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15 mars 2020 : Le Corps du Christ – Evangile du paralytique – Comment suivre les exemples du passé

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CHANTS

« Chants du Grand Carême » par le choeur du monastère de la Sainte Rencontre à Moscou – 2004.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Le Corps du Christ

« Quand vous ne l’avez PAS FAIT à l’un des plus petits d’entre les miens, c’est A MOI que vous ne l’avez pas fait » dit Jésus. Et sur le chemin de Damas, une voix venue du ciel dit à Paul parti persécuter les chrétiens : « Saul, Saul, pourquoi ME persécutes-tu ? » Il n’y a pas à tourner autour du pot, le Seigneur est très clair. Le Corps du Christ, nous vivons avec Lui, dans tous ceux que nous rencontrons. Et comme nous sommes tous pécheurs, il n’y a pas à se dire que celui qu’on croise n’en fait pas partie. Comme saint Paul l’a dit par la suite : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui. » Ca en met un coup à notre indifférence ! Mais il ne faut pas se faire d’illusion. De nous-mêmes, nous n’y arriverons pas. Les apôtres ont d’ailleurs reproché à Jésus de demander des choses impossibles. Et Il leur a répondu : « Aux hommes c’est impossible, mais à Dieu tout est possible. » Nous ne pouvons donc briser la carapace de notre indifférence qu’en suppliant Dieu de nous y aider. Comme le dit si bien saint Césaire qui fut évêque d’Arles au VI siècle, parlant du Corps du Christ : « Là où est allée la tête, les autres membres sont destinés à aller aussi. » Et saint Césaire ajoute que si nous refusons le moyen que le Seigneur nous donne pour racheter nos péchés, c’est-à-dire de compatir vraiment à la souffrance de notre prochain, nous sommes déjà morts ! « Un membre retranché du corps, dit-il, ne sent plus rien ; eh bien, tel est le chrétien qui ne souffre pas du malheur d’autrui. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

2ème dimanche de Carême : Marc 2, 1-12 (le Paralytique) et Jean 10, 9-16 (saint Grégoire Palamas)

En ce temps-là, Jésus rentra à Capharnaüm quelques jours après la guérison d’un lépreux. On apprit qu’Il était chez lui, et l’on s’y rassembla en si grand nombre qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte ; et Jésus leur disait la Parole. On vint lui amener un paralytique porté par quatre hommes ; comme ceux-ci ne pouvaient pas le lui présenter à cause de la foule, ils découvrirent le toit au-dessus de l’endroit où se trouvait Jésus, firent une ouverture et descendirent le grabat où gisait le paralytique. Voyant leur foi, Jésus dit au paralytique : « Mon fils, tes péchés te sont remis. » Or il y avait là, assis, quelques scribes, et ils pensaient en leur cœur : « Comment celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème ! Qui a le pouvoir de remettre les péchés, si ce n’est Dieu ? » Connaissant aussitôt en Esprit ce qu’ils disaient en eux-mêmes, Jésus leur dit : « Pourquoi une telle pensée dans vos cœurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile, dire au paralytique « tes péchés te sont remis » ou dire « lève-toi et marche » ? Afin que vous sachiez que le Fils de l’Homme a le pouvoir sur terre de remettre les péchés, Je te le dis, dit-Il au paralytique : Lève-toi, prends ton grabat et rentre chez toi ! » Celui-ci se leva et, aussitôt, prenant son grabat, il sortit devant tout le monde, si bien que tous étaient stupéfaits, louaient Dieu et disaient : « Jamais nous n’avons vu quelque chose de semblable ! » En ce temps-là, Jésus dit encore : « Moi, Je suis la Porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il ira et viendra et trouvera pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, Je suis le bon pasteur ; le bon berger offre sa vie pour les brebis. Le mercenaire, qui n’est pas le berger, à qui n’appartiennent pas les brebis, dès qu’il voit venir le loup, abandonne les brebis et s’enfuit, et le loup les attrape et les disperse. Le mercenaire s’enfuit parce qu’il est mercenaire et n’a pas souci des brebis. Moi, Je suis Le Pasteur, le bon, et Je connais les miens et les miens me connaissent, comme le Père me connaît et que, Moi, Je connais le Père ; et J’offre ma vie pour les brebis. Mais J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là, il faut que Je les conduise : elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger. »

