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10 décembre 2017 : Connaissance versus foi (1/2) – Evangile de la guérison de la femme courbée – L’Assemblée des évêques russes – Le commissionnaire (1/2)

Victor

CHANTS

« Aqwaqwam  – La musique et la danse des cieux » Eglise chrétienne orthodoxe d’Ethiopie –  INEDIT – Maison des Cultures de Monde – Collection Terrains – 2006

INTRODUCTION de Victor Loupan

La connaissance versus la foi (1/2)

« Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; celle-ci te meurtrira à la tête. » Cette courte phrase adressée par Dieu au Serpent (donc à Satan), dans la Genèse, a mis au cœur de l’homme l’Espérance. L’espérance de la Rédemption. L’espérance de la venue du Sauveur. Cette espérance est la réponse de Dieu au péché originel. Elle est donc liée à la connaissance du Bien et du Mal. Connaissance que nous avons arrachée à l’amour de Dieu. Oui, Dieu permet la tentation, qui est l’épreuve de l’amour. Sans la tentation, il nous est impossible de répondre librement à l’amour de Dieu. La tentation est donc liée à la connaissance du bien et du mal. C’est parce que nous connaissons le bien et le mal que nous sommes contraints, à chaque instant, de choisir entre les deux. Mais l’espérance, elle, est liée à la foi. C’est par la foi en la Parole de Dieu que nous attendons le Sauveur.

Voyons ce que dit St Isaac le Syrien de la connaissance par rapport à la foi. Ecoutez bien : « La connaissance est inconcevable sans l’examen et la discussion. C’est là le signe qu’elle doute de la vérité. Tandis que la foi est un sentiment pur et simple. La foi est loin de l’habileté et de la complexité de la discussion. C’est à cela que nous voyons combien l’une et l’autre sont contraires.  La connaissance définit la nature et la garde dans toutes ses voies. Tandis que la foi chemine, dans ses œuvres, plus haut que la nature. »

EVANGILE ET HOMELIE par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard

La guérison de la femme courbée (Luc 13, 10-17)

En ce temps-là, Jésus enseignait dans une des synagogues le jour du sabbat. Or il y avait là une femme qui avait depuis dix-huit ans un esprit d’infirmité : elle était toute penchée vers le bas et ne pouvait pas se tourner complètement vers le haut. Jésus, la voyant, l’interpela et lui dit : « Femme, sois déliée de ton infirmité ! » Puis Il lui imposa les mains, et à l’instant même elle se redressa et rendit gloire à Dieu. Mais le chef de la synagogue, indigné parce que Jésus avait soigné un jour de sabbat, répondit à cela en disant à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire soigner ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. – Hypocrite, lui dit Jésus ; est-ce que chacun d’entre vous ne délie pas de la crèche son bœuf ou son âne le jour du sabbat pour le mener à l’abreuvoir ? Et cette fille d’Abraham que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ce lien le jour du sabbat ? » Comme Jésus disait cela, tous ses adversaires étaient remplis de confusion, et la foule entière se réjouit de toutes les merveilles accomplies par lui.

