Lumière de l'Orthodoxie

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8 septembre 2019 : L’Eglise, reflet de la Jérusalem céleste – Evangile du dimanche avant la Croix – L’extraordinaire humilité d’un moine (1/2)

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CHANTS

« A l’occasion des 150 ans de la fondation de la cathédrale St Alexandre Nevski : 1861 – 2011  » par le choeur de la cathédrale, sous la direction du protodiacre Alexandre Kedroff.

Nous vous recommandons : « Les recettes du monastère » du frère Jean du Skyte Sainte Foi. Si vous souhaitez une dédicace de l’auteur et commander  ce livre, il vous suffit de d’envoyer par la poste : votre nom, votre adresse postale, votre numéro de téléphone, accompagné d’un chèque de 20€+ 5€ de port = 25€ à l’ordre de la   ‘Fraternité Saint Martin’.

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INTRODUCTION  de Victor Loupan

L’Eglise, reflet de la Jérusalem céleste 

Chers frères et sœurs en Christ, je vous retrouve avec joie pour une nouvelle saison de Lumière de l’orthodoxie. J’espère de tout cœur que les nombreux conflits qui ont secoué notre chère Eglise vont se résoudre à la lumière de la Jérusalem céleste qu’évoque saint Jean en conclusion de son récit de l’Apocalypse : « Puis je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, et la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu, et j’entendis alors une voix clamer : ‘‘Voici la demeure de Dieu avec les hommes’’ » Cette Cité sainte du ciel, c’est l’Eglise. Comme le dit si bien le hiéromoine Macaire du Mont Athos, la beauté de ses offices, de son architecture sacrée, de ses icônes, de l’encens, des luminaires, des chants, des lectures, des bénédictions, des processions, tout cet ensemble qui constitue le cadre de la manifestation du Royaume des cieux parmi nous, nous montre bien que l’Eglise est assise à la droite de l’Agneau. C’est la beauté de la liturgie qui nous rappelle que nous sommes enfants de Dieu. Si nous renonçons à nous laisser pénétrer par cette beauté sanctifiante, le vieil homme, en nous, reprend le dessus, avec ses misères et sa méchanceté. L’orgueil nous pousse à nous approprier la Tradition léguée par les Pères, au lieu de la recevoir à genoux. Et alors les conflits surgissent comme un incendie aux foyers multiples. Ah ! Laissons-nous pénétrer par cette beauté céleste qui nous fait aspirer au bon, au beau et au vrai.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche avant la Croix (Jn 3, 13-17) et Nativité de la Mère de Dieu

En ce temps-là Jésus dit : « Nul n’est monté au ciel sauf Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’Homme. Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que quiconque croit, ait en lui la vie éternelle. Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils, son Unique, pour que toute personne qui croit en lui, au lieu de périr, ait la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »

