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15 juillet 2018 : L’Esprit Saint dans nos vies – Evangile de la guérison des aveugles et du possédé – Fin d’émission musicale

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CHANTS

« La Passion et la Résurrection de Jésus » par le choeur roumain Madrigal, sous la direction de Marin Constantin – Electrocord 1993

INTRODUCTION de Victor Loupan

L’Esprit Saint dans nos vies

Nous voici arrivés à la fin de cette saison radiophonique. Si nous ne partons pas tous en vacances, il est certain qu’un autre rythme anime nos vies pendant ces mois d’été. Le risque est grand de laisser nos âmes en friche, dans un farniente général du corps et de l’esprit. Un des écueils est la médisance. Nous bavardons beaucoup plus, car nous avons le temps, et notre prochain est souvent rhabillé pour l’hiver ! Ecoutons plutôt St Isaac le Syrien : « Absolution et indulgence s’étendent partout. Tu dis à Dieu ta gratitude. Tu pardonnes à tous. Tu ne tentes personne. Nul ne te porte tort. Tu ne cherches pas de justification humaine. » Voilà un bon programme pour cadrer nos conversations !

Mais notre bavardage ne fait que refléter notre vie : « Nous sommes enfermés dans la prison du siècle présent, dit St Isaac, dans les murs des apparences, dans la stérilité du relatif, dans l’aphonie du mouvement et de la vie mécanique. » Et il a écrit ça au VII siècle, ça n’a pas pris une ride ! Mais nous ne sortirons pas de cette vie factice avec nos seules forces. Le Christ nous l’a bien dit : « C’est impossible aux hommes, mais tout est possible à Dieu. »  Supplions donc le Seigneur de transformer nos vies pour que nous puissions dire comme St Isaac : « Une porte s’est ouverte. Je suis entré dans un autre espace. Est venu un autre esprit et il m’a trouvé. Il était léger, constant. Il me ressuscitait. C’était lui qui, dans ma vie, pesait d’un poids précieux. Rien d’autre. » Que l’Esprit Saint nous aide à traverser ces mois d’été !

EVANGILE ET HOMELIE  par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Évangile du 7ème dimanche après la Pentecôte (Matt 9, 27-35)

En ce temps-là, Jésus était en chemin ; deux aveugles se mirent à le suivre en criant : « Fais-nous miséricorde, Fils de David ! » Jésus arrivé à la maison, les aveugles vinrent à sa rencontre ; Il leur dit : « Avez-vous foi que Je puisse faire cela ? » Ils lui disent : « Oui, Seigneur ! » Alors Il leur toucha les yeux en disant : « Qu’il vous advienne selon votre foi ! » Et leurs yeux s’ouvrirent. Alors Jésus les avertit : « Veillez à ce que personne ne le sache! » Mais à peine sortis, ils en répandirent la nouvelle dans toute cette terre. Tandis que Jésus et ses disciples sortaient (du village), on lui présenta un muet possédé: une fois le démon expulsé, le muet se mit à parler ; et les foules étaient émerveillées et disaient : « Jamais il n’y a eu pareille manifestation en Israël ! » Mais les Pharisiens disaient : « C’est par le prince des démons qu’il expulse les démons ! » Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’évangile du Royaume et soignant dans le peuple toute maladie et toute infirmité.