*         *        *

Homélie : Le Fils de l’Homme vient dans le monde, tel est le mystère de Noël, nous l’avons déjà dit, dimanche dernier. « Avent » veut dire venue : Il vient, Il ne cesse de venir, Il n’a cessé de venir dans son monde, d’une façon ou d’une autre, quand Il a parlé directement à Adam au Paradis, à Noé, à Abraham – Il venait parler à l’homme qu’Il avait créé. Le premier fruit du façonnement de l’homme est bien la rencontre du Créateur avec la seule créature qui lui ressemble : l’homme. Il est venu rencontrer  Moïse dans le désert pour, depuis le buisson qui ne se consumait pas, lui dire son Nom : Je suis ! Je suis ! Je suis ! Il vient parmi les hommes, les rencontrer, leur parler, se révéler à eux, jouir de leur amour, de leur réponse. Dieu se trouve bien parmi les hommes. Il est parmi nous, et il s’y trouve comme chez lui. Pensons au bonheur qui est celui de Dieu au milieu des hommes parmi lesquels Il se complait. Peut-être est-ce là un des grands mystères de la Nativité du Sauveur : Dieu parmi nous ; Dieu avec nous ; et nous avec lui, heureux de nous trouver à ses côtés, dans sa lumière, dans la chaleur de son amour. Tel est de toute éternité, selon plusieurs saints Pères, le projet divin : devenir homme pour se communiquer aux hommes comme amour indicible et délicieux ; pour entendre cette exclamation des hommes le jour de la Transfiguration : comme on est bien ici avec toi, ô Dieu ! Gloire à ta présence qui nous sauve ! Gloire à ton amour qui nous transfigure ! Pensons au bonheur et à la joie, non seulement des créatures non douées de raison, mais surtout de celles qui peuvent parler et chanter – les anges, les bergers – ou exprimer leur bonheur et leur adoration par des présents – ces aimables rois appelés mages et venusde très loin pour jouir de la présence du Dieu-Amour – pour être avec celui qui est avec nous – pas longtemps, car ils sont repartis, comprenons-les : ils venaient de loin ! Or, l’humanité ayant mésusé de sa liberté, Dieu s’est adapté à la situation dans laquelle elle s’était mise par erreur. En venant, comme prévu, dans son monde, Il a trouvé bon de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux, et, comme aujourd’hui, de délier les enchaînés. Il est donc venu, et Il continue donc à venir, pour délier. Qu’est-ce qui nous lie ? – toutes sortes de lois très utiles, naturelles, religieuses, civiles, psychologiques, physiques. Tout nous lie. Plutôt nuisibles, le péché et les passions également nous lient : toutes les formes d’addiction, comme on dit, detous les temps et du nôtre – à la jalousie, à la colère, au jugement d’autrui, à la vanité, à l’orgueil, à l’argent ; dépendance sexuelle, addiction à la boisson, à la nourriture, au confort, à la sécurité, etc. Ces dépendances sont des lois non naturelles auxquelles nous nous sommes asservis, ou auxquelles nous ont asservis les autres. Nous vivons très peu naturellement, et beaucoup culturellement : pourquoi pas ? Mais c’est une servitude… Les préjugés, les choix culturels, l’éducation, nos projets devie limités à ce monde, la préoccupation bien compréhensible du lendemain et de l’intégration sociale, la peur de la solitude, l’obsession du plaisir, ce sont des lois de toutes sortes qui nous lient. Même la Loi donnée par le Christ à son peuple est un lien, très bon, une alliance, une fidélité réciproque. De toutes les lois, même de celles qu’Il a données, à plus forte raison de celles dont nous nous sommes affublés, le Seigneur vient dans le monde nous délier par le don de l’Esprit. Nous ne pouvons regarder que ce monde, incapables de regarder vers le haut. Le bébé de la grotte sauve par la Croix d’amour, pour que nous levions les yeux vers la droite du Père, d’où Il vient et où Il retournera porteur de notre humanité !

CHRONIQUE  de Victor Loupan

L’Assemblée des évêques russes

Dans un message adressé aux fidèles, l’Assemblée des évêques russes, qui vient d’avoir lieu à Moscou, nous demande de ne pas oublier qu’il y a cent ans, en 1917, la restauration du Patriarcat de Moscou a marqué le début de persécutions dont l’ampleur demeure sans équivalent dans l’histoire de la chrétienté.

