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14 avril 2019 : La foi en la Résurrection devant la Croix – Evangile : la mère de Jacques et Jean – Terrible miracle de l’Eucharistie

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CHANTS

« Da Pacem » d’Arvo Part, par le chœur de chambre du Philharmonique d’Estonie, sous la direction de Paul Hillier.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La mère de Jacques et Jean

Vous vous souvenez de la mère des apôtres Jacques et Jean qui demande à Jésus que ses fils siègent à sa droite et à sa gauche dans son Royaume. Et elle lui demande ça, alors que le Christ vient d’annoncer sa Passion ! Ca nous paraît extrêmement mesquin. Mais ce n’est pas l’avis de St Basile de Séleucie qui a vécu au V siècle. Ecoutez bien :

« Vois la foi de cette femme ! Considère le moment de sa requête… La croix était prête, la Passion imminente, la foule des ennemis déjà en place. Le Maître parle de sa mort, les disciples s’inquiètent : avant même la Passion, ils frémissent d’horreur à sa simple évocation. A ce moment-même, cette mère se détache du groupe des apôtres, et voilà qu’elle demande le Royaume et réclame un trône pour ses fils.

Que dis-tu, femme ? Tu entends parler de croix, et tu demandes un trône ? Il s’agit de la Passion, et tu désires le Royaume ?

‘‘Je vois la Passion, dit la mère de Jacques et Jean, mais je prévois aussi la Résurrection. Je vois la croix plantée, mais je contemple le ciel ouvert. Je regarde les clous, mais je vois aussi le trône… J’ai entendu le Seigneur lui-même dire : ‘Vous siégerez, vous aussi, sur douze trônes.’ Je vois l’avenir avec les yeux de la foi !’’

Cette femme, poursuit St Basile de Séleucie, devance le bon larron qui, sur la croix, priera le Christ : ‘‘Souviens-toi de moi dans ton Royaume.’’ Avant la croix, elle a pris le Royaume pour objet de sa supplication… Quel désir planté dans la vision de l’avenir ! Ce que le temps cachait, la foi le voyait. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

5ème dimanche de Carême, de sainte Marie l’Égyptienne : la mère de Jacques et Jean (Mc 10, 32-45)

En ce temps-là, les disciples étaient en route montant vers Jérusalem et Jésus les conduisait, et ils étaient remplis de stupeur, et ceux qui suivaient avaient peur ; Jésus prit de nouveau à part les Douze,  et commença à leur dire ce qui allait lui arriver : « Voici que nous montons vers Jérusalem et le Fils de l’Homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux nations : celles-ci se moqueront de lui, elles lui cracheront dessus, elles le feront fouetter et mettre à mort et, après trois jours, Il ressuscitera. » Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchèrent de lui et lui dirent : « Maître, nous voulons que Tu fasses pour nous ce que nous allons te demander. » Jésus leur dit : « Que voulez-vous que Je fasse, Moi, pour vous ? » Ils lui dirent : « Accorde-nous de siéger dans ta gloire, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. » Mais Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez ; pouvez-vous boire la coupe que Je bois ou être baptisés du baptême dont Je suis baptisé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que Je bois, vous la boirez et le baptême dont Je suis baptisé, vous en serez baptisés. Mais siéger à ma droite ou à ma gauche, cela ne m’appartient pas de l’accorder ; c’est à ceux pour qui c’est préparé. » Les dix entendirent et commencèrent à s’irriter contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous savez que ceux qui passent pour chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et que les puissants d’entre elles disposent d’elles. Il n’en est pas ainsi parmi vous : que celui qui veut devenir grand parmi vous soit votre serviteur, et que celui qui veut être le premier parmi vous soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’Homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

