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9 février 2020 : Hérésie maritale du II siècle – Evangile de la parabole du pharisien et du publicain – Le démon de la luxure

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CHANTS

« Liturgie de St Jean Chrysostome » musique de Serge Rachmaninov, par l’ensemble Rojdestvo (choeur de solistes de Saint Petersburg) sous la direction d’Olga Stoupneva – IMLab – 2002.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Hérésie maritale du II siècle

Au II siècle, il y a eu une hérésie maritale : Tatien et Marcion ont déclaré le mariage illicite ! On sait que Marcion rejetait l’Ancien Testament dont il considérait le Dieu comme différent de celui du Nouveau. Mais voilà, il s’est aussi préoccupé (avec Tatien) du mariage. Vous voyez, nous n’avons pas l’apanage des hérésies maritales, ça a commencé au II siècle ! Il n’y a pas si longtemps, une quarantaine d’années, cela nous aurait fait rire des anciens, mais aujourd’hui cela nous montre que les aberrations sur le mariage ne sont pas une nouveauté.

Voyons ce qu’en dit St Bède le Vénérable, ce moine lettré et anglo-saxon qui a vécu au VIII siècle et qui a combattu cette hérésie toujours renaissante : « La démarche pleine de condescendance de Jésus aux noces de Cana, dit St Bède, confirme la foi des chrétiens, et condamne l’erreur de Tatien et de Marcion. Si le lit nuptial (orné de la pureté requise) et le mariage (contracté avec la chasteté voulue) étaient illicites, le Seigneur n’aurait jamais voulu assister à ces noces. Notre-Seigneur a daigné naître du sein immaculé de la Vierge Marie ; aussitôt après sa naissance, il a voulu recevoir les bénédictions de la prophétesse Anne qui était veuve ; et, pour cadre de son premier miracle, il honore de sa présence les noces de Cana. Il nous dit ainsi que la perfection virginale est supérieure, la continence des veuves souhaitable, et la chasteté maritale bonne. » Eh oui, chers frères et sœurs en Christ, Notre Seigneur aux noces de Cana est notre rempart contre les folies actuelles.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Evangile de la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18, 10-14 )

En ce temps-là, Jésus dit la parabole suivante.

Deux personnes montèrent au Temple pour prier, l’un pharisien et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : « Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres gens, avides, injustes, adultères, ou bien comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et j’acquitte la dîme de tout ce que j’ai gagné. » Or le publicain, se tenant à l’écart, ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « Ô, Dieu, sois-moi propice, à moi pécheur ! » Je vous le dis, ajouta Jésus, celui-ci descendit chez lui justifié, au contraire de celui-là, car toute personne qui s’élève sera abaissé, mais qui s’abaisse sera élevé.