Je cite : « La terre s’est empourprée du sang des premiers martyrs de l’ère contemporaine. L’iniquité et l’arbitraire se sont partout dressés contre l’Église. Persécutés et souffrant pour le nom du Christ, des millions de chrétiens sont morts et ont reçu la couronne inaltérable de la gloire. Ce fut une époque d’épreuves. Mais le Seigneur a manifesté Sa miséricorde aux hommes et n’a pas permis au mal de triompher définitivement. Aujourd’hui, plein de reconnaissance, nous nous exclamons avec le psalmiste : « Le Seigneur m’a châtié et châtié encore, mais Il ne m’a pas livré à la mort » (Ps 117, verset 18). »

Je cite encore : « La principale leçon du siècle écoulé, la voici : sans Dieu, aucun édifice gouvernemental ou social ne peut mener à la prospérité. L’histoire a montré que les idées révolutionnaires, notamment celles qui instrumentalisent les demandes de justice sociale, sont funestes pour les pays, et désastreuses pour les peuples. Nous devons tout faire pour empêcher la répétition des fautes qui ont causé, au siècle dernier, tant de souffrances et provoqué la mort de tant d’innocents. » Fin de citation.

L’Eglise russe se porte bien, aujourd’hui. C’est une évidence. Le nombre de fidèles augmente, des églises sont bâties partout et des dizaines de monastères se sont ouverts ces dernières années. Sachant cela, les évêques nous demandent de ne pas oublier nos frères chassés de leurs églises, assassinés par les djihadistes, comme en Syrie ou en Irak. Et de nous appeler, nous qui vivons en sécurité, à défendre avec plus de courage et de fermeté les valeurs chrétiennes. Le faisons-nous vraiment ? Je ne le crois pas. Pourtant, l’exemple des Eglises d’Orient, le martyre de ces Eglises fondées par les apôtres, devrait nous inviter à plus de courage dans la défense de la foi et des valeurs chrétiennes.

Cet appel nous concerne particulièrement, je trouve, nous autres, Français.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le commissionnaire (1/2)

Jean Moschos s’est rendu au monastère fondé en 509, sur la grotte de Saint Sabas. Et voici, ce que l’higoumène lui a raconté à propos d’un certain commissionnaire, c’est-à-dire un percepteur de taxes commerciales. Ecoutez bien :

« Quand j’étais commissionnaire, lui a raconté cet homme, il m’est arrivé quelque chose qui a transformé ma vie. J’étais dans la ville de Tyr et je me rendais aux bains. Sur mon chemin, je rencontre une femme debout dans l’obscurité.  Je l’aborde et elle consent à me suivre. Saisi d’une joie diabolique, je renonce aux bains et l’emmène dans une auberge. Je commande un plantureux repas, mais elle refuse de toucher au moindre plat. Quand j’ai fini, je l’emmène dans ma chambre. Mais au moment où j’allais l’embrasser, elle se met à crier d’une voix forte, et s’effondre en sanglotant : ‘‘Pauvre de moi ! Misérable que je suis !’’ Je m’arrête net, et je lui demande, tout tremblant, ce qui lui arrive. ‘‘Mon mari est négociant, me raconte-t-elle en pleurant. Il a fait naufrage et a perdu non seulement ses biens, mais aussi tous ceux qu’on lui avait confié. Il est en prison à cause des pertes subies par les autres. Je ne savais comment lui procurer du pain, alors je me suis décidée à livrer mon corps, à ma très grande honte, pour trouver au moins du pain, car ils nous ont tout pris.’’ Je lui demande alors de combien elle a besoin pour sortir son mari de prison. ‘‘Cinq livres d’or’’, me répond-elle. Je lui donne cette somme : ‘‘Tiens ! Par la grâce de Dieu, je ne t’ai pas touchée. Prends cet or, rachète ton mari, et priez pour moi.’’ »

Nous verrons, la prochaine fois, ce qui arriva ensuite au commissionnaire.

 

 

Commentaires

  1. Bonjour Je n’arrive pas à avoir la référence du disque des chants du monastère de Moscou que venez de diffuser ce jour 5 avril 2020 comme dimanche dernier aussi.
    Merci de bien vouloir me la donner.
    Très grand merci pour vos émissions
    Très bonnes semaine sainte et très bonne fête de Pâques

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