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9 juin 2019 : L’Ascension et l’icône – Evangile de la prière de Jésus – Le bélier du Saint-Sépulcre

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CHANTS

« Chants pour le Carême et Pâques » par le Choeur des prêtres de Sofia (Bulgarie), sous la direction de Kiril Popov – GEGA 1992.

Nous vous recommandons, parallèlement à l’exposition du moine Grégoire Kroug organisée au Centre culturel russe, quai Branly à Paris, jusqu’au 30 juin, les visites qui sont organisées pour aller voir les fresques et iconostases qu’il a peintes dans diverses églises, à Paris, en Île de France et en province, les 15, 22 et 29 juin prochains, de 11h15 à  17h15. Ces visites sont commentées par l’historien de l’art Grégoire Aslanoff. Il faut réserver pour pouvoir y aller en écrivant à expokrug@gmail.com. 

Chaque visite comprend l’ église des Trois Saints Docteurs (rue Pétel à Paris) et la chapelle du Saint Esprit à Clamart. S’ajoute à ces deux visites, celle de Montgeron et de Moisenay ( les 15 et 29 juin) et celle du Skit du Saint Esprit à Mesnil Saint Denis (le 22 juin). Il faut prendre un pique-nique avec soi, la réservation et le pré-paiement de 40 euros sont obligatoires. Le prix est de 50 euros pour chaque excursion commentée. Une partie du prix sera versée pour maintenir la préservation des fresques des sites visités.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

L’Ascension et l’icône 

En ce dimanche après l’Ascension, nous comprenons les apôtres qui ont eu le cœur déchiré de ne plus voir le Seigneur en sa présence corporelle et ont dû s’habituer petit à petit à sa présence invisible. C’est sans doute là qu’est né le besoin de l’icône.  Des premières esquisses murales dans les catacombes aux icônes d’aujourd’hui, il y a une longue filiation ininterrompue. Et c’est à propos des icônes d’aujourd’hui que je voudrais vous parler du moine Grégoire Kroug. Nous vous avions annoncé l’exposition qui lui est consacrée au Centre culturel russe, quai Branly à Paris, à l’occasion du cinquantième anniversaire de son rappel à Dieu. Depuis je l’ai visitée et je ne saurais trop vous la recommander. Né d’un père luthérien et d’une mère orthodoxe, il se convertit à l’orthodoxie à 19 ans. Il devient peintre et va à Paris. Une grave crise psychique le fait interner. Les portraits qu’il a peints des malades de l’hôpital Ste Anne sont d’une intense douceur. C’est la vie monacale qui va le guérir. Il a écrit dans ses carnets, je cite : « Par l’ascèse, suprême Ressemblance au Christ, l’image de Dieu s’inscrit dans le tréfonds de l’homme. Et cet effort constructif, ininterrompu et inaliénable est la condition fondamentale de l’homme, une sorte d’empreinte du Christ sur les fondements de l’âme. » [fin de citation] Par son style si personnel, qui reflète l’interrogation de la modernité, le moine Grégoire est peut-être le Roublev du XXe siècle. Oui, chers frères et sœurs en Christ, allez voir cette exposition qui s’achève le 30 juin.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

7ème dimanche de Pâques, la prière du Christ (Jean 17, 1-13)

En ce temps-là, Jésus, après avoir dit à ses disciples « Courage, J’ai vaincu le monde ! », leva les yeux au ciel, et dit : « Père, l’Heure est arrivée ; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, et que, selon le pouvoir que Tu lui as accordé sur toute chair, Il donne la vie éternelle à tous ceux que Tu lui as confiés. Ceci est la vie éternelle : qu’ils te connaissent, Toi le seul véritable Dieu et celui que Tu as envoyé en ce monde, Jésus-Christ. Moi, Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que Tu m’as donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, Toi, Père, auprès de toi, de la gloire qu’avant que le monde ne fût, J’ai auprès de toi. J’ai manifesté ton Nom aux hommes que, du monde, Tu m’as donnés ; ils étaient à toi et Tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Ils savent maintenant que tout ce que Tu m’as donné vient de toi, car Je leur ai donné les paroles que Tu m’as données et ils les ont reçues, et ils ont connu en vérité que Je suis issu de toi et ils ont cru que c’est Toi qui m’as envoyé. Moi, Je prie pour eux ; Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que Tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi. Et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et Je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et eux sont dans le monde ; et Moi Je viens à toi. Père saint, garde-les en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, pour qu’ils soient un comme Nous. Lorsque J’étais avec eux dans le monde, Je les gardais, Moi, en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, et Je les ai protégés et aucun d’eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition, afin que s’accomplît l’Écriture. Mais, maintenant, Je vais vers toi et Je dis cela dans le monde pour qu’ils aient en plénitude la joie qui est la mienne ! »

