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10 novembre 2019 : Le business de la mort – Evangile de la parabole du bon Samaritain – La sainte mort

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CHANTS

« Chants orthodoxes russes d’Odessa – Russian Orthodox Chant from Odessa » par le choeur des séminaristes du sémainaire d’Odessa, sous la direction du Père Mikhaïlo Davydov – Alto 2010

Nous vous recommandons la vidéo « L’iconographe Zenon, à partir du tout début, une démonstration de son savoir-faire« , sur le site Parlons d’orthodoxie, page « Actualités » cliquez ici. Il faut descendre sur cette page pour trouver la vidéo de près de 3h (la lumière est très bleue pendant la première heure, les préparatifs, ensuite elle devient normale pour la peinture elle-même).

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Le business de la mort

Je voudrais faire une petite dédicace à nos frères catholiques qui consacrent le mois de novembre à la méditation sur la mort. Ils ont bien raison, surtout dans cette société qui s’ingénie à faire disparaître les corps, pour nier leur résurrection future. Ainsi la crémation va bientôt être dépassée par la liquéfaction des corps, oui, vous avez bien entendu. C’est aux Etats-Unis, dans la ville de Saint-Pétersbourg en Floride (pas en Russie) que cette technique d’hydrolyse alcaline a été mise au point. On trempe le corps dans de l’eau alcaline chauffée à 180°, sous une certaine pression, et, en quelques heures, le corps se dissout, il ne reste que les os.  Les tissus humains sont complètement liquéfiés, et le liquide ainsi obtenu est évacué… par le système des égouts municipaux. Cette technique est revendiquée comme écologique et fait partie des nouvelles batailles sociétales, fondées sur le business. Certains états américains la refusent, mais les verrous législatifs se lèvent petit à petit. Notamment au Royaume-Uni où la question financière pourrait l’emporter. En effet, la liquéfaction est moins chère que la crémation qui, elle-même, est moins chère que l’inhumation. Ce qu’il faudra m’expliquer. Mais il faut bien constater que le coût d’une tombe est prohibitif. Tout ceci se passe dans l’indifférence généralisée. La culture du déchet s’étend jusqu’à nos morts qui finiront dans les égouts.  Espérons que le dégoût va nous réveiller, nous inciter à contempler la mort – clef de compréhension de la vie -, et à accompagner nos mourants jusqu’au bout.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

La parabole du bon Samaritain (Luc 10, 25-37)

En ce temps-là, voici qu’un légiste se leva et dit à Jésus pour l’éprouver : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Dans la Loi qu’est-il écrit? Comment lis-tu ? » Celui-ci répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même ». Jésus lui dit : « Tu as bien répondu ; fais cela et tu vivras ». Mais l’autre, voulant être justifié, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »

Répondant Jésus dit : « Quelqu’un descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba dans les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait par cette route : il le vit, changea de côté et passa. De même un lévite, arrivant à cet endroit, l’aperçut, changea de côté et passa. Mais un Samaritain qui faisait la route arriva près de lui : il le vit et son cœur se serra. Il s’approcha, pansa ses plaies et y versa de l’huile et du vin ; puis il le prit sur sa propre monture et le conduisit dans une auberge, où il prit soin de lui. Le lendemain, il prit deux deniers, les donna à l’aubergiste et dit : Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose en plus, moi je te rembourserai à mon retour. Lequel de ces trois, à ton avis – demanda Jésus – s’est montré le prochain de la personne tombée aux mains des brigands ? » L’autre dit : « C’est celui qui lui a fait miséricorde ». Alors Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, tu feras de même ! »