*          *          *

Homélie : Aujourd’hui, les apôtres Jacques et Jean disent au Christ : « Accorde-nous de siéger dans ta gloire ! » Leur demande correspond à l’enjeu même du Carême et de toute la vie de baptisé. Ils l’ont formulée dans une mentalité mondaine – une vertu peut être occasion de chute (Eccl. 7,15) si l’intention n’est pas droite ! Car il s’agit d’une ambition légitime. Être disciple du Fils de Dieu aboutit de façon cohérente à partager toute sa vie, ses souffrances et sa gloire. Nous avons, par le saint baptême, reçu du saint Esprit la naissance d’en haut : nous sommes en puissance des fils et des filles du Très-haut, et notre place est bien autour du Christ, à la droite du Père. Le but de la vie humaine, la Genèse le dit, est la ressemblance au Fils, dont le sceau, imprimé en nous depuis la Création, est actualisé au baptême par le saint Esprit. La prière « accorde-nous de siéger dans ta gloire » est exaucée pour sainte Marie l’Égyptienne, à qui ce dimanche est dédié, et pour tous les martyrs de l’Esprit, comme elle, ou du sang : persécutés par les pensées passionnées ou tourmentés corporellement pour la foi, les saints ne se sont pas laissés séparer du Christ. Ils l’ont imité jusqu’au bout ; ils ont assimilé son expérience et communié réellement à sa passion, à sa résurrection et à sa gloire. Hommes déifiés, ils resplendissent de cette gloire dans leur icône. Les uns et les autres sont glorifiés autour du Christ, à la fois martyr sanglant et martyr de la conscience, qui « boit à la coupe ». Le combat ascétique de chaque baptisé, au désert, dans un monastère, en famille, dans la paroisse, est un martyre de la conscience et de la liberté ; un martyre de la volonté qui veut faire la volonté du Père. Le grand Carême est le temps béni de rappeler que la vie humaine, surtout habitée par la grâce baptismale, tend à la déification et à la gloire. Nos enfants – regardons-les comme tels -sont des saints en puissance, des créatures en voie de déification. Ils mènent – et nous sommes là, parents, parrains, pasteurs, pour les accompagner – le même combat que nous pour se détourner du péché et tendre vers la gloire du Royaume. La vie dans le Christ est ce martyre selon l’Esprit qui suppose la vie dans l’Esprit, vie de prière et d’accomplissement des commandements, ces chemins de la gloire. Qui accomplit le commandement de bénir ses ennemis entre, par l’Esprit du Père, dans la lumière incréée du Fils. Marie l’Égyptienne, par un authentique repentir, est devenue l’être de lumière et de gloire que saint Zosime vit dans le désert. Elle sera, avec les justes et les saints, auprès du Verbe glorifié à la droite du Père. Bénie par la Mère de Dieu, elle a vénéré la sainte Croix, goûté à la Coupe et à l’Agneau, et franchi, par un baptême renouvelé, les eaux saintes du Jourdain. Aspirons, nous aussi, à cette lumière et à cette gloire !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Terrible miracle de l’Eucharistie

Jean Moschos a rapporté plusieurs miracles concernant la sainte Eucharistie. En voici un particulièrement dramatique. Ecoutez bien :

« Dadaï est une bourgade de Chypre, raconte Jean Moschos. Il y a là un monastère appelé Philoxénos, auquel je me suis rendu avec mon compagnon de route [Il s’agit, chers auditeurs, de Sophrone qui a accompagné Jean Moschos dans ses périples et qui est devenu patriarche de Jérusalem après la mort de son ami Moschos. Je reprends.] Arrivés au monastère, nous rencontrons un moine originaire de Métilène et nommé Isidore. Il est en train de pleurer à chaudes larmes et de se répandre en lamentations. Les autres frères l’entourent et l’exhortent à la modération. Mais Isidore ne se calme pas et dit à tout le monde : ‘‘Je suis un grand pécheur, comme il n’y en a pas eu depuis Adam jusqu’à nos jours !’’  Pour essayer de le calmer, nous lui disons : ‘‘De fait, messire Abba, personne n’est innocent à l’exception de Dieu seul.’’ A quoi il nous répond : ‘‘Croyez-moi, frères, je n’ai trouvé chez les hommes nul péché pareil à celui que j’ai commis. Ni dans les livres, ni dans la vie. Et si vous estimez que je m’accuse à tort, écoutez ce que fut mon péché et priez pour moi. Lorsque j’étais dans le monde, j’étais marié. Ma femme et moi suivions la doctrine hérétique de Sévère, qui était monophysite, car il croyait que le Christ n’avait qu’une seule nature divino-humaine. Un jour, je rentre chez moi et je ne trouve pas ma femme. On me dit qu’elle est allée communier chez la voisine. Or cette voisine communiait avec la sainte Eglise orthodoxe et catholique. Je me précipite chez la voisine et je me jette sur ma femme au moment même où elle est en train de communier. Je retire de sa gorge le saint Don et le lui fais cracher. Je le ramasse et le jette dehors dans la boue. Au même instant, un éclair venu du ciel ramasse la sainte Communion. Deux jours plus tard, je rencontre un Ethiopien, vêtu de haillons. Il me regarde et me dit : ‘Toi et moi avons été condamnés pareillement pour le même péché.’ Je lui demande qui il est. ‘Je suis celui qui a souffleté le Créateur de tout l’univers, notre Seigneur Jésus Christ, lors de sa Passion.’ Voilà pourquoi, conclut Isidore, je ne peux pas m’arrêter de pleurer.’’ »

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