*          *          *

Homélie : En ce jour, nous faisons mémoire du premier concile œcuménique, huit jours avant la Pentecôte, vertigineuse Descente de l’Esprit pour couronner charismatiquement l’Église fondée par le Fils de Dieu parmi ses apôtres, ses disciples et les représentants des nations. L’Église est voulue par le Père et formée par ses deux messagers dans la Création : le Verbe et l’Esprit. Tout, dans l’Église, est la manifestation de l’amour, de l’unique volonté, de la liberté et de la sagesse du Père, du Fils et de l’Esprit. Nous faisons mémoire des saints Pères du concile œcuménique de Nicée avant la glorieuse Pentecôte parce que cette assemblée est une manifestation de la présence du Fils et de l’Esprit du Père. Et nous entendons, dans le saint Évangile proclamé au sein de la divine liturgie en ce 7ème dimanche de Pâques au chiffre parfait, comment le Fils s’adresse au Père, dans la communion de l’Esprit d’amour, dans le même souffle dont Il respire avec le Père. L’Esprit est Celui du Père et du Fils, non pas qu’Il soit issu de l’un et de l’autre, mais parce qu’Il est leur commune haleine ; Il est l’hypostase de leur amour mutuel ; Il est la couronne dont le Père orne le Fils exalté à sa droite en sa glorieuse et divine Ascension jeudi dernier ; l’Esprit sacre le Fils de la part du Père, de même qu’Il fut la fécondité du Père en sa divine conception le jour de l’Annonciation. L’Esprit anime l’amour du Fils pour le Père et pour les hommes. Pour cette raison, Il est non seulement le souffle commun au Père et au Fils, mais également la respiration commune au Fils et à tous les hommes, surtout ceux que le Père lui a, comme Il le dit, « donnés », c’est-à-dire offerts et consacrés par la foi en lui et par le baptême en lui. La prière adressée par le Fils au Père en ce matin après l’Ascension atteste comment, dans le Fils, l’Esprit du Père se fait souci des hommes ; comment le Fils aime le Père ; et comment Il présente au Père les hommes qu’Il lui a consacrés. La prière du Fils est l’âme de l’Église, et, tout particulièrement, le moteur de toutes ses prières, surtout de la divine liturgie. Celle-ci est la grande heure de la prière du Fils et de son intercession pour ses propres membres et pour le monde entier : par le Fils, l’Esprit y devient la commune haleine du Père et des hommes. C’est pour cela que nous célébrons la divine liturgie aussi souvent que possible. Nous nous réunissons alors autour du Christ qui prie le Père dans l’Esprit, ou même dans le Fils qui intercède : l’Esprit qui anime son corps en chacun de ses membres, qui réchauffe le Sang que nous buvons et ressuscite la chair que nous mangeons, circule en chacun d’entre nous et se fait notre propre haleine, notre propre respiration, notre communion avec le Père par le Fils et dans le saint Esprit. Émerveillons-nous de ce qui advient dans le corps de l’Église, rassemblée dans un amour parfait pour le Père et pour le prochain, tournée vers monde, pour ranimer l’humanité, que le Seigneur veut conduire à lui-même dans la joie parfaite du Fils !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le bélier du Saint-Sépulcre

Jean Moschos s’est longuement entretenu avec le père Anastase, qui était prêtre et trésorier de « l’Eglise de la Sainte Résurrection du Christ notre Dieu », c’est-à-dire du Saint Sépulcre à Jérusalem. Il lui a rapporté plusieurs miracles. En voici un, écoutez bien :

« Quand Gèbèmer devint duc de Palestine, son premier acte public fut d’aller vénérer l’église de la Sainte Résurrection du Christ Dieu. Il s’avance pour entrer le Tombeau de Christ et, tout à coup, il voit un bélier en train de le charger et prêt à lui donner des coups de corne. Il va voir Azarias, le gardien de la Sainte Croix, qui se tenait respectueusement à distance avec les licteurs, c’est-à-dire les gardes du duc. Surpris, les hommes lui demandent ce qui l’empêche d’entrer. Il leur répond : ‘‘Pourquoi donc avez-vous introduit ce bélier ?’’ Stupéfait, Azarias va voir à l’intérieur du tombeau, ne voit rien et lui dit : ‘‘Il n’y a pas de bélier à l’intérieur…’’. Il s’écarte pour laisser passer le duc, car l’entrée est étroite. Gèbèmer fait à nouveau un pas pour entrer, et le bélier est toujours là, prêt à charger et lui interdisant l’accès. Le même manège se répète plusieurs fois. Lui seul a cette vision, l’assistance ne voit rien. Le gardien de la Croix lui dit alors : ‘‘Crois-moi, Maître, tu as quelque chose dans ton âme et c’est à cause de cela qu’on t’empêche de vénérer le saint Tombeau, source de vie de notre Sauveur. Tu feras bien de te confesser à Dieu, car Il est clément. C’est justement parce qu’Il a pitié de toi qu’il t’envoie cette vision.’’ En versant des larmes, le duc leur répond : ‘‘Nombreux et graves sont les péchés dont je suis coupable devant le Seigneur.’’ Il s’allonge face contre terre et reste un long moment à pleurer et à se confesser à Dieu. Puis il se relève pour pénétrer dans le Tombeau, mais à nouveau le bélier est là qui l’empêche d’entrer. Azarias constate : ‘‘Manifestement, il y a un autre obstacle.’’ – ‘‘Serait-ce, demande le duc, parce que je ne communie pas avec la sainte Eglise catholique et apostolique, mais avec celle de Sévère ? Serait-ce pour cela que l’accès m’est interdit ?’’ Il demande alors au gardien de la Croix de prendre part aux saints mystères de la vie du Christ notre Dieu.

Lorsque le calice fut arrivé, il communia et put entrer dans le tombeau sans plus avoir de vision. »

 

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