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11 novembre 2018 : Crise écologique, le courant anti-chrétien – Evangile du bon Samaritain – Le Jugement dernier

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CHANTS

« Te Deum, Silouans Song, Magnificat, Berliner Mass » d’Arvo Pärt, par Estonian Philharmonic Chamber Choir & Tallin Chamber Orchestra, sous la direction de Tonu Kaljuste – ECM – 1993.

Nous vous recommandons « Les fondements spirituels de la crise écologique » (cliquez ici)  de Jean-Claude Larchet – Editions des Syrtes – 2018

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Crise écologique, le courant anti-chrétien

La crise écologique est devenue incontournable. Chacun l’aborde à sa manière. L’antichristianisme s’y manifeste aussi. Notamment dans le courant d’une écospiritualité inspirée par le New Age.

Le théologien orthodoxe français Jean-Claude Larchet vient de publier, aux Editions des Syrtes, « Les fondements spirituels de la crise écologique ». Livre remarquable sur lequel nous reviendrons.  Larchet répond à ce courant anti-chrétien lancé par l’historien américain Lynn White dans les années 1960, qui accuse le christianisme d’être à l’origine de la crise écologique à cause de l’ordre donné par Dieu à l’homme, dans la Genèse : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. » Larchet répond : « Le christianisme existe depuis vingt siècles. La crise écologique depuis un siècle. S’il est responsable, pourquoi a-t-il fallu attendre dix-neuf siècles pour qu’elle se produise ? » Larchet, qui est docteur en philosophie et théologie, et auteur de trente livres traduits en dix-sept langues, trouve l’argumentation de Lynn White fort pauvre et basée sur une maigre documentation. Il doit son succès à l’engouement occidental pour l’hindouisme et le bouddhisme, qui relativisent la valeur de l’homme, et placent à égalité tous les êtres vivants dans un grand tout indifférencié. Nous poursuivrons cette réflexion la semaine prochaine.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Le bon Samaritain (Luc 10, 25-37)

En ce temps-là, voici qu’un légiste se leva et dit à Jésus pour l’éprouver : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Dans la Loi qu’est-il écrit? Comment lis-tu ? » Celui-ci répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même ». Jésus lui dit : « Tu as bien répondu ; fais cela et tu vivras ». Mais l’autre, voulant être justifié, dit à Jésus : « Mais qui est mon prochain ? »

Répondant Jésus dit : « Quelqu’un descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba dans les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait par cette route : il le vit, changea de côté et passa. De même un lévite, arrivant à cet endroit, l’aperçut, changea de côté et passa. Mais un Samaritain qui faisait la route arriva près de lui : il le vit et son cœur se serra. Il s’approcha, pansa ses plaies et y versa de l’huile et du vin ; puis il le prit sur sa propre monture et le conduisit dans une auberge, où il prit soin de lui. Le lendemain, il prit deux deniers, les donna à l’aubergiste et dit : Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose en plus, moi je te rembourserai à mon retour. Lequel de ces trois, à ton avis – demanda Jésus – s’est montré le prochain de la personne tombée aux mains des brigands ? » L’autre dit : « C’est celui qui lui a fait miséricorde ». Alors Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, tu feras de même ! »