*          *          *

Homélie : En ce dimanche de clôture de la sainte Rencontre, la Tradition présente à notre conscience le couple célèbre du Pharisien et du Publicain. Le lieu saint et sacré du Temple de Jérusalem, ce centre unique de la Création, accueille à la fois son Seigneur et les membres de son Peuple. Adonaï est entré dans son temple : Siméon le reçoit petit enfant dans ses bras ; Anne la Prophétesse le reconnaît et le glorifie. Siméon fut conduit dans le Temple par l’Esprit pour y voir « le Christ du Seigneur » avant de mourir. Dans ce même temple, poussés eux aussi par l’Esprit, viennent un publicain, homme de l’espèce méprisée pour son commerce avec l’occupant romain, et un pharisien, homme de la classe respectée des connaisseurs de la Loi. Le Verbe entre dans son Temple comme fondateur et donateur de la Loi, comme Celui qui obéit jusqu’à la mort à la Loi qu’Il a léguée à son peuple par son serviteur Moïse. Le Pharisien entre dans le Temple comme observateur de la Loi et des coutumes. Le Publicain ose venir dans le Temple alors qu’il sent qu’il en est indigne qu’il pourrait en être chassé : son indignité, son impureté elle-même l’autorisent à s’y présenter, parce que ce temple est le Temple de la miséricorde. Le Seigneur de gloire, de justice et de miséricorde a purifié ce temple de tous les manquements à la Loi et l’a sanctifié par la lumière de sa compassion. Le Verbe se laisse conduire au temple par sa mère et par son père adoptif et instaure le culte nouveau, l’oblation que le Seigneur fait de lui-même : Il est à la fois Celui qui offre et Celui qui est offert, Celui qui reçoit et Celui qui se distribue et est distribué eucharistiquement au monde. Dans ce temple de l’amour absolu, le Verbe s’avance, porteur du temple de son propre corps, et fait entrer le temple non fait de mains humaines dans le temple conçu par Salomon. Dans ce temple doublement saint, viennent deux représentants du Peuple de Dieu et de l’humanité entière ; deux représentants de tous ceux pour lesquels, précisément, le Verbe veut donner son Corps et son Sang. Pensons-y : le publicain et le pharisien seront sauvés par la passion volontaire de leur Seigneur et de leur Dieu. L’un et l’autre le prient, conscients de sa présence invisible. Admirable est le mystère du temple dont Jésus Christ, Fils unique et Verbe de Dieu, se manifeste aujourd’hui le Pontife et le Sacrificateur exclusif et où viennent ceux qui cherchent le Salut qu’Il offre à tous les hommes. Le juste et le pécheur se présentent également devant Dieu et s’approchent du Christ invisiblement présent dans son Temple par le temple de sa chair déifiée. Le Seigneur Jésus veut monter sur la sainte et vivifiante Croix autant pour les publicains que pour les pharisiens, autant pour les justes que pour les pécheurs, pour ceux qui croient et pour ceux qui ne croient pas en lui, pour ceux qui le connaissent et pour ceux qui ne le connaissent pas, pour ceux qui l’aiment et même, s’il en existe, pour ceux qui le haïssent. La Passion du Verbe dans le temple de son corps rebâti en trois jours apporte le Salut à tous les hommes, les justes et les injustes, qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit, ou qui se croient tels. En sa présence invisible, se manifestent les deux formes de prière que l’homme sait offrir à Dieu : la louange et la supplication. Nous entrons dans le Temple du Verbe et Sauveur du monde en présentant ces deux oblations de notre âme comme « un couple de tourterelles » (Luc 2, 24). Tantôt nous glorifions le Seigneur, car c’est le sacrifice de louange qui lui agrée ; tantôt nous le supplions, afin de devenir capables de le glorifier. Le publicain, ici, est celui qui, en brisant son cœur par un repentir suppliant, est rendu apte à offrir le sacrifice de justice et de miséricorde. En s’humiliant par la supplication, il apprend, non pas l’autoglorification, mais la juste glorification, c’est-à-dire la connaissance parfaite de la Vérité. Par « le cœur contrit et humilié » sera offert « le sacrifice de justice » (Ps. 50, 21), « le sacrifice de louange » qui « rend gloire » à Dieu (Ps.49, 23)

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le démon de la luxure

Voici deux récits de Jean Moschos sur le démon de la luxure. Ecoutez bien :

Le premier récit montre comment la charité a vaincu la luxure. C’est arrivé à abba Sisinnios l’anachorète : « Un jour, je suis dans ma grotte près du saint Jourdain, raconte abba Sisinnios, et je psalmodie l’office de tierces. Tout à coup, une Sarrasine entre dans ma grotte. Elle se met face à moi et se déshabille. Je ne suis pas troublé. Au contraire, j’achève l’office prescrit, en toute sérénité et avec la crainte de Dieu. Puis, quand j’ai terminé, je lui dis en syriaque : ‘‘Assieds-toi, je souhaite te parler, et je ferai tout ce que tu voudras.’’ Elle s’assied et je lui demande : ‘‘Es-tu chrétienne ou païenne ?’’ – ‘‘Chrétienne’’ me répond-elle. ‘‘Ne sais-tu pas que ceux qui se prostituent se fourvoient ?’’ – ‘‘Oui, je le sais’’ me dit-elle. ‘‘Alors, pourquoi veux-tu te prostituer ?’’ –  ‘‘Parce que j’ai faim’’ me dit-elle pour toute réponse. ‘‘Ne te prostitue pas et viens ici tous les jours.’’ Elle s’en est allée avec ce que je lui ai donné à manger. Et, sur la nourriture que Dieu me dispensait, je lui ai donné de quoi manger, tout le temps que j’ai vécu dans cette grotte. »

Et voici le second récit, rapporté par abba Nicolas, qui était prêtre au monastère des eunuques. Ici, c’est Dieu qui s’est servi du démon de la luxure : « Dans mon pays, raconte abba Nicolas, il y a un monastère de vierges abritant quarante femmes. Et voilà que cinq d’entre elles sont prises du désir irrépressible de s’enfuir nuitamment du monastère et de se trouver un homme. Une nuit, elles attendent que toutes les autres moniales soient endormies. Puis elles se lèvent silencieusement et commencent à s’habiller pour s’enfuir. Au même instant, les cinq se mettent à hurler malgré elles, possédées qu’elles sont par le démon ; ce qui réveille les moniales endormies. Après cet événement, les cinq vierges folles ne sortirent jamais du monastère. Mais elles rendirent grâce à Dieu et confessèrent leurs péchés, en disant : ‘‘Nous remercions Dieu, le grand dispensateur de biens, qui nous a donné cette leçon pour que nos âmes ne soient pas perdues !’’ »

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