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Homélie : Le temps après la Pentecôte est le temps de l’Esprit ; il est le temps du Royaume, parce que c’est par son Esprit que le Verbe Roi règne « revêtu de majesté » et de splendeur. Dans chaque célébration dominicale, le diacre proclame et chante une des innombrables merveilles de la royauté du Christ. Le Fils de David est aujourd’hui acclamé par les aveugles comme Il l’est dans son entrée dans la Ville royale par ceux qui voient, par les enfants et par tous ceux qui ont été témoins de sa souveraineté sur la mort quand Il rappela son ami Lazare du royaume souterrain, celui des enfers et de l’ombre de la mort. Et ces aveugles, déjà voyants, viennent à la rencontre du Roi « arrivé dans sa maison ». De même, les chérubins, s’aveuglant la face de leurs ailes, s’approchent pour l’honorer de Celui qui est glorifié dans la maison du Père où il habite… Nul ne peut voir Dieu sans mourir : insupportable face à face avec la suprême Divinité ! Lumière inaccessible de la Demeure du Père ! Cette demeure bien modeste de Capharnaüm est ainsi, par sa pauvreté même, l’emblème d’une royauté qui n’est pas de ce monde et qui ne demande donc aucun des signes de ce monde pour être le palais du Roi. Et le Roi débordant de l’Esprit du Père leur dit d’une voix extraordinaire, au timbre le plus doux, le plus majestueux, le plus digne et le plus humble qui existe, d’une parole d’en deçà de tout : « avez-vous foi que Je puisse faire cela ? » ; me reconnaissez-vous comme roi, comme Roi des rois ? – car aucun roi de ce monde n’a jamais donné à des aveugles de voir ; me sacrez-vous Seigneur de la lumière et des ténèbres ? – car aucun seigneur de ce monde n’a jamais fait miséricorde, ce que demandaient les aveugles : « Fils de David, Roi d’Israël, miséricorde ! » – mais Dieu seul est miséricordieux, et Miséricorde en personne. Et les deux aveugles, venus vers le roi de ce monde, depuis le monde des ténèbres et de la mort, l’appellent Seigneur ; et « seigneur » veut dire Dieu, Adonaï ! Aveugles comme ils sont, par quelle vision suprême, par quel charisme de l’Esprit, voient-ils en Jésus Christ quelqu’un d’autre qu’un thaumaturge ou un charlatan de ce monde ? Comme ces aveugles sont voyants ! Comme ils ont la vue perçante pour discerner le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois ! Comme ils sont remplis de la grâce de l’Esprit pour contempler en Jésus Celui que l’Esprit transfigure en Qui Il est, le Fils Unique-engendré et Verbe du Père ! Et comme ils ont obtenu par l’Esprit que le Verbe se dévoile dans toute la puissance du même Esprit comme Créateur : dans le principe, Il modela l’homme de la matière du monde qu’Il avait déjà créé ; Il leur touche les yeux des mêmes doigts divins, les doigts ici divinisé de l’Adam nouveau. Il les touche et les fait voir en chair et en os Celui qui au Paradis agissait de façon incorporelle encore ; et à cet autre qui passait par là, un muet possédé, jouet des esprits inférieurs au Ciel, d’une parole, comme Il avait créé le monde, Il donne la parole, comme Il l’avait donnée au premier Adam. Merveille !, ont crié les foules, et à juste titre, car ici et en ce jour, qu’actualise la sainte célébration de la Liturgie de l’Église, le Fils s’est manifesté par l’Esprit ; l’Esprit s’est manifesté par le Fils ; le Père a montré sa miséricorde par son Verbe et par son Souffle, ses deux « mains », comme le dit saint Irénée. « Jamais il n’y a eu pareille manifestation en Israël ! », dit le Peuple : du jamais vu, de l’inouï ! Le Peuple de Dieu est saisi par le charisme prophétique, rempli à son tour par l’Esprit saint, qui le fait chanter, célébrer et louer l’évènement merveilleusement lumineux, le « phénomène », comme ils disent, de la théophanie du Verbe divin par le saint Esprit !

FIN D’EMISSION MUSICALE

Nous achevons cette saison avec le magnifique chœur roumain Madrigal que nous aimons beaucoup. Chœur placé sous la direction de Constantin Marin. Comme le disait le compositeur français André Jolivet : « Le chœur Madrigal m’a enchanté au sens propre du terme, c’est-à-à-dire que ses interprétations m’ont transporté ailleurs, au royaume idéal, la beauté du bonheur. »

Nous allons entendre des chants de la Passion et de la Résurrection du Christ, car l’une ne va jamais sans l’autre. Ce sera d’abord « Ecoute, ô Seigneur, ma voix » sur une musique de Dimitru Kiriac, puis « Nous Te prions », « Les Béatitudes » et « Le Jour de la Résurrection » tous trois sur une musique de Ioan Chirescu. Et enfin « Le Christ est ressuscité ! » dans la version de Ioan Podoleanu.

 

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