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Homélie : Le saint et grand Carême de Pâques s’est formé depuis l’origine comme une période catéchétique. Les catéchumènes y sont conduits jusqu’au saint baptême. Et nous, confesseurs de la vraie foi, déjà baptisés et oints du saint chrême, déjà concélébrants de la sainte liturgie eucharistique, nous les membres du corps sacerdotal du Christ, nous le suivons comme une période de remise à niveau par le repentir et la louange, comme un stage de renouvellement de la grâce baptismale et de vérification de notre foi. C’est pourquoi chaque dimanche de ce temps nous présente la Personne du Sauveur et nous invite à le confesser comme vrai Dieu et vrai Homme, Fils unique de Dieu et Fils de l’Homme, comme Il se présente Lui-même aujourd’hui. Il se donne pour la porte exclusive qui ouvre à la familiarité du Père, La Porte par excellence, le passage et la pâque absolue conduisant au Royaume, région mystique où les créatures incorporelles et corporelles se nourrissent au pâturage des aliments divins et incréés. Jésus le Messie s’appelle lui-même, non seulement la Vérité et la Vie, mais la Voie. Par la foi en lui, tout homme sera sauvé ; par lui, tout péché peut être absout ; par la liberté à laquelle Il ouvre, toute paralysie du corps et de l’âme peut être déliée. Enfin nous nous redresserons et nous marcherons en fils et filles de la Lumière, en frères et sœurs du Fils unique de Dieu ! Il n’est pas besoin d’entrer dans le Royaume par effraction, comme le font aujourd’hui les amis du paralytique : entrons, non pas en perçant le toit, mais par la porte et le porche de la rémission des péchés. Le Fils unique et Verbe de Dieu, le Messie d’Israël, est La Porte unique parce que jamais aucun prophète, aucun sage, aucun philosophe, aucun maître spirituel, aucune divinité n’a donné son sang et sa vie pour ses disciples. Par son Sang, Il ouvre La Voie, le Pasteur bon et librement immolé pour tous. Jésus Christ en ce jour non seulement se présente comme le Chef de son Peuple, mais annonce sa propre pâque, le sacrifice qu’Il fera de sa propre vie par amour pour les hommes et pour laver leurs péchés par son sang innocent et pur. Il dit « Mon fils, tes péchés te sont remis. », parce qu’Il est l’image parfaite du Père qui appelle fils les membres de son Peuple, et parce qu’Il remet les péchés par sa victoire sur la mort. Dans la puissance même de sa Résurrection, continuellement à l’œuvre en lui, Il remet les péchés et Il rend à ceux qui sont paralysés la mobilité et l’agilité d’une personne qui marche vers la vie éternelle !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Comment suivre les exemples du passé

Jean Moschos et son compagnon Sophronios le Sophiste connaissaient bien un des grands maîtres de l’époque qui s’appelait abba Palladios. Nous avons déjà rapporté ici plusieurs de ses récits. Mais cette fois, Jean Moschos lui avait demandé une parole édifiante. Et voici ce que abba Palladios lui a dit, écoutez bien :

« Mes enfants, le temps qui reste est bref. Combattons un peu de temps ici-bas, afin de profiter de grands biens dans l’éternité. Voyez les martyrs, voyez les saints, voyez les ascètes, voyez leur façon de supporter les épreuves et le courage qu’ils ont montré. Quand nous parlons de ceux du passé, nous ne tarissons pas d’éloges. Notre admiration est grande pour leur résistance surhumaine. Les yeux arrachés, les mains coupées, les jambes amputées, le feu violent qui détruisait les uns, le feu plus lent qui consumait les autres, les fleuves où on les noyait, les bêtes sauvages qui les dévoraient, les charognards qui se délectaient de leur dépouille, les tortures inouïes, tout nous exalte ! Mais ce qui compte c’est comment ils ont enduré ces souffrances imaginées par le diable. Ils ont vaincu parce qu’ils étaient attachés à Dieu. Ils ont triomphé de leur faiblesse physique, grâce au courage de leur âme. Ils ont ainsi obtenu les biens espérés qu’ils jugeaient plus dignes que les peines d’ici-bas. Que pouvons-nous en conclure ? Eh bien, que cela démontre la force de leur foi. Mais il ne suffit pas d’admirer. A nous maintenant de supporter les oppressions. A nous de tenir bon avec le Seigneur à nos côtés. Alors, on trouvera en nous de vrais amis de Dieu qui sera toujours avec nous pour combattre. Et mieux que quiconque Il soulagera nos peines. Mes enfants, poursuit abba Palladios, nous savons quelle souffrance réclame le temps présent. Apprenons à nous connaître en adoptant une vie de solitude. Afin de nous repentir. Afin d’être appelés Temples de Dieu. Ce n’est pas un honneur banal qui nous est accordé dans le monde à venir. Et n’oublions pas que notre modèle est Celui ‘‘qui n’avait pas où poser sa tête’’ ! Persévérons ! Souvenons-nous de ce qu’a dit St Paul : ‘‘L’épreuve produit la constance, la constance produit la vertu, et la vertu produit l’espérance. Or, l’espérance ne trompe pas, parce que c’est l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit.’’ »

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