*          *          *

Homélie : À l’approche du carême de Noël, le thème principal du temps liturgique est celui de la miséricorde. Il est exprimé par la mémoire de grands saints confesseurs de la vraie foi, qui ont justement reçu de la Tradition le surnom de « miséricordieux » : saint Martin de Tours, fêté le 11 novembre, et saint Jean d’Alexandrie le 12. Les textes évangéliques prononcés ces dimanches se rapportent au mystère de la miséricorde divine : le mauvais Riche est précisément celui qui ne fait pas miséricorde au pauvre qui se trouve à sa porte ; et le bon Samaritain est donné par Dieu Lui-même en exemple : « Va, dit le Seigneur, et, toi aussi, tu feras de même ! ». Bien plus, l’événement même de la naissance humaine de Dieu conçu par la Vierge et l’Esprit, Puissance du Père, est essentiellement une théophanie, la manifestation de la miséricorde et de la bienveillance divines parmi les hommes. De dimanche en dimanche, ayons à cœur, avec nos enfants, de nous pénétrer de cet exemple divin : en le suivant, nous rayonnerons autour de nous la lumière céleste. En effet, la philanthropie chrétienne n’est pas le simple moralisme de celui qui trouve à se contenter des bonnes actions qu’il accomplit au quotidien. Notre but n’est pas de nous donner bonne conscience par la conformité avec une loi religieuse ou sociale. La philanthropie chrétienne découle de la parole de notre Maître. Nous sommes des disciples de Jésus Christ vrai Dieu et vrai Homme, le Messie d’Israël, le Seigneur, Adonaï devenu homme, et nous écoutons sa parole : « fais ceci… » Le Sauveur Jésus Christ utilise souvent le verbe faire. La vie de disciple obéit, non pas à une doctrine ou à une idéologie, mais essentiellement au Maître. Nous vivons par l’écoute : écouter, le mot clé de la tradition biblique, regarder et faire sont les piliers de l’enseignement évangélique. Le disciple, en bon apprenti, entend et surtout écoute la parole du Maître : « Tenons-nous bien ! Soyons attentifs ! Écoutons le saint Évangile ! », proclame le diacre. Tout le culte biblique et ecclésial revient à écouter, à assimiler, à mémoriser et à restituer le message divin sous forme de témoignage oral et de comportement. Le Seigneur vient dans le monde et Il enseigne à ceux qui l’écoutent et qui le suivent le comportement divin qu’inspire l’amour. Le temps de l’Avent, préparation à la glorieuse Nativité du Fils de Dieu, est un temps pour s’exercer à nous comporter suivant l’enseignement du Maître et son exemple. Nous et nos enfants, nous comprendrons mieux ce que veut dire la parole divine que transmettent les chœurs angéliques : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Paix sur la terre ! Bienveillance parmi les hommes ! » Dans la société civile et dans la Création tout entière, Dieu se manifeste comme le Miséricordieux par excellence et Il invite les hommes à suivre son exemple : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ! » ; fais comme fait le Bon Samaritain ; agis divinement et tu contribueras à humaniser le monde des hommes ! La morale sociale des chrétiens, aussi loin de défendre un ordre moral que de le détruire, politique de droite ni de gauche, introduit dans le monde l’amour de Dieu et l’amour de l’homme.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

La sainte mort 

Nous parlions, en début d’émission, de la mort occultée par notre société qui la voit comme un échec insupportable. Les Pères de l’Eglise, eux, l’attendaient et s’y préparaient leur vie durant. Voici le récit de la mort d’Abba Sisoès. Ecoutez bien :

« Abba Sisoès était près de mourir et les pères de son monastère l’entouraient. Tout à coup son visage se met à rayonner comme le soleil et il murmure : ‘‘Voici Abba Antoine qui arrive.’’  Après un moment de silence, il murmure à nouveau : ‘‘Voici le chœur des prophètes qui arrive.’’ Et son visage se remet à irradier. Puis il dit encore : ‘‘Voici le chœur des apôtres qui vient.’’ Son visage redouble encore d’éclat et il semble parler avec quelqu’un. Les moines lui demandent : ‘‘Avec qui parles-tu, Père ?’’  Il leur répond : ‘‘Voici que des anges viennent me prendre et je les supplie qu’on me laisse faire un peu pénitence !’’ Ses compagnons, se souvenant de sa vie d’ascèse et de prière, lui disent : ‘‘Tu n’as plus besoin de pénitence, Père.’’ Mais il leur dit : ‘‘En vérité, je n’ai pas conscience d’avoir commencé.’’ A cela, tous reconnurent qu’il était parfait. Soudain, son visage se remet à briller comme le soleil et ils sont tous saisis de crainte. Le mourant s’écrie alors : ‘‘Regardez, le Seigneur vient et Il dit : Apportez-moi l’élu du désert.’’’ Et au même instant, Abba Sisoès rendit l’esprit. Il y eut comme un éclair, et toute la maison fut remplie d’une bonne odeur. »

Ce récit lointain, qui remonte aux premiers siècles de la chrétienté, fait écho à la vie de quelqu’un beaucoup plus proche de nous, puisqu’il est mort, il y a moins de deux siècles, en 1833.  Il s’agit de saint Séraphin de Sarov qu’on retrouva mort, agenouillé contre son lit. On le surnommait, déjà de son vivant, le ‘Transfiguré’. Nicolas Motovilov qui dialogua longuement avec lui, fut témoin de son union mystique avec l’Esprit Saint. Un jour qu’il pressait le Père Séraphin de lui expliquer ce qu’était que la manifestation du Saint-Esprit, le saint le prit par les épaules et lui dit : « Nous sommes tous les deux, toi et moi, en la plénitude de l’Esprit-Saint. Pourquoi ne me regardes-tu pas ? » – « Je ne peux pas vous regarder, Père. Des foudres jaillissent de vos yeux. Votre visage est devenu plus lumineux que le soleil. J’ai mal aux yeux… » Le Père Séraphin dit alors : « N’aie pas peur, ami de Dieu. Tu es devenu aussi lumineux que moi. Toi aussi, tu es à présent dans la plénitude du Saint-Esprit, autrement tu n’aurais pas pu me voir. »

Et c’est cela qui est arrivé à Abba Sisoès et à ses compagnons.

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