*          *          *

Homélie : Le Christ prêche chaque dimanche par sa parole de vie : Il revient ici sur l’amour du prochain. Selon la tradition ancienne gallo-romaine, nous entamons aujourd’hui les six semaines du carême de saint Martin. Le Sauveur nous invite à cultiver en ce temps l’amour du prochain, la miséricorde, la bienveillance, la compassion pour les éprouvés et l’aumône. Comparons le mauvais Riche et le bon Samaritain ; le cœur dur et sans miséricorde avec le cœur compatissant pour le voyageur blessé de ce monde ; l’égoïsme et le matérialisme de l’un avec la générosité de Martin le Miséricordieux, fêté aujourd’hui ; de saint Jean le Miséricordieux, fêté demain ; de saint Jean Chrysostome, après-demain ; de saint Nicolas de Myre, le 6 décembre, ce bon Samaritain des condamnés à mort, des marins que menace la tempête, des enfants abandonnés, des jeunes guettés par l’immoralité. « Tu aimeras le Seigneur Dieu de tout ton cœur… et ton prochain comme toi-même ! » À travers son propre exemple et celui de ses saints, le Seigneur ne nous donne pas une injonction morale. Les commandements de Dieu ne sont pas des ordres. Le Souverain de l’univers ne veut pas de pouvoir sur nous. Le Roi n’est pas un tyran. La parole de Jésus Christ le Dieu Homme est prophétique. Elle annonce ce qui nous est promis. Elle me dit mon avenir. Elle croit en moi. Le Seigneur voit le sceau de son image dans les hommes et Il a foi, sinon en eux, du moins dans l’énergie et la grâce que porte ce sceau apposé à leur cœur. C’est pourquoi Il dit : « Fais cela et tu vivras » et, plus loin, « Toi aussi, tu feras de même » ! La grammaire de Dieu est l’avenir. L’amour du prochain est pour bientôt : aujourd’hui, tu aimeras ! Aujourd’hui, ou demain, tu vivras ! Tous les jours, le mauvais riche passait devant Lazare, mais c’était un jour sans avenir. Chaque jour, des prêtres et des lévites détournent leur chemin à la vue de ceux qui souffrent, et pas seulement parce qu’ils sont juifs et que le sang des blessés est impur. Non : parce que leur cœur est impur ! Le cœur des sans pitié est un cœur souillé. Mais Jésus Christ a une foi et un espoir divins dans les capacités de l’homme à aimer de son amour et à vivre de sa propre vie. Aussi a-t-Il donné sa vie et son sang sur la Croix : Il croyait dans les hommes ; Il croyait en toi ; Il croyait en moi, plus que je n’y crois. « Tu vivras ! Tu en feras autant ! » Comme Jésus Christ a confiance en nous ! Comme Il voit loin devant nous ! Comme Il connaît l’horizon de notre vie ! Par-delà le pur et l’impur, il y a l’amour ; au-delà de la dureté et de la justice, il y a la miséricorde. Je peux, tu peux, nous pouvons aimer, le Seigneur Prophète y croit ; nous pouvons aimer le prochain comme nous aimons notre propre vie, notre confort, notre sécurité, nos certitudes orthodoxes et pharisiennes ; nous pouvons aimer comme cet hétérodoxe de Samaritain qui nous est donné en exemple…

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le Jugement dernier

« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés » dit le Seigneur. Jean Moschos rapporte, à ce sujet, une étonnante conversation entre un moine et son abba. Ecoutez bien :

« Un jour, un frère pose une question à son ancien : ‘‘Que dois-je faire, Abba ? Quand je vois quelqu’un commettre un péché, je me mets à le haïr ! Et si j’entends parler d’un frère négligent, aussitôt je le condamne dans mon cœur ! Et c’est ainsi que je perds mon âme…’’ L’ancien lui  répond paisiblement : ‘‘Quand tu entends ou vois quelque chose ce type, éloigne immédiatement toute pensée de condamnation. Et, à la place, imagine le Jugement dernier. Le Tribunal effrayant, le Juge incorruptible, les fleuves de feu, les hommes traînés de force devant ce Tribunal, puis cruellement brûlés dans les flammes. Imagine les sabres tranchants, les supplices impitoyables, le châtiment qui n’a pas de fin, l’obscurité profonde, les ténèbres extérieures, le grincement des dents et l’inconsolable lamentation. Ce Juge n’a pas besoin d’accusations, de témoins, de preuves, d’arguments. Non, il connaît les faits dans leur simple déroulement qui viendront tels quels se présenter devant les yeux des pécheurs. Il n’y aura alors personne pour les racheter et les sauver du châtiment. Ni père, ni mère, ni fils, ni fille, ni voisin, ni ami, ni défenseur. Aucune somme d’argent ne pourra les délivrer. Fortune et puissance seront vaines. Tout cela, le Juge le secouera comme la poussière de ses pieds.  Seul celui qui sera jugé paiera pour ce qu’il a fait, selon le verdict qui l’acquittera ou le condamnera. Personne ne sera jugé pour les péchés commis par un autre, mais chacun pour les siens. Sachant, cela, mon fils, ne juge personne et tu seras tranquille, sans avoir rien d’épouvantable à craindre.’’ »

Nous n’avons plus l’habitude d’entendre parler ainsi du Jugement dernier et de l’enfer ! Et cela contribue sans doute au fait que ne croyons plus à la gravité du péché. Terminons en citant la phrase complète de Notre Seigneur : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez, et il vous sera pardonné. »

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