de chaque instant !] Voici qu’un jour, poursuit Théodore, je vois, dans mon sommeil, un homme à l’air digne. Il est grand. Il me dit : ‘‘Annonce-moi auprès du patriarche Eulogios.’’ Je lui demande : ‘‘Qui êtes-vous, maître ? Comment voulez-vous que je vous annonce ?’’ Il me répond : ‘‘Je suis Léon, le pape de Rome.’’ J’entre chez le patriarche et je lui annonce : ‘‘Le très saint et bienheureux pape Léon, évêque de l’Eglise de Rome, veut se prosterner devant vous.’’ A ces mots, le patriarche Eulogios se lève et se précipite à sa rencontre. Tous deux s’embrassent et, après avoir récité une prière, ils s’asseyent. Alors Léon, vraiment inspiré de Dieu, dit au patriarche : ‘‘Sais-tu pourquoi je suis venu vers toi ?’’ Le patriarche répond qu’il n’en sait rien et le pape poursuit : ‘‘Je suis venu pour te rendre grâce, parce que tu as plaidé, avec force et talent, en faveur de la lettre que j’ai adressée à notre frère Flavien, le patriarche de Constantinople. Tu as clairement révélé ma pensée et tu as fermé la bouche aux hérétiques. Sache donc, mon frère, que ce n’est pas seulement pour moi que tu as fait preuve de cette sollicitude inspirée, mais aussi pour le chef des apôtres, Pierre. Et surtout et avant tout, pour la Vérité elle-même que nous proclamons, et qui est le Christ notre Dieu.’’ Et cette vision, continue Théodore, je ne l’ai pas eue qu’une fois, mais trois fois ! Convaincu par cette triple apparition, je la raconte au patriarche Eulogios. A ces mots, il se met à pleurer et tend les mains vers le ciel. Il rend grâce à Dieu en disant : ‘‘Je Te remercie, Seigneur Jésus Christ, notre Dieu, d’avoir fait de moi, alors que j’en suis indigne, le héraut de ta Vérité. Et, par les prières de tes serviteurs Pierre et Léon, ta bonté a accepté mon modeste zèle. Tout comme elle a accepté les deux piécettes de la veuve.’’ »

Vous vous souvenez, chers frères et sœurs, de cette veuve qui avait fait l’admiration de Jésus. Elle n’avait mis que deux piécettes dans le trésor du Temple. Mais ce don minuscule était bien plus précieux aux yeux de Dieu que les riches offrandes des autres, car la veuve avait donné tout ce qu’elle avait, tandis que les autres n’avaient offert que leur superflu. Et c’était elle, le modèle du patriarche Eulogios.

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