*          *          *

Homélie : Nous nous réjouissons en ce dimanche que se rencontrent providentiellement la célébration de la Croix et celle de la glorieuse naissance de la Mère de Dieu. Avec l’évangile selon saint Jean exaltant le Crucifié, nous lisons celui qui est placé sous le patronage de saint Luc, et qui magnifie celle qui a choisi « la meilleure part » (10, 42), celle qui a porté le Messie et l’a allaité, celle qui a écouté la parole de Dieu et l’a mise en pratique (11, 27-28). Le même jour béni et dans la même célébration, nous voyons réunis le Fils crucifié de Dieu et sa Mère humaine et très pure. Nous savons que, sur le Golgotha, la Vierge Marie est au pied de la Croix de son fils et son Dieu. Nous savons également que tout le mois dernier associait la Mère de Dieu, dont nous préparions par le jeûne et la prière la glorieuse Dormition, et la sainte et vivifiante Croix, dont le 1er août ouvrait une vénération quotidienne, par exemple dans le canon des matines. La conscience charismatique de l’Église ne dissocie jamais la Vierge de la Mère, ni la Mère du Fils. Les saintes images que nous bénissons, que nous vénérons et devant lesquelles nous prions nous montrent toujours les deux personnes : la Vierge et son divin enfant. Nous vénérons la Vierge Marie comme Mère de Dieu, comme celle qui a humainement et charnellement conçu son créateur, et qui l’a mis au monde. « Dans ta conception, tu as gardé la virginité », chantions-nous, il n’y a guère, le 15 août. La Vierge n’est pas vénérée pour elle-même : elle l’est en tant que celle qui donne au monde le Seigneur fait chair et fait homme. Aujourd’hui, nous nous émerveillons de sa naissance, car naît celle de qui naîtra le Verbe fait chair. À l’avance, nous la chantons comme Génitrice de Dieu et comme celle qui donne au monde le Vainqueur de la mort. Le Père céleste, dit le saint apôtre et évangéliste Jean le Théologien, « a tant aimé le monde qu’Il a donné son fils unique pour que celui qui croit en lui, au lieu de périr, ait la vie éternelle » ; or, la Vierge Mère, par amour également, a offert son propre et unique Fils pour le salut du monde. Le Père céleste et la Mère terrestre donnent leur fils unique par amour pour les hommes et pour la création tout entière. La paternité et la maternité s’expriment dans une oblation pure de tout amour égoïste, une préférence totale d’autrui à soi-même, une volonté généreuse que toutes les créatures, et tous les hommes, aient part à l’amour divin sans limite. Tel est l’amour divin, manifesté par le Père et montré par celle qui sera la Mère du Fils de Dieu : une tendresse sans l’ombre d’un amour de soi, appelant tous les êtres, sans les contraindre, à jouir d’elle-même. L’amour exulte de s’élargir sans limite pour inclure tous. Tel est le salut des créatures : participer sans confusion à l’être même de Dieu par ses énergies. Ainsi la Mère de Dieu a conçu et mis au monde celui qui descend des cieux pour chercher les hommes et, remontant vers le Père, les entraîner avec lui, s’ils le veulent, dans sa familiarité. Marie et Jésus coopèrent ainsi. Par l’une et par l’autre, les hommes, librement, peuvent connaître le Père et avoir  accès à son ineffable intimité. Mais, pour la Mère comme pour le Fils, l’itinéraire venant du Père et conduisant à lui est la sainte et vivifiante Croix. Nous nous prosternons devant la Croix comme devant l’emblème de l’amour lui-même, l’amour sacrificiel, qui supporte tout, que la mort elle-même ne peut atteindre, qu’aucune humiliation ne peut réduire ; un amour qui est tout oblation, préférence d’autrui à soi-même, et joie pour le bonheur d’autrui. Toute sa vie, la Vierge Marie a suivi son fils et son Dieu sur la route de Jérusalem et de sa Pâque de douleur et de joie – de douleur par compassion pour les hommes ; de joie pour le bonheur qu’ils ont à connaître le Père. Marie s’afflige pour ceux qui se privent du bonheur en rejetant le Sauveur ; et elle se réjouit pour ceux qui exultent au banquet de son amour. Le Seigneur et sa Mère très pure s’affligent et se réjouissent de même pour la souffrance des hommes et pour le bonheur qui leur est proposé. La croix du Fils et la croix de la Mère sont une seule et même sainte et vivifiante Croix que nos lèvres baisent avec amour!

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

L’extraordinaire humilité d’un moine (1/2)

Nous retrouvons notre cher Jean Moscos et son livre « Le pré spirituel » qui raconte son périple dans les terres byzantines à la fin du VI siècle. Il nous rapporte ici un épisode de la vie d’un moine remarquable pour son humilité. Ecoutez bien :

« Quand j’étais jeune, raconte l’ancien qui a connu ce moine, j’ai vécu quelque temps dans la laure d’Abba Gérasimos, où j’avais un ami. Un jour, nous étions assis, en train de discuter de ce qui est utile à l’âme. Je mentionne les fameuses paroles d’Abba Poimèn et voilà qu’il m’interrompt : ‘‘Moi, Père, j’ai l’expérience de ces mots. Je connais l’apaisement qu’ils procurent, et leur efficacité. Voici comment. J’avais un ami qui était diacre. Un véritable ami. Nous étions dans la même laure. Et un jour, je ne sais pas pourquoi, il se met à me soupçonner à propos d’une affaire qui le chagrinait. Voyant sa tristesse, je lui demande ce qu’il a. ‘C’est parce que tu as fait cela’, me dit-il. N’ayant pas conscience d’avoir fait une telle chose, je tente de le rassurer. Mais il persiste : ‘Pardon, mais je ne suis pas convaincu.’ Je regagne ma cellule et j’interroge mon cœur pour voir si j’ai pu commettre une telle chose. Mais j’ai beau m’examiner, je ne trouve pas. L’office commence, je vais à l’église. Et quand je vois mon ami diacre tenir le calice et le présenter, je lui jure, par ce même calice, que j’ai la certitude de n’avoir pas commis ce qu’il croit. Mais même ainsi, il n’est pas convaincu. Je retourne dans ma cellule et regarde de nouveau en moi. J’évoque cette fois, les paroles des saints pères et je modifie un peu ma façon de voir les choses. Je me dis : ‘Un diacre manifeste une réelle affection pour moi. Mu par cette affection, il me confie ce que son cœur éprouve à mon égard, afin que je sois sage et qu’à l’avenir je prenne garde. Mais, toi, âme misérable, quand tu dis : je n’ai pas fait cela, ne vois-tu pas ces milliers de mauvaises actions que tu as commises et dont tu ne te souviens même pas ? Ce que tu as fait hier ou il y a dix jours, t’en souviens-tu vraiment ? Non ! Tu as donc certainement fait ce dont parle ton ami !’ Je rends aussitôt grâce à Dieu et à mon ami diacre de m’avoir éclairé.’’ »

Nous verrons, la fois prochaine, la suite de cette histoire édifiante.

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